Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



Betty Marcusfeld
Cervin, la montagne du monde
Chambre 212
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
Joker
La fameuse invasion des ours en Sicile
La grande cavale
Nos défaites
On va tout péter
Papicha
Pour Sama
Quelle folie
Soeurs d'armes
Tout est possible



Parasite
Le Roi Lion
Une Fille facile
Viendra le feu
Deux moi
Un jour de pluie à New York
Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie



L'œuvre sans auteur
Comme des bêtes 2
Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Once Upon a Time... in Hollywood
Perdrix
Playmobil, le film
Une grande fille
Roubaix, une lumière
Thalasso
Les Baronnes
Late Night
Hauts perchés
Frankie
La vie scolaire
Fête de famille
Les hirondelles de Kaboul
Liberté
Jeanne
Music of My Life
The Bra
Tu mérites un amour
De sable et de feu
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Trois jours et une vie
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man






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Hasta la vista


Belgique / 2011

07.03.2012
 



INTOUCHABLES





"Etre en fauteuil roulant ne vous donne pas tous les droits."

En sortant seulement quelques mois après Intouchables, qui est encore dans tous les esprits, Hasta la vista souffrira forcément de la comparaison avec le grand carton du box-office 2011. Et le fait est que, dans les deux cas, il est question d’amitié et de handicap, de préjugés et de solidarité, sur une tonalité qui se veut légère, voire décomplexée. Il serait pourtant dommage de ne juger le film de Geoffrey Enthoven qu’à l’aune de son prédécesseur. Probablement les deux œuvres répondent-elles à une nécessité commune de parler de la société dans sa diversité, et de lutter à sa manière contre toute forme d’exclusion. Pour le reste, chacune s’inspire d’une histoire vraie (celle de Philippe Pozzo di Borgo pour Intouchables et celle d’Asta Philpot pour Hasta la vista), ce qui lui confère forcément une identité et un ton propres.

Geoffrey Enthoven a ainsi choisi de traiter cette quête de la première expérience sexuelle à la manière d’un film pour teenagers classique : avec humour, voire dérision, et sans hésiter à appeler un chat un chat. Ses trois personnages ressemblent à ce titre à n’importe quels adolescents qui jouent un tour pendable à leurs parents et s’engagent dans un voyage initiatique mêlant forcément fous rires et petits tracas. Dans la première partie du film, le handicap des trois amis apporte une certaine profondeur, et un enjeu supplémentaire, à l’intrigue, sans pour autant en être l’élément central.

Le scénario se joue ainsi des clichés, et imagine des personnages que leur état de santé ne rend ni meilleurs, ni pires, et qui s’avèrent tout simplement humains, avec ce que cela implique d’imperfection. La manière dont ils traitent leur accompagnatrice Claude est à ce titre symbolique : parce que c’est une femme, qu’elle est d’origine wallonne, et qu’elle ne correspond pas aux critères de beauté physique en vigueur, ils se croient autorisés à l’insulter, la rejeter et même la maltraiter. Comme quoi l’exclusion, les préjugés et la peur de l’autre, ne fonctionnent pas que dans un sens…

La démonstration, bien sûr, manque de subtilité et pêche par un excès de didactisme (à l’image du reste du film), mais au moins tente-t-elle de prendre le contrepied de ce qui était attendu. Cette vision parfois trash des trois héros handicapés est un véritable parti pris de scénario, qui refuse de tomber dans le panneau du handicapé si sympathique (si digne, si humble…) malgré ses malheurs. Dommage que la deuxième partie du film ne parvienne pas à tenir ce cap, et sombre peu à peu dans un trop plein de bons sentiments. Le problème se situe au niveau de l’écriture du récit qui se met à alterner scènes de comédie et séquences franchement mélodramatiques avec une régularité de métronome, gâchant toute la fantaisie et l’inventivité des situations. Comme si le réalisateur avait fini par se laisser rattraper par les aspects les plus plombants de son sujet.

Reste qu’Hasta la vista aborde la question de la différence avec une énorme liberté, ouvrant avec intelligence une réflexion enrichissante sur le droit des personnes touchées par un handicap à vivre pleinement, ne se refusant ni la force d’une amitié exceptionnelle, ni l’apprentissage de l’amour ou de la sexualité, ni surtout le bonheur d’aventures minuscules mais exceptionnelles qui seules donnent le sentiment d’être vivant.
 
MpM

 
 
 
 

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