Théo et Hugo dans le même bateau, nouveau film du duo Ducastel Martineau explore l'odeur du sexe, la saveur des peaux et l'arrière goût, amer, qui peut entacher les premiers émois amoureux. Paris la nuit vaut bien une fête.



Africa Fusion
Captain America : Civil War
Cohabitation
Dégradé
Donald Trumbo
Green Room
La crypte
Les deux couleurs d'Ortance
Les habitants
Les raisins de l'espoir
Maggie a un plan
Mobile étoile
Nos souvenirs
Théo et Hugo dans le même bateau
Tracks
West Coast



Demain
Spotlight
Deadpool
El Clan
Room
99 Homes
Keeper
Chala, une enfance cubaine
Un monstre à mille têtes
Quand on a 17 ans
Demolition
Visite ou mémoires et confessions
Free to run
Marie et les naufragés
La Saison des femmes
Mékong Stories



Zootopie
The Revenant
Saint-Amour
Brooklyn
Divergente 3: au-delà du mur
The Assassin
Midnight special
Rosalie Blum
Médecin de campagne
Batman v Superman: L'aube de la justice
Five
Good Luck Algeria
Kung Fu Panda 3
Le Sanctuaire
Mise à l'épreuve 2
Sunset Song
A Bigger Splash
Eva ne dort pas
L'Avenir
Sauvages
Truth: le prix de la vérité
Fritz Bauer, un héros allemand
Grimsby - Agent trop spécial
Hardcore Henry
Le Livre de la Jungle
Tout pour être heureux
Everybody Wants Some
Les Malheurs de Sophie






 (c) Ecran Noir 96 - 16


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 180

 
Ted


USA / 2012

10.10.2012
 



MORE THAN I CAN BEAR





Seth MacFarlane, le wonder boy de la télévision US avec les séries animées à succès que sont les Griffin (1999), American Dad (2005) et The Cleveland show (2009), prend la tangente de la petite lucarne pour nous livrer son premier long qu’il a écrit, réalisé, produit et doublé. En devenant cet été le 7ème plus gros succès (hors inflation) sur le sol américain pour un film classé R, on peut dire que MacFarlane a fait mouche avec son histoire d’ours en peluche aussi vivant qu’irrévérencieux. Pour autant, il semblerait que le passage vers le grand écran ait quelque peu altéré la charge caustique d’un auteur brillant contraint de ménager la chèvre et le chou pour trouver un point d’équilibre propre à la comédie de masse made in USA. Si le film est régressif, incorrect et souvent drôle, il s’avère désespérément bancal avec sa surdose de bons sentiments et d’happy end de conte de fée.

De fait, la satire, un temps espéré à la lecture du pitch, fait flop ! L’écriture, ultra-référentielle, évite soigneusement toute ambiguïté pour s’en donner à cœur joie dans l’avalanche de bons mots (souvent gras) lancés par Ted, peluche borderline plutôt réjouissante dans son registre de copain de déconnade ultime. L’originalité du film est là. Une idée loufoque avec des moqueries vis-à-vis d'Hollywood. Son intérêt aussi. A dire vrai, l’opération transgressive consistant à dénaturer le comportement d’un ours en peluche devenu réel pour en faire un hédoniste à poils ras happé par la médiocrité d’une existence consumériste, est à moitié-réussie. Car s’il représente l’alpha et l'oméga du trentenaire immature fan de Flash Gordon (pourquoi pas ?), des shoots sur canapé et du sexe tarifé, il ne dépasse jamais la somme de ses outrances "trash" même si celles-ci sont plutôt bien rendues par quelques séquences vraiment poilantes (baston entre Ted et un canard lors de la rencontre avec l’acteur de Flash Gordon Sam J. Jones, mime d’une levrette avec éjaculation faciale devant une caissière médusée…). Les pics sont savoureux (appeler un ado grassouillet « Susan Boyle » est plutôt bien trouvé), les références nombreuses et les frasques sexuelles de Ted au diapason. C’est gratuit, revigorant, plus proche de l’humour scato que du brulot politique version comédie de mœurs pour adulte.

Le scénario invraisemblable et les situations lubriques en font certainement la comédie de l'année. Mais le film est écrasé par Ted (Seth MacFarlane réalise une formidable performance vocale et physique en version orginale), attachant au possible. À tel point qu’il peine à se sortir des saillies drolatiques de l’ours en peluche. Et ce n’est pas l’indigence d’une romance à l’eau de rose qui change la donne. Le contrepoint est si faiblard qu’il semble de raison, un peu comme si MacFarlane avait eu peur de surajouter à l’exubérance du personnage son regard sur les travers de toute une société. D’un point de vue strictement narratif la déception domine, car à quoi bon développer une figure aussi irrévérencieuse si ce n’est pour la diluer sans ménagement dans une soupe façon Il était une fois… avec un couple parfait (beaux, jeunes, ...). On se dit que la construction du personnage dans sa psychologie de rebelle je-m’en-foutiste aurait mérité un meilleur – une autre – interaction avec le monde extérieur. Quitte à sacrifier son compagnon d’enfance pour aller voler de ses propres ailes. Allez, se sera pour Ted 2 !
 
geoffroy

 
 
 
 

haut