Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Queen of Montreuil


France / 2012

13.03.2013 (Montreuil) / 20.03.2013 (France)
 



LA REINE DES PAUMÉS





"Laurent, il est mort. Moi, je suis sa veuve. Donc il va falloir vous faire baiser par quelqu’un d’autre."

Réputée pour son cinéma d’observation et de sensibilité, Solveig Anspach prend dans Queen of Montreuil le parti de rire de deux choses que l’on n’a pas l’habitude de traiter à la légère : le deuil et la galère. Gonflé, peut-être, mais puisque le contre-pied est parfaitement réussi (jamais glauque, jamais grotesque), cela donne une drôle de comédie décalée et mélancolique qui repose autant sur son sens des situations que sur son talent à imaginer des personnages cocasses et humains.

Le contraste entre la veuve française éplorée et la mère et le fils islandais hyper cools et détendus permet notamment des ruptures de ton qui apportent beaucoup de liberté au récit. De leur rencontre naît ainsi une fantaisie étrange qui donne d’emblée au film un ton plutôt personnel.

Bien sûr, on peut trouver le scénario parfois décousu (il s’agit plus d’une succession de petites scènes vite et bien croquées que d’une histoire à la construction classique), mais ce côté foutraque et animé rend l’ensemble sympathique et vif, sans prétention, et d’une certaine justesse. L’air de rien, Solveig Anspach aborde des questions de société contemporaines, comme la crise économique (avec une comparaison savoureuse des situations françaises et islandaises) et de l’immigration. Preuve que la légèreté n’empêche pas un certain ancrage dans la réalité.

Elle joue aussi de la fascination qu’exerce l’Islande sur les Français en important cet exotisme à Montreuil pour un film absolument anti-touristique. Ni le Paris de carte postale, ni l’Islande fantasmée n’ont leur place dans cette chronique malicieuse de notre temps où les ennuis sont mondialisés au même titre que le reste, mais d’où naît une universalité humaniste ténue et dépourvue de tout angélisme. A l’image de ses personnages abîmés par la vie, Queen of Montreuil ne laisse en effet croire à aucun Deus ex machina bien commode. Il propose juste un changement de perspective sur les choses. Cela ne rend peut-être pas le monde meilleur, mais au moins plus agréable à vivre.
 
MpM

 
 
 
 

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