Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Thor


USA / 2011

27.04.2011
 



COUP DE FOUDRE





"La magie n’est qu’une science qu’on ne comprend pas encore !"

Dans chaque passionné de Comics sommeille un doux rêveur qui aime croire en une magie formidable nous reliant à des royaumes mythiques et en des êtres héroïques et surhumains chargés de veiller sur nous. Peu importe, au fond, que le super héros soit un humain ou un extra-terrestre, un Dieu ou un mutant — chacun a ses préférences. Ce qui compte, c’est qu’il représente tout ce que nous, humains ordinaires, rêvons d’être : un être noble, responsable, surpuissant, sur lequel on puisse compter en toute occasion. Quelqu’un qui sauve le monde chaque fois qu’il en a l’occasion, et n’attend même pas un mot de remerciement en retour. C’est pourquoi il y a ce petit frisson d’excitation et d’anxiété à chaque fois qu’une nouvelle franchise Marvel ou DC Comics fait son apparition sur grand écran. Les attentes sont à la hauteur de cet enthousiasme, et la déception n’en est parfois que plus grande. Dans le cas de Thor, disons-le tout de suite, la première impression est plutôt positive (et pas uniquement parce que Chris Hensworth est une pure bombe atomique).

Kenneth Branagh est en effet loin d’être le premier réalisateur venu, et il semble avoir pris un réel plaisir à mettre en scène cette histoire de famille dysfonctionnelle. Sans aller jusqu’à lui trouver des accents shakespeariens, il s’empare des racines mythologiques de Thor pour lui donner un caractère profondément universel. La relation entre les deux frères est ainsi relativement ambiguë (mêlée d’amour et de haine, de jalousie et d’admiration), et le personnage du père qui trône au-dessus d’eux comme un modèle encombrant apporte une dimension psychanalytique non dénuée d’intérêt, à défaut de briller par son originalité. Le plus gros bémol reste malgré tout le fond du film, le voyage initiatique de Thor, et sa profonde évolution en un homme meilleur, qui s’avère plus simpliste et formaté.

Mais Kenneth Branagh expédie ce passage obligé au profit de multiples séquences époustouflantes et de plans virtuoses dans des décors monumentaux. A ce titre, la 3D donne ampleur et profondeur aux scènes d’action (ce qui devrait être la moindre des choses mais c’est loin d’être toujours le cas) et apporte une certaine prestance aux séquences d’exposition et à l’atmosphère générale du film. Le soin apporté aux décors et aux costumes permet en effet de créer un univers visuel riche et cohérent d’un monde à l’autre. Asgard et Jotunheim, chacun dans leur style diamétralement opposé, sont ainsi de pures réussites esthétiques et allégoriques, les tons froids ou chauds des images étant des projections visuelles du tempérament des personnages.

La terre, à côté de ces deux mondes bluffants, fait un peu pâle figure. Déjà parce qu’elle est filmée de manière forcément plus réaliste, mais aussi parce que l’action qui s’y déroule est en demi-teinte. Thor, seul et privé de ses pouvoirs, doute de lui-même. Il est confronté à un monde dont les codes lui échappent, et dans lequel il n’est rien d’autre qu’un vagabond tributaire de la gentillesse de parfaits étrangers. Déchu, humilié et honteux, il est confronté au principe de réalité : parfois, dans la vie, on n’obtient pas tout ce que l’on veut. Les obstacles qu’il rencontre sont probablement bons pour son ego, mais ils ralentissent quelque peu l’action. Pour se distraire, restent les échanges avec Natalie Portman, qui ne sont pas dénués de charme et d’humour, même si l’actrice surjoue certains passages, faute de trouver le ton juste (en version originale, la manière dont elle prononce le classique « oh, my god » a quelque chose de purement parodique). Tout cela contribue à rendre les scènes terrestres pesantes et banales, à l’exception du véritable parcours du combattant que traverse Thor pour reprendre son marteau aux hommes du SHIELD, séquence survitaminée où la force brute prouve à la magie qu’elle a encore de belles heures devant elle.

Hormis cette légère inégalité entre le traitement des trois univers, Kenneth Branagh n’a pas à rougir de son adaptation, qui répond aux critères d’efficacité et de spectaculaire propre à ce type de films, avec en bonus une exploitation esthétique réussie de la 3D et un second degré gentiment potache. Cerise (sonnante et trébuchante) sur le gâteau (financier), la dernière partie du film donne envie de retrouver Thor dans le très attendu Avengers, où il côtoiera ses collègues Captain America et Iron Man. Même si ça fait un peu cher le teaser, le succès de Thor pourrait assurer (encore plus qu’il ne l’est déjà) l’avenir de cette prochaine franchise…
 
MpM

 
 
 
 

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