Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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The Amazing Spider-Man


USA / 2012

04.07.2012
 



MONSTER ACADEMY





«- Je veux créer un monde exempt de faiblesses. »

11 ans après le premier volet de Spider-Man, pour des raisons contractuelles d’exploitation de droits, Sony remet les compteurs à zéro pour sa franchise lucrative. Après trois épisodes de Sam Raimi avec le trio Maguire-Dunst-Franco, le studio a préféré tout changer (réalisateur, casting), notamment pour faire des économies et de plus confortables profits. Cependant, un film ne se juge pas en le comparant à un autre. Le véritable problème est dans son code génétique : l’histoire est sensiblement la même (il y a quand même quelques variations non négligeables) et les effets spéciaux n’ont pas assez évolué en une décennie pour justifier une nouvelle version de la saga de l’Homme-araignée.

Ceci explique pourquoi, malgré son efficacité toute hollywoodienne, le scénario, la narration, la musique (ah les envolées lyriques et rythmées de Danny Elfman !) et finalement l’ensemble du blockbuster ne nous épate pas. D’autant qu’entre temps Disney a éblouit les fans de super-héros avec le distrayant Avengers et Warner a mis la barre haute avec un Batman aussi obscur que profondément tourmenté.
The Amazing Spiderman semble une bluette à côté de la trilogie de Nolan ou de celle de Raimi. Il y a un manque d’originalité, voire d’inspiration qui nuit à l’œuvre. On aurait aimé être davantage surpris.
Cependant, comme nous l’avons souligné, le film, très classique, n’est pas un ratage. Cela tient déjà au casting. Andrew Garfield, plus jeune, plus introverti et plus séduisant que Maguire, Emma Stone, plus sexy et smart que Dunst, et le duo Martin Sheen/Sally Field dans le rôle de l’oncle et de la tante, ne font jamais regretter leurs prédécesseurs. L'ensemble produit même un effet de troupe qui atténue les faiblesses du débutant Peter Parker. Il faut être plusieurs pour abattre le "mal".

L’histoire est, de même, légèrement modifiée : trauma d’enfance à la Batman, lunettes à la Superman, nouveau méchant reptilien (moyennement effrayant pour ne pas dire jamais inquiétant), davantage d’araignées dans la première partie (mais aucune scène « horrifico-dérisionnelle » à la Raimi), vague complot dont l’élucidation attendra la suite (il faut rester après le début du générique de fin). Le fait que Spiderman ne mette qu’une heure et quelques à révéler son visage à sa bien-aimée change quand même le fil conducteur. La façon de la « prendre » dans ses bras pour le premier baiser (chaste) est aussi très hollywoodienne (un côté John Wayne avec son lasso).

En revanche, on oublie l’allégorie de l’adolescence et ses déboires masturbatoires et autres mutations corporelles. Le fil de l’araignée sort toujours du poignet, mais à l’aide d’une astuce technologique. Certes, il a davantage de symptômes arachnéides que le Spider-man de Maguire, mais il a des pouvoirs identiques (et donc les séquences d’actions sont similaires). Garfield ne se regarde jamais dans le miroir et ne s’exhibe d’ailleurs aucune fois. Là où Raimi aimait sexuer ses personnages, Webb préfère la romance façon sitcom dans un lycée. D’ailleurs l’homme-araignée a du mal à quitter son sac à dos et son skate…

Paradoxalement, ce Spider-man semble plus réaliste, plus humain. Cette humanité (et les maladresses qui vont avec) permet au film d'être moins convenu qu'il n'y paraît. Il n'y a plus de rêves, (actrice, puissant, soi-même dans la première trilogie), il n'y a qu'une réalité froide qui se confronte à une morale personnelle faillible. Le film s’offre aussi quelques clins d’œil réjouissants (le costume fait référence à la séquence de catch du premier film, Stan Lee apparaît dans le meilleur passage du film, Godzilla et King Kong ne sont pas loin non plus…).
Du ciel où voltige l’araignée (les images de synthèse persistent à en faire une poupée de jeu vidéo davantage qu’un personnage charnel) aux égouts de l’homme-lézard, il y a du spectacle, même s’il s’avère assez vain. Il manque la grâce, la fluidité de la mise en scène de Raimi. Webb a préféré une solidarité entre les citoyens et les protagonistes pour donner une dynamique, certes moins "épatante" mais, néanmoins intéressante. Personne n'est infaillible ici. Ni même véritablement sympathique.
Il faudra un peu plus de relief et de singularité pour que cette nouvelle série nous emballe et se distingue de cette invasion de super-héros que nous subissons depuis le début du siècle. Ce Spider-Man, en cela, n’est que le reflet de la crise existentielle hollywoodienne : une absence de prise de risques.
 
vincy

 
 
 
 

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