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L'Adieu de Lulu Wang est à la fois un portrait de famille et un portrait de la Chine contemporaine qui refuse de reconnaître ses faiblesses. Un voyage initiatique sensible et touchant, porté par une mise en scène qui oscille entre le burlesque et le documentaire.



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 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



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Un heureux événement


France / 2011

28.09.2011
 



LE PREMIER JOUR DU RESTE DE NOTRE VIE





«- In the Mood for love, Prête à tout, … il faut qu’elle prenne Attache-moi et Baise-moi pour que tu percutes ?! »

Rémi Bezançon aime les familles où tout se détraque. Là il s’agit juste d’un couple, qui voit son amour se désagréger avec l’arrivée de leur premier bébé. Cela ne fait pas beaucoup de différences. Si ce n’est qu’une famille même explosée façon puzzle se ressoude dans les moments difficiles, alors qu’un jeune couple…

Une heureux événement débute comme une comédie et glisse lentement vers le mélodrame, presque plombant. Cela rend l’œuvre assez amère. On peut se laisser emporter par cette évolution vers le dramatique comme on peut la rejeter.
En démarrant avec une narration remplie d’apartés, un découpage du temps qui déstructure la chronologie des événements, une voix off s’amusant d’un passé heureux, une mise en scène ludique (cf Yann Samuell, Jean-Pierre Jeunet) et une drague insolite (à travers des titres de films chez un loueur de vidéos), Bezançon nous installe dans une atmosphère pas déplaisante et un rythme virevoltant.
9 mois de bonheur total (nausées et nymphomanie comprises, références à Alien et Star Trek inclues) pour deux adulescents irresponsables (écrasés par des mères monstrueuses mais lucides). Durant toute la grossesse le ton léger et décalé domine, emportant notre adhésion.

Puis quelques compromis arrivent, le film se recentre sur la mère (Louise Bourgoin, bien choisie), délaissant voire méprisant un peu le père (Pio Marmaï, bien casté lui aussi). Lui qui sacrifie ses rêves (certes un peu illusoires, quoique) pour financer la réalité (appartement, bébé, …) n’est jamais remercié pour son sacrifice.
En se focalisant sur la mère (dès la séquence de l’accouchement, à la fois réjouissante et horrible, entre insultes et douleurs), le film change de cap, se déséquilibre et devient l’éloge d’une souffrance, trop complaisant avec les erreurs de la jeune femme, qui devient fortement perturbée. On perd le sourire comme elle. Le film perd son insouciance, comme le couple.

En cela, Bezançon réussit parfaitement à traduire les bouleversements du couple et sa fuite en avant vers le pire. Mais il prend un risque : celui de nous ennuyer.
Cet événement n’a rien d’heureux au final. Le fruit de l’amour semble empoisonner. Hélas la critique a une faible portée, le cynisme n’est pas de mise. Il y a beau avoir quelques étincelles dans la deuxième partie (la comparaison entre ce que pouvait faire une femme enceinte il y a 40 ans et aujourd’hui, le personnage de Balasko, sublime, quelques cocasseries comme la secte des femmes qui allaitent), le film ralentit, s’enfonce dans une voie qui semble sans issue.. Sans prendre le mur, il ne passe pas loin. La faute à l’absence de rôles secondaires autres qu’anecdotiques et binaires (excepté Balasko) .
On retrouve ce problème de point de vue (trop empathique avec le personnage féminin principal, trop axé sur la fusion entre la mère et la fille) dans les romans d’Eliette Abecassis dont est adapté le film. Bezançon aurait pu mieux balancer entre le père et la mère. D’autant que le père se révèle très responsable au moment de la rupture.
Par ailleurs, jamais Un heureux événement ne cherche à résoudre l’enjeu de son scénario : comment rester amoureux quand le temps passe et qu’un troisième élément survient dans la vie du couple. Non, le film préfère accompagner la mère dans sa dépression, aux frontières de la folie, même si on ne fait que l'effleurer par manque de volonté dramatique. Car là encore, cela aurait pu être accentué, plus déjanté, moins tragique. Cette dramatisation n’a rien d’illogique, mais elle nous glace : il lui manque de l'excès. On passe de l’été à l’hiver, de l’humour au blues, de la philosophie à l’émotion. Mais trop en demi-teinte, cette histoire nous laisse un peu en retrait et manque de nous bouleverser.
 
vincy

 
 
 
 

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