Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



Countdown
Graines de ronds-points
J'accuse
J'aimerais qu'il reste quelque chose
Koko-di Koko-da
L'âme du vin
Le bel été
Le Mans 66
Le roi d'ici
Little Joe
Noura rêve
Océan
Pères et impairs
Prendre soin
Rendre la justice
Zibilla ou la vie zébrée



Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
La cordillère des songes
Et puis nous danserons
J'ai perdu mon corps
La belle époque
Le monde animé de Grimault



Once Upon a Time... in Hollywood
La vie scolaire
Ad Astra
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha
La bonne réputation
Maléfique 2: le pouvoir du mal
Martin Eden
Matthias & Maxime
Queens
Abominable
5 est le numéro parfait
Hors normes
Au bout du monde
Sorry We Missed You
Le Traître
Retour à Zombieland
Mon chien stupide
The Laundromat
Un monde plus grand
Une Colonie
Adults in the Room






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L'Odyssée de Pi (Life of Pi)


USA / 2012

19.12.2012
 



TIGRE ET GARÇON





"Merci Vishnou de m'avoir fait découvrir le Christ"

Peu importe que le roman soit inadaptable. Ang Lee l'a métamorphosé en conte cinématographique, avec tout ce que cela sous entend : un résultat plutôt académique, sublimé par des images à couper le souffle. Parfait film familial, malgré sa longueur, pour les fêtes, ce "Pi au pays des merveilles" épate visuellement, touche sensiblement mais nous laisse un peu trop dans le rôle du spectateur pour se laisser complètement immergé par cette aventure épique, mais finalement assez classique.

Il est en effet regrettable qu'Ang Lee n'ait pas réussit à équilibrer davantage les différentes variations de son oeuvre. En choisissant

La mise en place de l'histoire, "Il était une fois un garçon nommé Piscine Molitor Patel, dit Pi", aussi indispensable soit-elle, est filmée comme un Fabuleux destin d'un joli Indien. A cela s'ajoute le temps présent, Pi adulte rapportant son incroyable épopée à un journaliste/écrivain, qui entrecoupe le récit, jusqu'à lui faire perdre un peu son rythme. Une narration maintes fois vue, très classique, et qui contraste avec la fluidité de l'ensemble. Bien sûr le long épilogue permet à Pi adulte d'achever son parcours avec une version plus réaliste, mais ce ne sera certainement pas cette partie là dont on se souviendra. Aussi cruelle soit-elle.

Seul au monde, avec un tigre, Pi, après un naufrage digne du Titanic (les vagues en plus), nous emmène dans un périple digne de Robinson Crusoë, sur un radeau. Nous voici médusés. La quête spirituelle du jeune adolescent s'efface au profit d'un existentialisme plus proche du manuel de survie en milieu hostile, et donc bien plus palpitant. Nommé d'après une piscine parisienne, l'ironique destin le plonge dans un Océan Pacifique très peu pacifique. Les effets spéciaux font le reste : un félin féroce plus vrai que nature, au regard hypnotisant, un bestiaire fascinant, et surtout des hallucinations visuelles qui confondent l'horizon, les cieux et les profondeurs marines, les poissons et les étoiles, les abysses et l'âme. Les perspectives sont autant d'illusions.

A côté de ces délires, l'humour empêche le film d'être monotone. L'arche de Pi n'est après tout qu'un mirage psychologique. Une manière de rester vivant, humain, sain pour un jeune homme frappé par les tragédies. La mise en scène, majestueuse, d'Ang Lee atteint une apogée quand il s'agit de ne filmer pendant près d'une heure qu'un jeune homme végétarien (Suraj Sharma est une révélation sensationnelle) et un animal carnivore voguant sur l'eau, sans ennuyer. L'onirisme n'explique pas tout, aussi beau soit-il. La philosophie du lâcher prise aurait été trop simpliste. La démence était un détour facile, même si elle est incontournable. Lee tisse une légende, à l'instar de Tigre et Dragon. Il parabole, il métaphore. Et c'est bien cette version, forcément, qui nous séduit, davantage que celle plus crédible racontée à la compagnie d'assurance.

C'est bien dans la magie que le cinéaste convainc le mieux. Mais c'est bien avec cette mystification qu'il relie L'Odyssée de Pi à ses autres films. Ang Lee explore depuis longtemps le mensonge des humains, celui qui permet de ne blesser personne, quitte à se perdre soi. Ses histoires mettent toujours en parallèle des souvenirs embellis par le temps avec des faits bien moins euphoriques. Cette confrontation à la réalité, après tant de secrets et mensonges, conduit souvent à un drame (la mort d'un ado dans Ice Storm, celle d'un amant dans Brokeback Mountain, la trahison dans Lust, Caution) ou à un épanouissement serein (Taking Woodstock, Garçon d'honneur, Hulk). L'Odyssée de Pi fait partie de la seconde catégorie. Il y a une vie après l'horreur.
 
vincy

 
 
 
 

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