Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



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Graines de ronds-points
J'accuse
J'aimerais qu'il reste quelque chose
Koko-di Koko-da
L'âme du vin
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Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
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Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
La cordillère des songes
Et puis nous danserons
J'ai perdu mon corps
La belle époque
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La vie scolaire
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La fameuse invasion des ours en Sicile
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Les Misérables


USA / 2012

13.02.2013
 



WHEN HOPE WAS HIGH





«- Si je me tais, je me damne, si je parle, c'est moi qui me condamne.»

Rares sont les drames/comédies musicales de Broadway et West End à avoir réussi leur passage sur le grand écran. West Side Story est sans aucun doute au dessus du lot. Ces dernières années, de Chicago à Mamma Mia en passant par Rent ou le Fantôme de l’Opéra les résultats étaient inégaux et pas tout à fait convaincants pour ne pas dire ratés.

Les Misérables n’échappe pas à la règle. Le drame musical avait pourtant deux atouts de taille : l’histoire grandiose de Victor Hugo et un livret (partition et paroles) parmi les meilleurs et les plus aboutis de l’histoire de la comédie musicale. Las, l’émotion procurée sur scène par le spectacle ne se retrouve pas au cinéma. Hormis les passages d’une justesse et d’une sensibilité saisissantes avec Fantine (Anne Hathaway surclassant l’ensemble), rien ne nous touche vraiment. La mise en scène est lourde, les effets visuels grossiers, les décors factices, le son nous laisse à distance (pour valoriser les voix). Tom Hooper a voulu être si fidèle au matériau d’origine qu’il a oublié une règle élémentaire : le cinéma nécessite un souffle particulier. En collant les chansons les unes après les autres, le film ennuie vite. Le montage malhabile empêche une quelconque dynamique. Le récit est banalement raconté, sans jamais nous faire trépigner. Pire, la caméra de Hooper préfère les gros plans sur les acteurs (qui, tous, forcent le respect, reconnaissons le, en chantant « live ») que donner de l’ampleur à cette fresque. Si le cinéaste essaie de donner un peu de vitalité au début du film, en filmant caméra à l’épaule par exemple, dans des décors naturels aussi, il enlise son film dans des plans fixes en studios, sans aucune beauté ni relief. Le paradoxe est alors atteint : on vibre plus devant le spectacle sur scène que devant le grand écran.

Ceux qui découvriront Les Misérables au cinéma ne comprendront rien du phénomène mondial de ce drame musical. Long, fastidieux, sans entrain, l’œuvre cinématographique est très éloignée de la majesté et de l’émotion bouleversante de l’œuvre théâtrale. Même l’écho contemporain que pourrait représenter les Barricades ne paraît être qu’un petit mouvement social sans importance et désuet. Le scénario n’aide pas, conservant la simplicité nécessaire à un drame musical faisant reposer sa narration sur les chansons, au lieu de se risquer à complexifier les séquences et rompre avec la tradition de Broadway en optant pour une histoire plus hollywoodienne.

Comme si les producteurs voulaient juste mettre en images le spectacle et ne pas décevoir les fans, plutôt que de proposer une version originale et audacieuse de leur « produit ». C’est d’autant plus regrettable qu’on sent bien le potentiel qu’un tel risque pouvait donner. La scène de présentation des Thénardiers est incontestablement la plus vivante, la plus drôle aussi, et la plus imaginative. Le cinéma retrouve là des couleurs en montrant ce qu’il peut apporter avec des mouvements de caméras et un découpage habile là où le spectacle n’offrait qu’une scène farceuse et gaillarde.

A l’inverse plutôt que d’ajouter une chanson inutile (qui plus est une complainte qui plombe bien l’ambiance), il aurait sans doute fallu accentuer les passages les plus épiques, notamment les moments chorales pour donner un peu de vie et de corps, pour donner une force à une partition, qui, au fil du film, s’enracine dans les rythmes lents et les hymnes du coeur. Il n’y a bien que la chanson d’Eponine (sublime Samantha Barks) qui nous fait frissonner dans la deuxième partie. Ajoutons une histoire d’amour qui, une fois adaptée au cinéma, devient cul-cul et sans intérêt, et l’histoire révolutionnaire se mue en mauvais mélo. Il aurait fallu couper, donner une direction artistique plus moderne, doper le son, filmer en décors naturels, insuffler de l’humour (même le calvaire de Valjean couvert de merde ne semble déranger l’odorat de quiconque). Le final mystique achèvera les plus laïques. Quant à Hugo, son histoire de révolte se transforme ici en dilemme d’un damné condamné dont la rédemption finale n’arrachera aucune larmes. Les Misérables, misère, ce sont bien les spectateurs qui supporteront toute cette guimauve moralisatrice et naïve.
 
vincy

 
 
 
 

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