Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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Shahada


Allemagne / 2009

26.01.2011
 



CRISE DE FOI





"Allah est meilleur que l’être humain : il juge toutes les formes d’amour bonnes."

Film choral positif et humaniste, Shahada aborde les interrogations liées à l’identité et à la foi à contre-courant des schémas habituels, c’est-à-dire sur un mode volontairement optimiste. Burhan Qurbani, le réalisateur, revendique même un ton bienveillant aux accents plus utopiques que réalistes. Car chez lui, le "choc" des cultures et la recherche d’identité créent certes une confusion et un repli sur soi, mais il s’agit simplement d’une phase passagère. L’ayant dépassée, ses personnages sont capables d’évoluer vers plus d’ouverture aux autres et à leurs propres contradictions.

Le personnage central de l’imam est à ce titre hautement symbolique. Il est à la fois rassurant, car nuancé et ouvert d'esprit (notamment lorsqu’un jeune homme lui confie ses penchants homosexuels), et dépassé lui-même par la tentation extrémiste de sa propre fille. On sent bien qu’il ne détient pas toutes les vérités mais tente de construire jour après jour une réponse qui permette de concilier la foi la plus profonde avec d’autres valeurs et d’autres points de vue. Il montre que, loin de se sentir menacé par la contradiction, ou la remise en cause de ses croyances, chacun doit y voir une source d’enrichissement.

Burhan Qurbani dénonce ainsi le recours systématique à une foi plus dure en guise de rempart contre tout ce qui est différent et met en scène un Islam tolérant, ouvert et compassionnel, qui se dresse avec force contre les dérives les plus dogmatiques. Ce faisant, il délivre un message de fraternité et d'espoir qui va bien au-delà de la seule religion musulmane. Les problèmes d’identité, le conflit entre les générations, la culpabilité et la recherche d’un pardon symbolique sont autant de questions universelles qui n'interrogent pas tant la meilleure manière de vivre sa religion que la difficulté du vivre ensemble, quels que soient le lieu et les croyances ayant cours.

On ne peut qu’adhérer à un message aussi positif et consensuel, véritable ode à la liberté et à la tolérance, pourtant c’est aussi le principal point faible du film, qui reste trop basique, presque simpliste. En effet, malgré des intrigues éminemment dramatiques (avortement, meurtre…), le dénouement de chaque histoire semble un rien facile, inespéré. Si l’on pense par moments à Fatih Akin (pour le portrait d’une communauté musulmane en Allemagne) ou Paul Thomas Anderson (pour les destins croisés et les visions de Maryam), il manque à Burhan Qurbani leur maîtrise et leur sens de la nuance. Au moins lui sait-on gré d’avoir évité toute facilité mélodramatique et lacrymale…
 
Claire et MpM

 
 
 
 

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