Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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John Carter


USA / 2012

7.03.2012
 



MARS PATRAQUE





Andrew Stanton, le réalisateur du Monde de Nemo et de Wall-E, suit les traces de son ancien camarade de chez Pixar, Brad Bird, et franchit, lui aussi, le Rubicon du cinéma « live » en adaptant le premier volume du cycle de Mars d’Edgar Rice Burroughs, « Une princesse de Mars », sobrement intitulé John Carter. Cette superproduction Disney de plus de 200 millions de dollars n’a qu’un seul objectif. Donner corps, un siècle après sa création (le livre fut publié en épisodes dans le all-story magazine dès février 1912), au monde foisonnant imaginé par le romancier américain – créateur, ne l’oublions pas, de Tarzan – ou un ex-capitaine de l’armée confédérée se retrouve téléporté sur la planète Mars, rebaptisé pour l’occasion Barsoom.

En l’état, on se demande pourquoi il aura fallu attendre 100 ans pour voir apparaître sur grand écran les aventures de John Carter, premier héros intergalactique de la littérature anglo-saxonne. La complexité graphique nécessaire pour rendre crédible un monde peuplé de créatures féroces ou d’humanoïdes dotés de quatre bras et de défenses proéminentes, n’y est sans doute pas étranger. Son influence, majeure, sur tout un pan du cinéma fantastique, également. Paradoxalement, le succès phénoménal de la saga Star Wars (space opera dans la lignée de l’œuvre de Burroughs) rendit presque caduc l’essai d’une adaptation d’un récit jugé à la fois trop daté et trop hasardeux.

Mais alors, 2012 serait-elle l’année John Carter à l’instar d’Avatar en 2009 ? Qualitativement, la réponse est non. Néanmoins, le film d’Andrew Stanton ne démérite pas. Surtout d’un point de vue visuel. Sans atteindre, là encore, l’immersion proposée par James Cameron, la 3D est plaisante, apporte une réelle plus-value dans l’interaction décor naturel/insertion d’images de synthèse. Pour le coup, le film mérite le déplacement en salles et en salles équipées de 3D. Et nous voilà projetés vers un ailleurs à conquérir, sur une planète où deux civilisations s’affrontent depuis des millénaires. Si nous apprenons que Mars n’est pas un monde sans vie, elle reste, dans la représentation qui en est faite, assez désertique. Et c’est dans ce désert plutôt inhospitalier que le destin de John Carter va se nouer.

La trame, reconnaissons-le, est assez basique. Linéaire, sans fioritures, elle avance pour faire éclore le champion qui sauvera Barsoom de la destruction. Malgré des baisses de régime évident, la narration tient la route, surprend par sa densité et son exclusive de premier degré. Fidèle aux films d’aventure développant l’archétype du héros providentiel qui, par son courage, sa ruse et sa force physique, soulèvera un vent de révolte pour endiguer les forces du mal. John Carter joue à l’équilibriste pour accoucher d’un film « Janus », coincé entre le bon vieux film Hollywoodien manichéen à souhait et l’essai de SF pur motivé par l’entremise de prouesses techniques vraiment saisissantes.

Andrew Stanton livre un spectacle de qualité soucieux de divertir. Sa réussite est d'avoir mixé sans faille le péplum, le western et le film d’aventure à travers ce récit épique presque naïf. Son défaut ; ne pas avoir adapté l’épopée de Burroughs aux exigences narratives d'un monde ayant profondément changé. Le résultat, qui n’est pas désagréable, manque d’ambition, de punch, d’implication.

John Carter aurait pu virer très vite à la faute de goût. Le mélange est habile, pas innovant mais pas navrant. Si le film rencontre le succès et arrive, par la suite, à développer un peu plus d’ambiguïté, il pourrait bien devenir la saga à suivre des prochaines années.
 
geoffroy

 
 
 
 

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