Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



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 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Animal Kingdom


/ 2010

27.04.2011
 



GENEALOGY OF VIOLENCE





Animal Kingdom montre l’arrivée d’un adolescent au milieu de criminels en fin de règne au moment ou l’étau des forces de police se resserre. Josh sera à la fois un témoin et un détonateur d’une famille qui implose.
Les premières scènes du film commencent directement par nous expliquer la délicate situation du héros, les bases de l’histoire sont posées dès le début. Un adolescent immobile est complètement amorphe devant une télé : à côté de lui sur le canapé repose immobile aussi le corps de sa mère morte d’une overdose. Il est tout seul, alors il appelle au téléphone sa grand-mère pour aller rejoindre le reste de sa famille dont il ne connaît pas grand-chose. La seule chose que Josh avec ses 17 ans connaît de cette famille éloignée c’est justement que sa mère voulait qu’il en reste éloigné le plus possible. Ses oncles beaucoup plus âgés sont tous braqueurs, dealers, trafiquants, violents. Le décor est planté, on est dans un pavillon confortable près de Melbourne chez les Cody : la mère Cody s’impose comme la matriarche qui veille à l’unité de sa famille. Ils savent que les policiers sont en planque devant chez eux, c’est l’oncle Pope qui est particulièrement recherché. Quand un proche se retrouve mort sur un parking du fait des flics de l’antigang, alors Pope commence a dévoiler sa vraie nature d’impulsif violent. Le jeune Josh qui doit prouver sa valeur aux yeux de la famille est chargé d’aller voler une voiture pour une expédition punitive à l’encontre de la police. L’inspecteur Leckie soupçonne le jeune Josh de pouvoir témoigner contre les Cody, la famille s’interroge à propos de ce que Josh aurait pu dire...

Animal Kingdom, qui se déroule à Melbourne en Australie, a obtenu le nombre record de 18 nominations aux AFI Awards (les Oscars australiens) et a gagné 10 statuettes dont celles du meilleur film et dumeilleur réalisateur. À cela on ajoute un Grand Prix du Jury au Festival de Sundance, et la nomination à l'Oscar du meilleur second rôle féminin pour l’actrice Jacki Weaver : le film mérite-t-il ce buzz? Partout où il passe, il a fait très forte impression. Porté par un ensemble de comédiens brillants, qui à tour de rôle selon le déroulement de l’histoire vont tous montrer un nouveau visage, ce royaume animal montre l'humain à la fois chaleureux et inquiétant. Le réalisateur David Michôd fait preuve d’un sens de la mise en scène réaliste qui se veut en le plus en adéquation avec son récit, surtout par rapport à la violence qui n’est jamais glorifiée : un homme est tué par pistolet et le plan est aussi rapide et percutant que la balle en quelques secondes ; une personne est étouffée et là il s’agit d’une séquence aussi longue et éprouvante que l’agonie. Les images n'ont plus de son, juste l'accompagnement de la musique (assez proche de celle de David Julyan qui accompagnait les premiers polars de Christopher Nolan), comme une courte respiration le temps de digérer ce qui vient de se passer ou d’imaginer la suite.

La plus grande qualité du film est de porter un nouveau regard sur les genres du polar criminel et de la tragédie familiale tout en n’appartenant pas vraiment plus à l’un qu’à l’autre. A l’image de son personnage principal qui flotte entre deux courants – la famille, le crime – tout en essayant de ne pas se laisser emporter, le film navigue entre deux eaux pour trouver sa voie. Animal Kingdom se retrouve à la croisée des chemins – polar, tragédie – pour nous emmener vers un point de non-retour. Descente aux enfers poignante. Cette oeuvre s’impose alors comme le film original du moment dont on se souviendra plus tard.
 
Kristofy

 
 
 
 

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