alsancak escort izmir escort buca escort bornova escort adana escort amasya escort aydın escort bilecik escort bolu escort burdur escort çanakkale escort çorum escort diyarbakır escort edirne escort erzurum escort giresun escort ısparta escort karabük escort karaman escort kilis escort kıbrıs escort kırşehir escort manisa escort muğla escort niğde escort ordu escort rize escort tokat escort yozgat escort escort konya konya escort konya escort bayan







1917 est une prouesse visuelle épatante avec ce faux plan séquence permanent qui suit deux jeunes soldats sur le front entre tranchées et snipers. Succès inattendu, le film de Sam Mendès est aussi parmi les favoris aux Oscars depuis son Golden Globe.



10 jours sans maman
Amare Amaro
D'étoile en étoile
Des hommes
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Le cas Richard Jewell
Lettre à Franco
Sortilège
Tout peut changer
Une mère incroyable
Wet Season



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
À couteaux tirés
It must be heaven
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'adieu
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis



Star Wars, épisode IX : L'Ascension de Skywalker
La Vérité
Le lac aux oies sauvages
Les deux papes
Official Secrets
Les siffleurs
Les enfants du temps
Nina Wu
Swallow
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 24

 
La dernière piste (Meek's cutoff)


USA / 2010

22.06.2011
 



LA RUÉE VERS L'IRE





"Vous ne pouvez pas imaginer ce qu’on a fait, les cités qu’on a construites."

La dernière piste s’inscrit dans une veine cinématographique aride et minimaliste qui érige l’absence de récit et d’action au rang de sacerdoce. Le point de départ du film (des pionniers perdus dans le désert, livrés à eux-mêmes) pourrait mener à peu près partout : western, film d’horreur, comédie de mœurs… même actionner en costumes. Mais sous la caméra de Kelly Reichardt, il n’emprunte aucun de ces chemins, devenant une œuvre contemplative, hypnotisante, dans laquelle on peut projeter une réflexion sur l’humanité ou un plaidoyer en faveur de l’émancipation des opprimés (femmes comme indiens), mais qui dans les faits ne véhicule aucun message explicite.

C’est là que l’on mesure l’apport cinématographique de la réalisatrice : la jeune femme soumet l’intrigue à un étrange processus de déconstruction et de neutralisation qui le vide de toute substance tangible. Comme un vaste miroir vide dans lequel chaque spectateur aurait le loisir d’imaginer ce qu’il souhaite, le film devient avant tout une recherche esthétique et naturaliste réduisant le monde et l’existence à une succession de gestes quotidiens, de bribes de conversations entendues (c’est pourquoi on voit rarement à l’écran celui qui est en train de parler, mais plutôt ceux — celles — qui écoutent) et de paysages infinis. La réalisatrice filme ainsi en boucle les vastes plaines, les carrioles avançant au pas et des silhouettes lointaines, de dos, perdues dans une immensité qui les engloutit.

Ce faisant, elle crée un rythme, une sorte de refrain visuel qui développe à sa façon une intrigue parallèle radicale faite de sensations et de fragments de réalité. Ce type de cinéma a ses maîtres et ses adeptes, mais n’est pas Bela Tarr qui veut. Une fois la première partie du film passée, Kelly Reichardt place son spectateur dans une situation impossible. Soit il est mort d’ennui devant une vacuité si soigneusement recherchée, et rien ne pourra le réveiller ; soit il accepte de suivre le film sur cette route extrême, et s’avère paradoxalement déçu lorsqu’un semblant d’histoire (suivi de rebondissements) vient rompre cette errance magnifique.

La dernière piste bascule alors dans quelque chose d’un peu plus convenu. Toujours à sa façon déroutante, il introduit une dimension philosophique non dénuée d’ironie tragique. Le groupe devient un microcosme comme les autres où la fragilité des rapports humains ne résiste pas à l’épreuve et à la dissension. Deux conceptions du monde s’affrontent. Ceux qui ne connaissent que la force et l’action, persuadés de leur légitimité absolue ; et ceux qui essayent de comprendre et d’analyser le monde. Les premiers sont prêts à écraser quiconque se met en travers de leur chemin. Les autres ne tiennent pas à survivre à n’importe quel prix.

Bien sûr, Kelly Reichardt ne réconcilie pas les deux positions, pas plus qu’elle ne privilégie l’une ou l’autre. Campant sur son parti pris de départ, elle laisse ironiquement le film en suspend, telle une fable perverse dont la morale est volontairement ambiguë. Elle fait alors subir aux spectateurs le même sort incertain qu’à ses personnages : après les avoir poussés dans leurs derniers retranchements, juste au moment où ils ont livré leur dernier combat, elle les abandonne froidement au milieu de nulle part sans la moindre consolation.
 
MpM

 
 
 
 

haut