Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Margin Call


USA / 2011

02.05.2012
 



CARNAGE





"Ils sont tous foutus".

Tout commence par un licenciement, puis cela continue par une clé USB confié à un jeune employé, Peter Sullivan, qui va découvrir une faille dans le système. Le rouage est en marche. A l'instar du chien de Kevin Spacey, atteint d'une tumeur, maintenu en vie pour 1000$ par jour mais qui sera quand même enterré...

Bienvenue dans le monde impitoyable de la bourse où rien qu'une simple formule mathématique découverte par un ingénieur en propulsion va bouleverser la vie d'une équipe de traders à New York, puis une banque entière, et enfin la finance mondiale. Mais tout ce chaos va être déclenché dans un quasi huis-clos durant une nuit, blanche. Et pour survivre, ils va falloir mentir, tricher et ruiner partenaires et amis. Les dilemmes moraux des acteurs de cette catastrophe sont heureusement subtilement nuancés par l'absence de jugement sur leurs actes : ils font leur boulot, il n'y a rien de personnel, ce n'est qu'un système. C'est déjà arriver. Régulièrement. Et ça arrivera encore. Comme des tremblements de terre, et leurs répliques. Le film utilise d'ailleurs la même mécanique qu'un film catastrophe, avec son compte à rebours, ses morts, ses survivants. La fin du monde n'aurait pas été vue autrement.

Puisque dans le monde de l'argent, l'âme est noyé par l'envie de pouvoir, J.C Chander nous montre parfaitement la facette mesquine du monde de Wall Street où tout les coups sont permis pour s'en sortir, quitte à y laisser son humanité. Retraçant les évènements récemment vécu par la chute de Lehman Brothers, et la crise financière mondiale qui s'en suivit, Margin Call ne va pas vous décevoir, même les moins mathématiques d'entre vous seront aux anges. Bien sûr le jargon est parfois complexe. Il est composé de cet argot financier opaque et d'éléments de langages d'une élite de demi-dieux. Mais la brutalité des faits l'emporte. Le cynisme imprègne chacun des rapports : entre l'humain et le monde, l'entreprise et les autres. Tous des "usual suspects" au coeur d'une machine infernale où seule leur conscience les sauve du naufrage psychologique. Avec au passage des méga bonus, primes, indemnités absurdes à sept chiffres. Ça peut aider à voir l'avenir moins noir... La justice et l'équité n'y ont pas de place.

Récompensé par le festival du film policier de Beaune, Margin Call est un thriller financier thétral, poignant et captivant dans la lignée de Wall Street (et plus réussi que la suite de Wall Street) d'Oliver Stone. L'argent ne dort jamais car il est devenu virtuel. Mais les conséquences sont bien réelles. Porté par des comédiens à leur plus haut niveau, ces hommes en colère (et parfois en résignation), aussi irresponsables que déresponsabilisés, esclavagistes que soumis, font de ce film une oeuvre pas seulement humaine, mais intimiste. L'argent n'est qu'un McGuffin, "des bouts de papiers imprimés pour qu'on ne s'entretue pas et qu'on est de quoi manger." On a beau être dans une tour (d'ivoire), on reste à hauteur d'homme. Et ils font avec ce qu'ils peuvent. C'est ce constat qui rend Margin Call si perturbant.
 
cynthia, vincy

 
 
 
 

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