Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



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 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Noir océan


Belgique / 2011

22.06.2011
 



PÉRIODE D’ESSAIS





"Moi je deviens comme les autres : con."

Marion Hänsel a l’art de dire beaucoup en ne montrant presque rien. Son film, inspiré de plusieurs nouvelles autobiographiques d’Hubert Mingarelli, peut se résumer en une phrase, un récit initiatique qui mêle assez classiquement petite et grande histoire. Mais si l’on veut bien y regarder de plus près, on s’aperçoit que Noir océan fourmille d’émotions et d’intensité, racontant à grands coups de non-dit les affres de l’adolescence, la puissance de l’amitié, l’impuissance face à l’enfer.

Avec beaucoup de délicatesse et de pudeur, même dans les scènes franchement dérangeantes comme le passage à tabac, la réalisatrice croque la vie à bord d’un navire militaire avec ce que cela sous-entend de discipline, d’absurdité, de brimades et d’humour. Chaque scène isole un petit moment de vie, tantôt cruel, tantôt doux-amer, qui est l’une de milliers de facette de cette chronique de jeunesse désenchantée.

Car si l’on sent une certaine mélancolie dans le regard porté sur les personnages et les situations, on perçoit surtout une immense colère, éclatant brusquement dans des scènes sèches et pétrifiantes. Notamment la dernière séquence, sur la plage, lorsque l’un des personnages, submergé par l’horreur, déborde d’un trop plein de fureur et de rage. Sans se départir de son minimalisme dramatique et de la sobriété de sa mise en scène, la réalisatrice rend tangible (et donc insupportable) la douleur des deux jeunes appelés, dont la révolte devient contagieuse.

Ni manifeste, ni brûlot engagé, Noir océan interpelle pourtant le spectateur sur les conditions dans lesquelles ont été réalisés les essais nucléaires français au cours des années 60. Des milliers de personnes ont en effet été exposées aux radiations, ne bénéficiant souvent d’aucune protection adaptée (dans le film, on leur demande simplement de mettre des lunettes). Aujourd’hui encore, les conséquences sur leur santé, ainsi que sur la faune et la flore locales, restent difficiles à évoluer, et il aura fallu attendre juin 2010 pour qu’une loi en faveur des victimes des essais nucléaires soit promulguée par la France.

Face à une question aussi sensible, ce n’est pas la moindre des qualités du film de Marion Hänsel que de raconter ces événements tragiques de manière dépassionnée, à hauteur d’homme, et sans sentimentalisme.
 
MpM

 
 
 
 

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