En compétition à Cannes Le conte des contes de Matteo Garrone s'inspire du livre fantastique et merveilleux de Giambattista Basile (autour de 1625. Beau, barré, baroque: le film oscille entre Del Toro et Gilliam.



Fantasia
Haramiste
Le Prince de Hombourg
Le retour de Fabiola
Les Profs 2
Lost for Words
Love & Mercy
Maris en liberté
Tale of Tales, le conte des Contes
Terminator Genisys
Victoria



Taxi Téhéran
Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence
Hyena
Trois souvenirs de ma jeunesse
Ex Machina
Un Français
L'éveil d'Edoardo
Vice-Versa
Mustang
Les mille et une nuits - L'inquiet



Shaun le mouton
Pourquoi j'ai pas mangé mon père
Une belle fin
Avengers: L'ère d'Ultron
Le tournoi
Connasse, princesse des coeurs
On est vivants
L'épreuve
Les jardins du Roi
Un peu, beaucoup, aveuglément
A la poursuite de demain
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Goodnight Mommy
La loi du marché
La Tête haute
Mad Max: Fury Road
Refugiado
Une femme iranienne
Adaline
Loin de la foule déchaînée
Cendres
Contes italiens
Jurassic World
Le monde de Nathan
La belle promise
La Bataille de la Montagne du Tigre
Spy
Valley of love
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Masaan (Le bûcher)
Une mère
Une seconde mère






 (c) Ecran Noir 96 - 15


  



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Ted


USA / 2012

10.10.2012
 



MORE THAN I CAN BEAR





Seth MacFarlane, le wonder boy de la télévision US avec les séries animées à succès que sont les Griffin (1999), American Dad (2005) et The Cleveland show (2009), prend la tangente de la petite lucarne pour nous livrer son premier long qu’il a écrit, réalisé, produit et doublé. En devenant cet été le 7ème plus gros succès (hors inflation) sur le sol américain pour un film classé R, on peut dire que MacFarlane a fait mouche avec son histoire d’ours en peluche aussi vivant qu’irrévérencieux. Pour autant, il semblerait que le passage vers le grand écran ait quelque peu altéré la charge caustique d’un auteur brillant contraint de ménager la chèvre et le chou pour trouver un point d’équilibre propre à la comédie de masse made in USA. Si le film est régressif, incorrect et souvent drôle, il s’avère désespérément bancal avec sa surdose de bons sentiments et d’happy end de conte de fée.

De fait, la satire, un temps espéré à la lecture du pitch, fait flop ! L’écriture, ultra-référentielle, évite soigneusement toute ambiguïté pour s’en donner à cœur joie dans l’avalanche de bons mots (souvent gras) lancés par Ted, peluche borderline plutôt réjouissante dans son registre de copain de déconnade ultime. L’originalité du film est là. Une idée loufoque avec des moqueries vis-à-vis d'Hollywood. Son intérêt aussi. A dire vrai, l’opération transgressive consistant à dénaturer le comportement d’un ours en peluche devenu réel pour en faire un hédoniste à poils ras happé par la médiocrité d’une existence consumériste, est à moitié-réussie. Car s’il représente l’alpha et l'oméga du trentenaire immature fan de Flash Gordon (pourquoi pas ?), des shoots sur canapé et du sexe tarifé, il ne dépasse jamais la somme de ses outrances "trash" même si celles-ci sont plutôt bien rendues par quelques séquences vraiment poilantes (baston entre Ted et un canard lors de la rencontre avec l’acteur de Flash Gordon Sam J. Jones, mime d’une levrette avec éjaculation faciale devant une caissière médusée…). Les pics sont savoureux (appeler un ado grassouillet « Susan Boyle » est plutôt bien trouvé), les références nombreuses et les frasques sexuelles de Ted au diapason. C’est gratuit, revigorant, plus proche de l’humour scato que du brulot politique version comédie de mœurs pour adulte.

Le scénario invraisemblable et les situations lubriques en font certainement la comédie de l'année. Mais le film est écrasé par Ted (Seth MacFarlane réalise une formidable performance vocale et physique en version orginale), attachant au possible. À tel point qu’il peine à se sortir des saillies drolatiques de l’ours en peluche. Et ce n’est pas l’indigence d’une romance à l’eau de rose qui change la donne. Le contrepoint est si faiblard qu’il semble de raison, un peu comme si MacFarlane avait eu peur de surajouter à l’exubérance du personnage son regard sur les travers de toute une société. D’un point de vue strictement narratif la déception domine, car à quoi bon développer une figure aussi irrévérencieuse si ce n’est pour la diluer sans ménagement dans une soupe façon Il était une fois… avec un couple parfait (beaux, jeunes, ...). On se dit que la construction du personnage dans sa psychologie de rebelle je-m’en-foutiste aurait mérité un meilleur – une autre – interaction avec le monde extérieur. Quitte à sacrifier son compagnon d’enfance pour aller voler de ses propres ailes. Allez, se sera pour Ted 2 !
 
geoffroy

 
 
 
 

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