Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Tanta agua


/ 2013

16.07.2014
 



EAU RAGE, EAU DÉSESPOIR





"Qui aimerait se baigner sous la pluie ?"

La pluie, personnage à part entière de Tanta agua, est le gag récurrent du film. A la piscine, pendant une visite touristique ou en voiture, les trombes d’eau qui se déversent du ciel suffisent à donner aux vacances familiales des trois personnages une tonalité quasi absurde, visuellement très réussie. Les scènes courtes, souvent dénuées de dialogues, ressemblent à des instantanés ironiques sur la fatalité des vacances ratées. Et quoi de pire, pour une famille qui a du mal à se comprendre, que de se retrouver cloitrés dans un bungalow trop petit, à tuer désespérément le temps en attendant secrètement de rentrer chez soi ?

Entre désœuvrement et incommunicabilité, complicité et désir d’émancipation, cette chronique douce-amère raconte avec beaucoup de subtilité l'ambivalence des rapports familiaux. Confrontée à la situation ubuesque d’un huis clos pluvieux, la cellule familiale apparaît en effet comme tour à tour étouffante et rassurante, exaspérante et tendre, à la fois carcan dont on veut se défaire et havre de paix où trouver le réconfort.

Ainsi, au fil des rencontres et des "aventures" qu’ils traversent, les trois protagonistes finissent par porter un regard différent sur les deux autres. Cela se joue surtout entre le père et sa fille adolescente auxquels le récit s’intéresse plus particulièrement, et qui partagent de très beaux moments de complicité simple autour d’une partie de pêche ou du vol d’une paire de lunettes de soleil. Tout est ténu, parfois épars, mais empli d’énergie et de tendresse.

Seule la dernière partie de l’histoire, plus classique, sur les affres des amours adolescentes, semble perdre un moment de vue le fil directeur de l’intrigue. Cette parenthèse dans la relation centrale entre Lucia et son père donne l’impression d’épouser le cours de la vie, qui éloigne et rapproche les êtres au fil des situations et du temps. Elle vient rappeler discrètement que l’équilibre, comme les périodes de crise, est toujours passager. Entre deux averses, ne fait-il pas beau ?
 
MpM

 
 
 
 

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