Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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La marche


France / 2013

27.11.2013
 



LE TOUR DE GAULE





« Putain on n’est que neuf ! »

30 ans après la marche qui conduisit à la création de SOS racisme, ou 30 ans après l’émergence du Front national comme force politique dans la paysage français. La France n’a finalement pas tellement changé : le racisme, y compris les crimes qui y sont rattachés, est toujours présent dans les actualités. Le film de Nabil Ben Yadir ne pouvait pas « mieux » tomber tant il fait écho aux divers événements actuels. Douce France, vraiment ?
Road movie utile et inspiré d’un véritable fait réel, La marche a tout du film populaire. Entre comédie et petites tragédies, fougue et tensions, tendresse et bons moments, le scénario offre diverses variations du comportement humain en groupe.

La force de ce film parfois inégal est sans doute le portrait de chacun des membres du groupe. Portrait plutôt bien dessiné, avec des caractères bien trempés (et une troupe de comédiens qui sait leur donner corps, gestes et voix). Étrangement, « le leader », celui par qui tout arrive, s’efface. Beau mais peu charismatique, il manque de scènes lui conférant un rôle dominant face à une pléiade de personnages plus « intéressants » comme celui de Lubna Azabal (qui écrase ses partenaires à chacune de ses séquences).
On peut évidemment douter du bienfondé de la présence de Jamel, producteur du film, qui fait du Jamel, à haute dose, déséquilibrant un peu la tonalité de l’ensemble. Et puis il y a cette caméra un peu brouillonne, ce montage parfois trop « cut ». Mais le voyage est plaisant. Le message est utile. Et il n’y a aucune naïveté : la barbarie est bien présente, les conflits idéologiques aussi. « Le cœur des gens s’est fermé » mais ceux qui veulent l’ouvrir sont aussi divisés sur les méthodes. De clashs en réconciliations, d’incidents en discussions, la marche poursuit sa route et, à l’instar d’un film très américain dans son écriture, arrive à son but.

Le film renvoie l’image d’une France sexiste, homophobe et raciste, mais aussi d’un peuple qui peut être humaniste et contradictoire. Ce n’est pas si didactique. Ici, la culture l’emporte souvent sur les principes. On peut être pour l’égalité, la laïcité, et se soumettre au schéma traditionnel inculqué par ses parents, sa religion, sa classe sociale. La difficulté d’appliquer à soi ce qu’on exige de son pays est sans aucun doute le point le plus sensible et le plus intéressant du film. La coutume semble plus forte que le bien commun. Pas étonnant alors que trente ans plus tard, le constat d’échec soit total et qu’on soit tous responsables.
La marche, avec ce décalage de trois décennies, est comme un film familial qu’on regarde par nostalgie : c’est la désillusion qui l’emporte alors qu’on croyait trouver le bonheur.
 
vincy

 
 
 
 

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