Spider-Man: New Generation est incontestablement le meilleur film d'animation américain de l'année. C'est peut-être le même Spider-Man jusqu'à présent. C'est sans doute le blockbuster qu'on attendait en 2018. Et enfin, peut-on oser dire qu'il est l'un des meilleurs Marvel au cinéma? Bref, ce Spider-Man est immanquable.



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L'exilé
Mortal Engines
Nous les coyotes
Oscar et le monde des chats
Pachamama
Rémi sans famille
Rêver sous le capitalisme
Roma
Spider-Man: New Generation
Une affaire de famille
Utøya, 22 juillet



A Star is Born
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Chien de garde
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Les Veuves
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Les Confins du monde



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Silvio et les autres
Crazy Rich Asians
Heureux comme Lazzaro
Kursk
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Pupille






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American Bluff (American Hustle)


USA / 2013

05.02.2014
 



THE PLAYERS





«- As-tu jamais trouvé une manière de survivre quand tu sais que tes choix sont mauvais mais que tu dois survivre ? »

Il est loin le temps où David O. Russell écrivait des comédies fantaisistes, décalées ou même satiriques. Amoureux du verbe, sans aucun doute, il y avait du Wes Anderson dans ses scénarios baroques et intelligents. Depuis Fighter en 2010, le cinéaste a changé de style, optant pour des films plus sérieux, plus calibrés aussi.
Coïncidence, ou pas, il a gagné en reconnaissance (Oscars, etc…) et enchaîne les réalisations au rythme effréné d’un film par an, ou presque, là où il lui fallait auparavant au moins trois années pour aboutir un projet. Russell se mue en Soderbergh, qui avait opéré une mue assez semblable après plusieurs films personnels et expérimentaux, se laissant influencer par un autre cinéma américain, plus classique.

American Bluff est symptomatique de se revirement, sans être dans le reniement. On assiste à un spectacle très divertissant, ambitieux parfois, où se mêlent les ombres de Scorsese, Nichols, Pakula et donc Soderbergh. Un mix de genres qui produit une œuvre, au final, maîtrisée mais pas forcément originale. Dans le genre, on se dit que George Roy Hill et son Arnaque avait davantage de caractère.

Le film souffre surtout des défauts déjà soulignés dans sa précédente œuvre – Happiness Therapy – plébiscitée par la critique et par le public l’an dernier : une complaisance pour les dialogues (mais là encore n’est pas Tarantino ou les Coen qui veut), tournant parfois à vide pour le plaisir du bon mot (sous prétexte de vouloir créer LA scène culte). Et puis il y a aussi l’envie, le désir, trop appuyé, de vouloir absolument écrire des séquences extrêmes, dans la comédie comme dans le drame, pour que chaque « star » puisse exprimer tout son talent dans chacun de ces registres. Dans les deux cas, on comprend que les acteurs soient ravis. Mais cela ne donne pas forcément du sens à l’ensemble, qui en devient vite factice.

Mais, paradoxalement, ce sont aussi ces défauts qui rendent American Bluff distrayant. Cette saga « vintage » prend ses racines dans une crise économique qui conduit chacun à franchir ses limites : deux petits escrocs qui s’attaquent à très gros, un flic qui flirte avec l’éthique, un maire prêt à se laisser corrompre, une épouse au bord de la trahison… Personne n’est honnête, tout le monde se ment, se trompe, se méfie… Il y a quelque chose de pourri à Atlantic City.
Si l’arnaque en tant que telle n’est pas aussi audacieuse et retors qu’on le souhaiterait, ses rebondissements et ses conséquences sur ses auteurs permettent au scénario d’explore les faces lumineuses et sombres de chacun des personnages. D’un fluidité impeccable, sans temps morts, avec une musique seventies omniprésente voire un peu trop (tendance pop/disco, avec une session géniale de Jennifer Lawrence interprétant Live and Let Die), le film ne laisse pas de répit pour le spectateur, le détournant parfois de la combine mafieuse pour s’intéresser à la psychologie de chacun.

C’est là que le film est flamboyant : dans le portrait d’un malin un peu loser, d’une smart girl aguicheuse, d’un beau gosse piégé par ses dilemmes, d’un décideur pragmatique et honnête, d’une névrosée bafouée. Ils composent une Amérique loin d’être manichéenne, traversée par ses failles, ses échecs, son désir de gagner coûte que coûte, quitte à pactiser, à chaque fois, avec le Diable. Tous les acteurs jouent leur partition à la perfection. On peut toujours se dire que Bale en fait un peu trop, que Renner ne s’impose pas toujours assez, que Cooper cabotine parfois. Mais l’ensemble est cohérent, transcendé, illuminé même par Amy Adams (sorte de Kathleen Turner de L’honneur des Prizzis) et Jennifer Lawrence (qui, malgré son jeune âge, créé un personnage à la Gena Rowlands chez Cassavetes).

C’est certainement là que Russell parvient à nous bluffer : avec une direction d’acteurs qui compense les stéréotypes de sa mise en scène. Et c’est à cette lumière là que l’on voit en lui davantage un héritier de Robert Altman qu’un cinéaste doué pour revisiter les références de ses prédécesseurs.
 
vincy

 
 
 
 

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