Steve Jobs est assurément meilleur que l'autre biopic sur le boss d'Apple, Job. Tragédie en trois actes dans un théâtre d'ombres, où la manipulation et la trahison sont les moteurs, le film de Danny Boyle écorche le mythe du génie visionnaire...



Alvin et les Chipmunks: A fond la caisse
Anomalisa
Chocolat
Dirty Papy
Dofus - Livre 1: Julith
La marcheuse
La tierra y la sombra
Le chanteur
Le temps des rêves
Les Tuche 2: le rêve américain
Mad Love in new york
Mini et les voleurs de miel
Point Break 3D
Préjudice
Steve Jobs



Mustang
Le fils de Saul
Demain
Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force
L'étreinte du serpent
Tangerine
Snoopy et les Peanuts: Le Film
Mistress America
Le garçon et la bête
Carol
Les chevaliers blancs
45 ans
Made in France
Tout en haut du monde
Spotlight



007 Spectre
Hunger Games: La Révolte, partie 2
Le Pont des espions
Mia Madre
Comment c'est loin
Un + Une
Le grand jeu
Au-delà des Montagnes
Hector
Joy
The Big Short: Le Casse du Siècle
Je Compte Sur Vous
Arrêtez-moi là
La Fille du patron
Les 8 salopards
A second chance
Bang Gang (Une histoire d'amour moderne)
Creed: L'héritage de Rocky Balboa
Night Fare
Chorus
Danish Girl
J'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd
Le Convoi
Legend
Jane Got a Gun
Mysterious object at noon
Les délices de Tokyo (AN)






 (c) Ecran Noir 96 - 16


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 173

 
Ted


USA / 2012

10.10.2012
 



MORE THAN I CAN BEAR





Seth MacFarlane, le wonder boy de la télévision US avec les séries animées à succès que sont les Griffin (1999), American Dad (2005) et The Cleveland show (2009), prend la tangente de la petite lucarne pour nous livrer son premier long qu’il a écrit, réalisé, produit et doublé. En devenant cet été le 7ème plus gros succès (hors inflation) sur le sol américain pour un film classé R, on peut dire que MacFarlane a fait mouche avec son histoire d’ours en peluche aussi vivant qu’irrévérencieux. Pour autant, il semblerait que le passage vers le grand écran ait quelque peu altéré la charge caustique d’un auteur brillant contraint de ménager la chèvre et le chou pour trouver un point d’équilibre propre à la comédie de masse made in USA. Si le film est régressif, incorrect et souvent drôle, il s’avère désespérément bancal avec sa surdose de bons sentiments et d’happy end de conte de fée.

De fait, la satire, un temps espéré à la lecture du pitch, fait flop ! L’écriture, ultra-référentielle, évite soigneusement toute ambiguïté pour s’en donner à cœur joie dans l’avalanche de bons mots (souvent gras) lancés par Ted, peluche borderline plutôt réjouissante dans son registre de copain de déconnade ultime. L’originalité du film est là. Une idée loufoque avec des moqueries vis-à-vis d'Hollywood. Son intérêt aussi. A dire vrai, l’opération transgressive consistant à dénaturer le comportement d’un ours en peluche devenu réel pour en faire un hédoniste à poils ras happé par la médiocrité d’une existence consumériste, est à moitié-réussie. Car s’il représente l’alpha et l'oméga du trentenaire immature fan de Flash Gordon (pourquoi pas ?), des shoots sur canapé et du sexe tarifé, il ne dépasse jamais la somme de ses outrances "trash" même si celles-ci sont plutôt bien rendues par quelques séquences vraiment poilantes (baston entre Ted et un canard lors de la rencontre avec l’acteur de Flash Gordon Sam J. Jones, mime d’une levrette avec éjaculation faciale devant une caissière médusée…). Les pics sont savoureux (appeler un ado grassouillet « Susan Boyle » est plutôt bien trouvé), les références nombreuses et les frasques sexuelles de Ted au diapason. C’est gratuit, revigorant, plus proche de l’humour scato que du brulot politique version comédie de mœurs pour adulte.

Le scénario invraisemblable et les situations lubriques en font certainement la comédie de l'année. Mais le film est écrasé par Ted (Seth MacFarlane réalise une formidable performance vocale et physique en version orginale), attachant au possible. À tel point qu’il peine à se sortir des saillies drolatiques de l’ours en peluche. Et ce n’est pas l’indigence d’une romance à l’eau de rose qui change la donne. Le contrepoint est si faiblard qu’il semble de raison, un peu comme si MacFarlane avait eu peur de surajouter à l’exubérance du personnage son regard sur les travers de toute une société. D’un point de vue strictement narratif la déception domine, car à quoi bon développer une figure aussi irrévérencieuse si ce n’est pour la diluer sans ménagement dans une soupe façon Il était une fois… avec un couple parfait (beaux, jeunes, ...). On se dit que la construction du personnage dans sa psychologie de rebelle je-m’en-foutiste aurait mérité un meilleur – une autre – interaction avec le monde extérieur. Quitte à sacrifier son compagnon d’enfance pour aller voler de ses propres ailes. Allez, se sera pour Ted 2 !
 
geoffroy

 
 
 
 

haut