Ça tombe à pic! La couleur de la victoire retrace l'itinéraire fantastique d'un petit fils d'esclave, noir, devenu champion olympique, devant Hitler. Jesse Owens est aujourd'hui une icône et il était temps d'avoir un film résumant sa vie.



A tous les vents du ciel
Black Stone
Carmina!
Comme des bêtes
Déesses indiennes en colère
Genius
Guibord s'en va-t-en guerre
Insaisissables 2
La Couleur de la victoire
Rio 2096
The Wave



Demain
A War
Diamant noir
Le monde de Dory
L'effet aquatique
Juillet août
The Strangers



Théo et Hugo dans le même bateau
Elle
Julieta
Ma Loute
Money Monster
Alice de l'autre du côté du miroir
Apprentice
Retour chez ma mère
The Neon Demon
Folles de joie
Dans les forêts de Sibérie
L'idéal
La forêt de quinconces
Avant toi
Le Secret des banquises
Love & Friendship
Casablancas, l'homme qui aimait les femmes
La Tortue rouge
Ninja Turtles 2
Florence Foster Jenkins
Hibou
L'âge de glace: Les lois de l'univers
Nos pires voisins 2
Sur quel pied danser
Tarzan
Viva
Truman
Elvis & Nixon
Colonia
Independence Day : Resurgence
Le BGG - Le Bon Gros Géant
Man on high heels






 (c) Ecran Noir 96 - 16


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 347

 
Saya Zamouraï (Saya-zamurai - Scabbard Samurai )


Japon / 2011

09.05.2012
 



MORT DE RIRE





Le proverbe qui raconte que le ridicule ne tue pas a trouvé son maître, tant le réalisateur Hitoshi Matsumoto érige l’absurdité du non-sens en arme de distraction massive. Son film Saya Zamouraï approche les sommets du burlesque avec le rire comme échappatoire à la mort.

La figure du samouraï japonais inspire quantité de films avec ses codes de conduite. Il n’y a presque rien de tout ça ici hormis le rite du ‘seppuku’, la punition qui consiste à se suicider soi-même en s’enfonçant une lame dans le ventre. Saya Zamouraï n'est donc pas vraiment un film de samouraïs puisque le personnage principal, devenu un samouraï sans sabre, n’en est plus un.

Après la mort de sa femme, il erre comme une âme en peine avec sa petite fille avant d’être capturé. Il est condamné à une sentence particulière, les travaux des trente jours : il doit exécuter quotidiennement un numéro pour essayer de faire sourire le fils d’un dignitaire resté prostré et mutique depuis la mort de sa mère. Si, après ces trente tentatives, l’enfant n’a pas retrouvé un sourire, alors le samouraï déchu est condamné à mort.
Après un prologue original mais maladroit, le film commence à prendre forme avec ces travaux des trente jours, les trente sketchs qui seront élaborés sont tous plus loufoques les uns que les autres. C’est une suite de gags qui tiennent beaucoup du mime muet, du plus débile au plus spectaculaire comme par exemple un combat de sumo en solitaire ou l’homme-canon. Chaque gag est fait avec la menace de la condamnation à mort, chaque gag est une réponse à l’échec du précédent, et chaque gag est promis à l’échec…

Mais chaque gag, aussi risible soit-il, fait véritablement rire grâce à la personnalité de son acteur. Takkaki Nomi a un visage désabusé et un corps fatigué, il se dégage de son allure quelque chose entre l'apathie du chien Droopy et la tristesse de Buster Keaton. Il est aidé à la fois par deux gardes de sa cellule de prison qui l’ont pris en sympathie (ils sont tous deux comiques malgré eux), et aussi par sa petite fille qui a honte de lui. Ensemble ils proposent des idées farfelues, et les répétitions sont lamentables. Chaque sketch est un écho au précédent, et bien évidement on sait que cela va échouer, que le petit prince ne sourira pas. Avec l’ultimatum de la mort qui se rapproche chaque nouveau gag devient de plus en plus drôle dans son ratage…

Hitoshi Matsumoto est un artiste avec plusieurs casquettes (il écrit, il a chanté…) connu au japon surtout comme un animateur comique pour la télévision, mais qui se tourne de plus en plus vers le cinéma (un peu comme son compatriote Takeshi Kitano). Dans ses deux premiers films, où il était à la fois réalisateur et acteur, son sens de l’humour caustique se déployait dans tous les sens. Dai Nipponjin est une parodie de documentaire sur un super-héros minable (inédit mais sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en 2007), et Symbol le montre enfermé tout seul dans une pièce blanche où différents leviers font tomber toute sorte d’objets improbables (inédit mais passé par le Festival asiatique de Deauville en 2009). Deux films à l’originalité peut-être un peu trop audacieuse...

Ce troisième film Saya Zamouraï est plus basique en apparence car il repose sur un défi simple : réussir à faire rire l'enfant ou mourir. Une simplicité qui porte comme ambition de faire se mesurer le comique au tragique, puisqu'au fond, il s’agit rien de moins que de supporter un deuil. Est-ce possible de retrouver le sourire après la mort d’une épouse ou d’une mère ? Chaque tentative désespérée de rire avec la mort navigue entre espoir et désespoir. Saya Zamouraï, c’est le clown le plus triste et le plus drôle du monde.
 
Kristofy

 
 
 
 

haut