Tom of Finland n'est pas seulement le portrait d'un artiste culte, c'est aussi le tableau d'une société étouffante où l'art est parfois le seul échappatoire...



Afrika Corse
Baby Driver
Barrage
Dunkerque
Eté 93
La colle
La région sauvage
Le Destin de Madame Yuki
Sales gosses
Tom of Finland
Un vent de liberté



Les fantômes d'Ismaël
Le grand méchant renard et autres contes...
The Last Girl: Celle qui a tous les dons
Le Caire Confidentiel
Love Hunters



Le jour d'après
Le Vénérable W.
The Wall
Wonder Woman
Ce qui nous lie
La Momie
Retour à Montauk
Ana, mon amour
AvA
Everything, Everything
K.O.
Cherchez la femme
Okja
Visages, Villages
Entre deux rives
I am not Madame Bovary
Le dernier Vice-roi des Indes
Les hommes du feu
Loue-moi !
Moi, moche et méchant 3
Avant la fin de l'été
Song to song
Spider-Man: Homecoming
The Circle
Une femme fantastique






 (c) Ecran Noir 96 - 17


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 226

 
La Planète des Singes : les origines (Rise of the Planet of the Apes)


USA / 2011

10.08.2011
 



LE SINGE EST UN HOMME COMME LES AUTRES





La Planète des singes : les origines n’est ni un remake, ni un "reboot", ni une nouvelle adaptation du roman de Pierre Boulle et encore moins le prequel annoncé du film de Franklin J. Schaffner sortit en 1968 avec Charlton Heston pour tête d’affiche. Il s’agit, ni plus ni moins, que d’un blockbuster d’anticipation avec des singes. Ce qui ne le discrédite pas forcément, les points de comparaison s’avérant pour le coup caducs. En fait, le film de Rupert Wyatt s’énonce a contrario de son illustre aîné via un scénario ultra balisé, mixte maladroit car totalement inoffensif de La Mouche (David Cronenberg) de Splice (Vincenzo Natali) ou du Hollow Man de Paul Verhoeven.

Si le spectacle tient malgré tout la route, c’est en partie grâce à des effets spéciaux très réussis ainsi qu’à quelques idées de mise en scène. Mais c’est à peu près tout. Normal, le film cible le grand public. Il demeure donc neutre, sans danger ni aspérités. Son point de départ, plus que classique (un jeune chercheur talentueux – James Franco un peu effacé – recueille l’unique singe rescapé d’expériences abandonnées visant à éradiquer la maladie d’Alzheimer), ne laisse aucune place pour construire une réflexion solide sur les dérives d’apprentis sorciers au nom de la science et au service du progrès. Le processus déclencheur accouche alors d’une souris. Malgré les différentes pistes esquissées. Celles-ci, assez nombreuses, sont noyées dans l’art-spectacle, faisant de la révolte d’un singe (César) une ode basique au droit à l’émancipation. On s’attendait à mieux. Ou en tout cas à quelque chose de plus consistant.

Autre remarque. L’intelligence développée par César ressemble à un décalque anthropomorphique, le réalisateur n’arrivant pas construire une intelligence unique en tout point spécifique qui serait issue de l’association d’une substance, d’une entité organique (le singe) et d’un environnement. L’aspect recherche est sacrifié dès les premiers plans au profit d’une relation entre le singe et son géniteur. Cette partie, au demeurant aussi courte que convenue, laisse la place à une troisième, cœur de l’intrigue : l’évasion. Soit la moins intéressante sinon la plus spectaculaire. En effet, le cinéaste nous invite à nous demander comment César va-t-il prendre les commandes de son destin. Comment va-t-il rompre avec son père de substitution et comment va-t-il réussir à gagner la forêt de séquoias surplombant la ville de San Francisco ? Voilà, peu ou prou, les enjeux de cette Planète des singes réduite à quelques centaines de simiens au cerveau surdéveloppé.

Dans ce cadre les humains font pâle figure à l’exception, peut-être, du père du scientifique (John Lithgow) atteint lui-même par la maladie d’Alzheimer. Ils subissent les rebondissements d’un scénario peu amène envers notre espèce, justifiant facilement la révolte d’un César épris de liberté. Reste alors les effets spéciaux. Orchestrés par Weta Digital ils sont bluffant de réalisme. Le spectacle est ainsi assuré. Soit l’essentiel pour cette série B sans prétention plutôt agréable à regarder mais passant sans doute à côté d’un sujet passionnant à plus d’un titre. Pour l’heure, le chef-d’œuvre de Schaffner attend toujours la relève…
 
geoffroy

 
 
 
 

haut