Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



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Toutes nos envies


France / 2011

09.11.2011
 



ILS VONT MAL MAIS ON NE S'EN FAIT PAS





"Le crédit, c'est la consommation. La consommation, c'est le système. Alors on ne touche pas."

Au départ, le découpage est serré. Une scène familiale anodine, puis une rencontre fortuite à la sortie d'une école, une séance au tribunal, un rendez-vous médical. En quatre séquences, Philippe Lioret a posé presque tous les enjeux de son film, des enjeux à la fois humains (une mère touchée par la maladie) et sociaux (une autre mère en situation d'extrême pauvreté, harcelée par des créanciers et menacée d'expulsion). Comme souvent, le réalisateur part d'histoires toutes simples, ancrées dans notre réalité quotidienne, pour aller vers des thèmes universels et exemplaires. En s'appuyant avant tout sur des destins particuliers, il trace à grands traits un état des lieux de notre société. Cette fois, après la question douloureuse des migrants en situation irrégulière (Welcome), il prend donc à bras-le-corps le problème du crédit revolving et de la spirale du surendettement. Avec, en arrière fond, une réflexion sur le rôle de la justice et sur le mirage de la consommation forcenée. Sans jamais paraître didactique ou simpliste, le réalisateur parvient ainsi à faire passer quelques messages essentiels sur la manière dont fonctionnent ces crédits accessibles à tous à des taux souvent exorbitants et sur le système qui les pérennise.

On imagine sans peine les difficultés qui ont présidé à l'adaptation du foisonnant roman d'Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne, dont est tiré Toutes nos envies. D'ailleurs, Philippe Lioret revendique les libertés qu'il a prises avec l'original. Mieux, il assume la "trahison" effectuée avec la bénédiction de l'auteur.

Pourtant, le scénario semble garder les stigmates de cette réinterprétation, surtout dans sa seconde partie. Comme s'il ne parvenait pas à déterminer son sujet central, oscillant entre le drame du surendettement et la tragédie de la maladie. Tant que l'on est dans l'action, le grand écart entre les deux fonctionne. On ne se formalise pas trop du traitement expéditif apporté aux personnages, notamment à Céline, archétype de mère isolée forcément fragile, et à Christophe, mari un peu benêt. Mais dès que l'intrigue ralentit, c'est tout le film qui s'essouffle. Ce fameux sentiment d'urgence qui rendait la première partie énergique et prenante se dilue.

Même sans pathos et avec une caméra qui sait se faire discrète, la progression de la maladie de Claire devient alors assez convenue. On voit venir de loin le dénouement, confirmé par quelques passages appuyés comme la transmission du parfum porté par la jeune femme, à la fois symbolique et naïf. L'idée était jolie (quoiqu'assez dirigiste) mais, dans le drame, on avait connu Philippe Lioret plus léger, et surtout plus elliptique.

Immanquablement, Toutes nos envies souffre de la comparaison avec Welcome qui, dans le même genre, atteignait des sommets d'équilibre entre humanisme et réalité, entre histoire intime et destinée universelle. Toutefois, chaque film ne vaut que par lui-même, et celui-ci n'en demeure pas moins un instantané fidèle mais troublant de l'époque dans laquelle nous vivons. A la fois dénonciation d'un état de faits scandaleux, témoignage de destins individuels plus soucieux du bien être d'autrui que du leur et message d'espoir humaniste, il confirme le talent de Philippe Lioret pour un cinéma intelligent et engagé.
 
MpM

 
 
 
 

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