Eddie the Eagle croise le feel-good-movie avec un genre en soi: l'exploit sportif d'un homme, loufoque, qui n'avait rien pour devenir champion. Résultat: l'enthousiasme est contagieux...



Baden Baden
Braqueurs
Café Society
Criminal
De douces paroles
Dieu, ma mère et moi
Dough ***
Eddie The Eagle
Elle
John From
Joyeuse fête des mères
Julieta
Krampus
L'Homme fumée
L'origine de la violence
La philo vagabonde
La résurrection du Christ
Le Voyage de Fanny
Les amants de Caracas
Ma Loute
Men and Chicken
Money Monster
Montanha
Mr. Holmes
Red Amnesia
The Nice guys
The Whole Gritty City
Tini, la nouvelle vie de Violetta
Ultimo Tango
Un Homme à la hauteur
Vendeur
Warcraft: le commencement
X-men: Apocalypse



Demain
Deadpool
99 Homes
Keeper
Chala, une enfance cubaine
Un monstre à mille têtes
Quand on a 17 ans
Demolition
Visite ou mémoires et confessions
Free to run
Marie et les naufragés
La Saison des femmes
Mékong Stories



Zootopie
The Revenant
Divergente 3: au-delà du mur
The Assassin
Midnight special
Rosalie Blum
Médecin de campagne
Batman v Superman: L'aube de la justice
Five
Good Luck Algeria
Kung Fu Panda 3
Le Sanctuaire
Mise à l'épreuve 2
Sunset Song
A Bigger Splash
Eva ne dort pas
L'Avenir
Sauvages
Truth: le prix de la vérité
Fritz Bauer, un héros allemand
Grimsby - Agent trop spécial
Hardcore Henry
Le Livre de la Jungle
Tout pour être heureux
Everybody Wants Some
Les Malheurs de Sophie
Green Room
Captain America : Civil War
Les habitants
Maggie a un plan
Mobile étoile
Nos souvenirs
Théo et Hugo dans le même bateau






 (c) Ecran Noir 96 - 16


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 344

 
Saya Zamouraï (Saya-zamurai - Scabbard Samurai )


Japon / 2011

09.05.2012
 



MORT DE RIRE





Le proverbe qui raconte que le ridicule ne tue pas a trouvé son maître, tant le réalisateur Hitoshi Matsumoto érige l’absurdité du non-sens en arme de distraction massive. Son film Saya Zamouraï approche les sommets du burlesque avec le rire comme échappatoire à la mort.

La figure du samouraï japonais inspire quantité de films avec ses codes de conduite. Il n’y a presque rien de tout ça ici hormis le rite du ‘seppuku’, la punition qui consiste à se suicider soi-même en s’enfonçant une lame dans le ventre. Saya Zamouraï n'est donc pas vraiment un film de samouraïs puisque le personnage principal, devenu un samouraï sans sabre, n’en est plus un.

Après la mort de sa femme, il erre comme une âme en peine avec sa petite fille avant d’être capturé. Il est condamné à une sentence particulière, les travaux des trente jours : il doit exécuter quotidiennement un numéro pour essayer de faire sourire le fils d’un dignitaire resté prostré et mutique depuis la mort de sa mère. Si, après ces trente tentatives, l’enfant n’a pas retrouvé un sourire, alors le samouraï déchu est condamné à mort.
Après un prologue original mais maladroit, le film commence à prendre forme avec ces travaux des trente jours, les trente sketchs qui seront élaborés sont tous plus loufoques les uns que les autres. C’est une suite de gags qui tiennent beaucoup du mime muet, du plus débile au plus spectaculaire comme par exemple un combat de sumo en solitaire ou l’homme-canon. Chaque gag est fait avec la menace de la condamnation à mort, chaque gag est une réponse à l’échec du précédent, et chaque gag est promis à l’échec…

Mais chaque gag, aussi risible soit-il, fait véritablement rire grâce à la personnalité de son acteur. Takkaki Nomi a un visage désabusé et un corps fatigué, il se dégage de son allure quelque chose entre l'apathie du chien Droopy et la tristesse de Buster Keaton. Il est aidé à la fois par deux gardes de sa cellule de prison qui l’ont pris en sympathie (ils sont tous deux comiques malgré eux), et aussi par sa petite fille qui a honte de lui. Ensemble ils proposent des idées farfelues, et les répétitions sont lamentables. Chaque sketch est un écho au précédent, et bien évidement on sait que cela va échouer, que le petit prince ne sourira pas. Avec l’ultimatum de la mort qui se rapproche chaque nouveau gag devient de plus en plus drôle dans son ratage…

Hitoshi Matsumoto est un artiste avec plusieurs casquettes (il écrit, il a chanté…) connu au japon surtout comme un animateur comique pour la télévision, mais qui se tourne de plus en plus vers le cinéma (un peu comme son compatriote Takeshi Kitano). Dans ses deux premiers films, où il était à la fois réalisateur et acteur, son sens de l’humour caustique se déployait dans tous les sens. Dai Nipponjin est une parodie de documentaire sur un super-héros minable (inédit mais sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2007), et Symbol le montre enfermé tout seul dans une pièce blanche où différents leviers font tomber toute sorte d’objets improbables (inédit mais passé par le Festival asiatique de Deauville en 2009). Deux films à l’originalité peut-être un peu trop audacieuse...

Ce troisième film Saya Zamouraï est plus basique en apparence car il repose sur un défi simple : réussir à faire rire l'enfant ou mourir. Une simplicité qui porte comme ambition de faire se mesurer le comique au tragique, puisqu'au fond, il s’agit rien de moins que de supporter un deuil. Est-ce possible de retrouver le sourire après la mort d’une épouse ou d’une mère ? Chaque tentative désespérée de rire avec la mort navigue entre espoir et désespoir. Saya Zamouraï, c’est le clown le plus triste et le plus drôle du monde.
 
Kristofy

 
 
 
 

haut