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1917 est une prouesse visuelle épatante avec ce faux plan séquence permanent qui suit deux jeunes soldats sur le front entre tranchées et snipers. Succès inattendu, le film de Sam Mendès est aussi parmi les favoris aux Oscars depuis son Golden Globe.



Adoration
Bad Boys For Life
Garanbadal
Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part
K contraire
La Llorana
Le photographe
Le réseau Shelburn
Luciérnagas
Nanga Parbat
Pygmalionnes
Qu'un sang impur
Scandale



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
À couteaux tirés
It must be heaven
Le Voyage du Prince
Ils aimaient la vie (Kanal)
Jeune Juliette
La vie invisible d'Euridice Gusmao
Marriage Story
The Lighthouse
First Love, le dernier Yakusa
Les filles du Docteur March
L'adieu
L'extraordinaire voyage de Marona
1917



La reine des neiges 2
Le Roi
Gloria Mundi
Chanson douce
L'orphelinat
Last Christmas
Proxima
Brooklyn Affairs
La Famille Addams
Lola vers la mer
Une vie cachée
Notre Dame
Star Wars, épisode IX : L'Ascension de Skywalker
La Vérité
Cunningham
Le lac aux oies sauvages
Les deux papes
Official Secrets
Les siffleurs
Les enfants du temps
Nina Wu
Swallow
Je ne rêve que de vous






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



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Elysium


USA / 2013

14.08.2013
 



MAD MAX





« Faire de chacun un citoyen d’Elysium »

Elysium scintille dans l’espace comme une bague de diamant : à la fois utopie pour les pauvres restés au sol et station réservée aux nantis. Avec Neill Blomkamp aux commandes de ce vaisseau spatial, on s’attendait à décoller et sortir des territoires familiers de la science fiction ordinaire.

Après l’audacieux District 9, on pouvait s’attendre à une œuvre ambitieuse avec cet Elysium. Hélas, nos espoirs se désagrègent avant même la sortie de la stratosphère. Car Blomkamp a sérieusement manqué d’imagination pour commencer : le Los Angeles du XXIIè siècle ressemble à n’importe quel bidonville crade et poussiéreux actuel et la cité idyllique en orbite n’est autre qu’une de ces cités où se barricadent l’élite à Sao Paulo, Mexico ou Mumbay. Les pauvres – qui parlent aussi espagnols – sont donc relégués en bas, dans des villes surpeuplées, respirant un air très pollué tandis que les riches – qui parlent français – vivent dans la verdure, avec de la musique classique pour l’ambiance. Cet aspect binaire sert hélas de piliers (fragiles) à un film dont la construction est bancale.

Il ne suffit pas, en effet, d’écrire un film dénonçant les injustices et les inégalités sociales, évoquant l’immigration clandestine et la déportation (les Américains y ont même vu le film le plus socialiste depuis des lustres) pour réaliser une œuvre engagée (et à défaut subversive). Avec un préambule aussi laminaire qu’imprécis, les bases sont mal jetées. Jamais le spectateur ne comprendra pourquoi l’élite a délaissé les classes moyennes et précaires jusqu’à les asservir. Et l’épilogue (l’égalité des droits et surtout l’accès à la même santé pour tous) rajoute à cette confusion : tous citoyens égaux mais chacun dans son monde ?

Cela ne s’arrange pas avec les personnages : superficiels, presque caricaturaux, sans une once de relief pour les singulariser ou éprouver une quelconque empathie, ils n’apportent aucune crédibilité à une histoire qui ne sait pas quelle direction prendre. Ainsi, au début du film, Matt Damon se la joue insolent et impertinent, plutôt heureux dans sa vie d’ouvrier entouré de potes. Tel un superhéros, le voilà bien amoché, et même condamnée par une irradiation fatale qui l’oblige à endosser un costume robotique. Sa déshumanisation – il perd son sens de l’humour au détriment de sentiments niais et d’un sérieux refroidissant – ne permet pas d’adhérer complètement à sa destinée de sauveur du monde. D’autant qu’on ne lui oppose même pas Jodie Foster, sorte d’Hilary Clinton glaçante, puisque la confrontation n’arrivera jamais. Blomkamp - à la manière d’un Nolan dans The Dark Knight Rises qui avait éjecté le vrai méchant un peu trop brutalement - loupe son final en préférant un combat de coqs (dont l’un n’est pas loin de rappeler le personnage de Tom Hardy dans le troisième Batman justement), banal et assez mal filmé. Il y avait tellement plus de potentiel : psychologique, politique, ou même mystique. Mais Elysium se contente d’être une histoire simpliste au lieu de nous emporter dans une folie bien réelle.

On nous afflige ainsi quelques gueules qui explosent, de l’arme blanche à foison, des effets visuels qui justifient le budget. Mais pourquoi ? Un récit sans rebondissements réels où les enjeux sont brouillons. De quoi s’agit-il ? Un pamphlet « socialiste » ou un rébellion contre la tyrannie ? Une bataille personnelle, l’histoire du Cheval de Troie revue et corrigée ? Un complot politique ? Une lutte contre un compte-à-rebours qui mène le « héros » à sa survie ou à sa mort ? On croyait qu’on allait être transportés par cette aventure d’un homme qui cherche à survivre à tout prix, mais, peu limpide, la mise en scène de Neill Blomkamp transforme les imbroglios, politiques ou individuels, en simple collage d’histoires mal imbriquées les unes dans les autres. Le film en devient évasif, un peu lunatique, pour ne pas dire fumiste, là où on rêvait d’évasion, de réflexion et de métaphores.

D’Oblivion (Elysium semble le cousin ancestral du Têt) à Total Recall (le remake avec son monde austral pour les sous classes et son monde septentrional pour les chanceux), il n’y a rien de bien neuf sous le soleil de l’anticipation hormis des scénarios de plus en plus incohérents. Hollywood manque d’inspiration. Elysium, aussi divertissant et bien produit soit-il, reste une production peu crédible, et rarement captivante. La narration s’est perdue au fil de l’histoire (pression des studios ?). Blomkamp a peut-être préféré sacrifier son talent pour pouvoir survivre ou tout simplement se faire une place dans cet univers impitoyable du 7e art industriel. Pour le coup, ça ne lui sera pas fatal. Mais cette œuvre de SF se fondra dans la mémoire collective des cinéphiles, indistincte. L’ascenseur social est peut être en panne, mais l’ascenseur spatial aussi.
 
vincy

 
 
 
 

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