Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



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Transformers 3, la face cachée de la lune (Transformers : Dark of the Moon)


USA / 2011

29.06.2011
 



FILM ROBOTIQUE





"Dans des années, on nous demandera où on était quand ils ont envahi la planète. Et on dira qu’on a juste regardé faire."

Michael Bay aurait-il lu les critiques des deux précédents Transformers (au moins celles d’Ecran Noir) ? Pour le troisième volet de la franchise, il a en effet mis un point d’honneur à corriger ce qui lui avait été le plus reproché par le passé : un scénario inexistant et une mise en scène hachée et confuse. Pas que cette Face cachée de la lune brille par son originalité ou sa virtuosité, mais on apprécie l’effort consenti pour ancrer l'intrigue dans l'histoire du XXe siècle (et plus c'est gros, plus c’est drôle, et plus ça passe).

La séquence d'ouverture tranche ainsi visuellement avec les volets précédents : mise en scène plus posée, ampleur visuelle, utilisation spectaculaire de la 3D… Les images d’archives mêlées à une formidable "reconstitution" de la lune apportent un véritable souffle lyrique et esthétique. La théorie du complot fonctionnant encore assez bien, surtout lorsqu’il s’agit de la guerre froide (c’est assez à la mode en ce moment, notamment avec l’explication de la crise de Cuba par les agissements des X-Men…), on est quasiment captivé. Peu importe que la suite ne tienne pas franchement ses promesses, ce premier quart d’heure du film offre à lui-seul plus de cinéma que les deux autres volets réunis.

Autre élément à mettre au crédit du scénario, sa tentative pour neutraliser l'insupportable Sam Witwicky en basculant dans une sorte de film choral qui passe sans cesse d’un protagoniste à un autre. D'autant que les personnages secondaires apportent un second degré salutaire en suivant chacun une partition distincte. Josh Duhamel se la joue patriote et dévoué, John Turturro est dingue, Tyrese Gibson n’en fait qu’à sa tête, John Malkovich s’offre un pur délire mégalomane et Frances McDormand est merveilleuse, comme toujours. Il fallait bien ce personnage de directrice des services secrets hyper compétente et autoritaire pour contrebalancer la vacuité de la nouvelle fiancée du héros, la malheureuse Rosie Huntington-Whiteley qui n’a rien d’autre à faire qu’être sexy, pousser des cris d’orfraie, et mordiller ses lèvres siliconées d’un air inquiet.

Rarement un film n’aura eu un couple de héros aussi peu charismatiques, dépourvus de la moindre épaisseur scénaristique ou même dramatique. Non seulement on se désintéresse de leur sort, mais en plus les séquences où ils apparaissent s’avèrent systématiquement les moins réussies. Par pitié, si un Transformers 4 se profile à l’horizon, pourquoi ne pas les évacuer totalement, au profit des seuls robots ? Même si ceux-ci ne sont guère mieux lotis en terme de psychologie : c’est à peine s’ils sont traités comme des personnages à part entière, et le point de vue n’est jamais le leur. Même dans les pires moments (trahison, deuil), ils semblent n’éprouver qu’aucune émotion. Alors qu’il aurait été facile de broder sur leur nostalgie face à l’exil, ou le poids de leurs responsabilités face aux humains, le scénario les cantonne au rôle de boy-scouts toujours prêt à sauver la terre (au mieux) ou d’animaux de compagnie rigolos (au pire).

Mais il faut bien se rendre à l’évidence, les enjeux de ce Transformers 3 ne résident ni dans la profondeur psychologique, ni dans l’audace scénaristique. Une fois les bases posées, le spectacle reprend ses droits. En en relief, s’il vous plaît !, ce qui apporte un léger plus face au serpent-géant robot et surtout dans les séquences de transformations, sans être franchement indispensable (comme d’habitude). On sait gré à Michael Bay d’avoir gardé une certaine mesure (caméra moins épileptique que d’habitude, découpage moins frénétique, déroulement de l’action plus clair…), mais cela ne l’empêche pas de nous en mettre plein les yeux sans particulièrement s’embarrasser de subtilité. Plus d’un tiers du film est consacré à la guerre qui oppose les humains aux méchants robots. Explosions, immeubles qui s’effondrent ou basculent sur eux-mêmes, malheureux humains désintégrés, corps qui tombent tels des pantins désarticulés… Comme dans un mélange de La guerre des mondes (pour la tentative de noirceur) et de Battle Los Angeles (pour le patriotisme triomphant), la mort est à chaque coin de rue, le danger insurmontable, mais l’espoir bien vivant.

Paradoxalement, cette tension et ce flot d’images démesurées ne suffisent pas toujours à maintenir l’attention, même sans y mettre une excessive mauvaise volonté. La faute à un manque de rythme, de légèreté, et surtout d’inventivité, ou problème plus profond, lié à une franchise ultra-limitée dès le départ ? Parce que ce 3e volet a beau s’avérer le plus recherché de la série (on n’ose pas écrire le meilleur, vu le niveau de départ), il lui manque comme aux autres cet ingrédient indispensable pour convaincre : générer un vrai plaisir de cinéma.
 
MpM

 
 
 
 

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