Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



5 est le numéro parfait
Abominable
Au bout du monde
Braquer Poitiers
Hors normes
L'âcre parfum des immortelles
Les charbons ardents
Les municipaux (mais pas trop)
Serendipity
Sorry We Missed You
Théâtre du radeau, triptyque



Deux moi
Un jour de pluie à New York
Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
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Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque



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Roubaix, une lumière
La vie scolaire
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Trois jours et une vie
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Jacob et les chiens qui parlent
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Maléfique 2: le pouvoir du mal
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Queens






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Wrong Cops


France / 2013

19.03.2014
 



LES RIPOUX





Avec les Wrong Cops, bienvenue dans une ville où les policiers abusent de leur incompétence dans l’exercice de leur fonction tout en étant très compétents en divers abus de pouvoir. Ces flics forment autant une brigade de police qu'une brigade des mœurs : un ripoux qui fait du trafic de drogue cachée dans des rats, un obsédé qui harcèle des femmes pour voir leurs seins, un borgne qui compose de la musique électro, un père de famille qui dissimule ses photos hot parues dans un magazine gay, une bimbo blonde qui cherche de l'argent pour une chirurgie esthétique... Chaque personnage véhicule sa propre histoire en croisant celle des autres, certaines situations d'abord incongrues seront expliquées ensuite. Que faire du cadavre d'un homme presque mort ?

Alors que les précédents films de Quentin Dupieux n'hésitaient pas à proposer un univers absurde, comme des spectateurs qui observent aux jumelles le film dans le film dans Rubber, ou un bureau de travail où il pleut à l'intérieur dans Wrong, ce nouveau film laisse ce surréalisme de côté pour jouer à fond la carte de l'humour (autant le second degré que le quinzième). D’ailleurs dans Wrong tout était anormal, des décors aux personnages, alors que dans Wrong Cops ce sont bien les cops (les flics) qui sont en décalage dans le décor bien réel d'une Los Angeles de cinéma. Avec une narration moins slalomante que dans ces précédents films , le récit, plus linéaire, déroule ses histoires dans l'histoire à la manière d'un Pulp Fiction. Ce qu'il perd en étrangeté, il le gagne en parodie. Wrong Cops est ainsi une comédie presque tout public.

Wrong Cops apparaît ainsicomme le film qui clôt une trilogie d’enquêtes plus farfelues les unes que les autres selon une imagerie très particulière développée par Quentin Dupieux. Rubber (des policiers après un pneu serial-killer) et Wrong (un détective après un kidnapping de chien) forment un univers à part, celui d’une Amérique telle qu’on se l’imagine avec les multiples séries et films que l’on voit le plus souvent sur notre petit-écran. Quentin Dupieux s’est confronté à cette non-réalité d’une lointaine contrée imaginaire vue comme une sorte de Disneyland bizarre, un monde parallèle qu'il connaît par coeur. Du coup dans ce film, le décor n’est plus factice et ce sont bien ses habitants qu’il regarde avec distance et malice. « J’ai un regard léger sur les misères de la société, un regard attendri et méprisant sur l’être humain, plus que sur l’Amérique » nous disait Quentin Dupieux lors de la présentation de son film au Festival américain de Deauville.

Les flics qui se doivent de représenter la morale et l’autorité sont ici des personnages à l’opposé de leur devise ‘protèger et servir’. L’habit ne fait pas le moine : c’est le meilleur ressort des comédies les plus populaires. Wrong Cops avec son originalité bizarre (vous avez dit bizarre?) est bien entendu un film qui peut faire plaisir à qui n’a jamais vu aucun film de Quentin Dupieux. Pour les autres, le plaisir sera d’autant plus grand qu'il y a placé quantité de citations de ses opus précédents. On y retrouve des apparitions furtives du célèbre pneu, de Roxane Mesquida, de Jack Plotnick... On y verra aussi un producteur de cinéma et plus tard un producteur de musique avec quelques dialogues (il faut 95% marketing et 5% de talent) en clin d'oeil à ses deux formes d'expression que Quentin Dupieux alias Mr Oizo pratique. D'ailleurs on ne sait pas trop si sa musique omniprésente est au service du film ou si son film valorise ses musiques. En tout cas la bande-originale du film - tout comme le film - est un best-of de ses compositions. On attend avec hâte son prochain méfait : Reality avec Alain Chabat, Jonathan Lambert et Élodie Bouchez…
 
Kristofy

 
 
 
 

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