Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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24 jours, la vérité sur l'affaire Ilan Halimi


France / 2013

30.04.2014
 



CHOC ÉMOTIONNEL





«Il suffit d'un événement pour chambouler toute une vie...tout ceci est vrai, je vous assure, je l'ai vécu !» Le film commence avec Zabou Breitman qui bredouille ces quelques mots face caméra. Le spectateur est ainsi invité à découvrir et partager l'enfer qu'à réellement vécu le personnage qu'elle incarne : Ruth Halimi, la mère d'Ilan Halimi. C'est donc parti pour une plongée dans le quotidien déroutant et éprouvant de cette famille qui a vécu durant 24 jours une angoisse indescriptible et une horreur insoutenable.

Ilan, jeune homme juif de 23 ans, vit avec sa mère qu'il adore (il la couve de câlins et de compliments) et sa petite sœur qu'il aime tout autant. D'ailleurs, Ilan aime tout : sa famille, ses amis (de toutes origines), sa petite copine, sa petite vie de vendeur de téléphones... mais tout va basculer un soir de janvier 2006. Le jeune homme se retrouve appâté par une jeune fille prénommée Emma. « Une bombe cette Emma » répète-t-il sans cesse au téléphone à son meilleur ami avant de la retrouver dans un café Porte d'Orléans. Mais on ne le reverra plus en vie.

Cette jeune Emma n'était en effet qu'un leurre dans le plan monstrueux orchestré par un certain Youssouf Fofana qui a décidé de kidnapper des juifs pour leur soutirer de l'argent parce qu'ils sont « riches et qu'ils se serrent les coudes ». Un crime à la fois antisémite et crapuleux, qui se mue peu à peu en quelque chose de plus insupportable encore. Le film montre comment l'enfer commence pour les Halimi en ce mois de janvier. Durant 24 jours, sa famille se fait harceler par le gang qui multiplie les appels et les insultes téléphoniques. Ils ignorent ce qui est arrivé à Ilan (torturé de manière indéfinissable pendant toute la durée de sa séquestration) et sont aussi impuissants que terrifiés, alors ils écoutent la police aveuglement en espérant que cela permette de sauver Ilan. Mais à quel prix ?

L'horrible vérité

On pourrait être dans un polar à suspense, avec happy end de circonstance en prime, mais il n'en est rien. Alexandre Arcady se contente d'adapter le livre auto-biographique écrit par la mère d'Ilan, Ruth Halimi, et s'applique à reconstituer le plus précisément possible l'affaire, mettant en relief le point de vue de la mère d'Ilan. « Je voudrais que la mort d'Ilan serve à donner l'alerte », explique-t-il sobrement. Pour cela, il a choisi un atout phare, l'actrice Zabou Breitman qui incarne à la perfection cette mère dévouée, discrète, pieuse et anéantie par la perte de son enfant. Impossible de ne pas être en communion avec elle.

Quant à ceux qui suspectent le film d'une quelconque propagande, non seulement il n'en est rien, mais surtout, 24 jours, la vérité sur l'affaire Ilan Halimi s'impose comme un film universel qui provoque un choc émotionnel salutaire. Une adaptation à bout portant dont il est difficile de sortir indemne.
 
Cynthia

 
 
 
 

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