Avec Tolkien n'est pas seulement le récit de la jeunesse du célèbre écrivain, incarné par Nicholas Hoult. C'est aussi un assemblage des influences et inspirations qui ont conduit l'auteur à écrire la saga culte du Seigneur des anneaux.



Anna, un jour
Beaux-parents
Bernard Natan, le fantôme de la rue Francœur
Bunuel après l'âge d'or
Child's Play
Contre ton cœur
Dirty God
Le choc du futur
Le Daim
Les Frenchmen
Little
Nevada
Noureev
Porte sans clef
Silence
Tolkien



Tremblements
Drôles de cigognes
Les météorites
Petra
Douleur et Gloire
Tous les Dieux du ciel
Parasite
Etre vivant et le savoir



Triple frontière
Le vent de la liberté
Les oiseaux de passage
The Highwaymen
Alpha - The Right to Kill
After : Chapitre 1
El Reino
Raoul Taburin
Liz et l'oiseau bleu
The Highwaymen
Avengers: Endgame
L'Adieu à la nuit
Gloria Bell
Coeurs ennemis
Jessica Forever
Hellboy
Les Crevettes pailletées
Le jeune Ahmed
Les plus belles années d’une vie
Rocketman
Sibyl
The Dead don't Die
Amazing Grace
Greta
Les Particules
Men in Black International
Zombi Child
X-Men: Dark Phoenix






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 17

 
Une séparation (Jodaeiye Nader az Simin)


/ 2011

08.06.2011
 



DIVORCE(S) À L’IRANIENNE





«- Je ne veux pas être libre grâce à toi.»

Il n’y a pas une seule séparation. Elles sont démultipliées : celle d’un couple, celle de deux classes sociales, celle entre la religion et la laïcité, entre la tradition et la modernité, et il y a enfin celle entre l’adolescence et l’âge adulte, de cette jeune fille déchirée par ses parents, par le mensonge, par la perte de l'innocence. Toutes ces séparations forment une œuvre dramatique dense, une tragédie du quotidien qui pointe vers des peurs universelles, un film d’une puissance rare, explorant à la fois la pression d’une société en pleine souffrance et le poids des douleurs intimes.
Ça se passe en Iran, ça pourrait se passer n’importe où. Un milieu bourgeois, un autre en précarité. Bien sûr, certains détails nous rappellent à la réalité persane, à ce régime liberticide, à ce système patriarcal. « Deux classes sociales. La noblesse et les gens ordinaires, les roturiers »… Rien n’a changé.
Mais Asghar Farhadi nous emmène dans une descente aux enfers où les nuances vont teinter les parois contre lesquels les personnages vont se fracasser. Chacun de leur rebond va relancer nos hypothèses, nous empêchant d’anticiper la finalité. Un présumé coupable idéal, une victime parfaite. On croyait à un drame familial avec sa tendresse, son respect, ses déchirures, on est embarqué dans une enquête aux enjeux dévastateurs, entre cris, fureurs et passions.

Le film n’a rien d’artificiel, n’utilise aucun effet visuel particulier autre qu’une photo particulièrement soignée . Son réalisme épure toute tentation d’en rajouter. Il suffit de voir la longueur des scènes d'interrogatoires pour nous rendre compte à quel point le film nous happe avec quelques dialogues, une mise en situation et des (excellents) acteurs. Tout est centré sur cette direction d’acteur précise, des angles de caméra jamais anodins, un découpage complexe, qui rythme parfaitement un film qui ose le suspens comme la mélancolie. Sans oublier le décor qui accentue ces séparations : un paravent dans un cabinet médical, des portes qui séparent les personnages, des cloisons qui les piègent, … le film s’aère rarement et oblige au confinement, au renferment sur soi. Le scénario, construit avec intelligence, peut glisser une scène a priori sans importance et qui se révèlera, beaucoup plus tard, essentielle. Jeu de piste, Une séparation est une toile qui se tisse pour nous scotcher à notre siège.
Le film s’avère assez pessimiste, une fois les vérités éclatées. La morale est peut-être sauve mais quelle impasse. Une fois la séparation du couple enclenchée, une fois que l’héroïne fait son choix de liberté, la tyrannie des émotions s’installe, les rapports entre les protagonistes se compliquent. Aucune réconciliation n’est vraiment possible.

On trouvera étrangement une résonance à certains faits très médiatisés du moment. Parole contre parole. Couples soudés dans l’adversité. Mais cela ne doit pas nous égarer. L’engrenage nous prend aux tripes. Dans l’attente d’une conclusion (habile), nous vivons pleinement les angoisses et les craintes, les rages et les impuissances des personnages, tous empathiques, à défaut d’être sympathiques.
Chacun se mure dans ses secrets, subissent les barrières d’une prison qu’on leur impose (au choix, la foi ou la Loi). Mais chacun trouve aussi des ressources, des appuis qui les aident à survivre, ou à dépasser leur condition. De rancoeurs en pulsions en embrouilles, il faudra les enfants pour sortir de ce schéma kafkaien où ceux qui n’ont rien à perdre défient ceux qui ont « tout ».
La justice humaine masculine ou l’art du compromis féminin n’y pourront rien. La conscience individuelle est seule à dicter nos comportements. Il ne sert à rien de brider la volonté des autres, pour une raison ou par déraison.
Une séparation réussit au moins à nous réconcilier avec les grands drames cinématographiques.
 
vincy

 
 
 
 

haut