Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



Adults in the Room
Amour-eux
And then We Danced
Furie
J'ai perdu mon corps
L'audition
L'instant infini
La belle époque
le char et l'olivier
Le monde animé de Grimault
Le voyage dans la lune
Le voyage du pèlerin
Midway
Place des victoires
Princes et vagabonds
Une Colonie
Vitis Prohibita



Un jour de pluie à New York
Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
La cordillère des songes



Once Upon a Time... in Hollywood
La vie scolaire
Les hirondelles de Kaboul
Ad Astra
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha
La bonne réputation
Maléfique 2: le pouvoir du mal
Martin Eden
Matthias & Maxime
Queens
Abominable
5 est le numéro parfait
Hors normes
Au bout du monde
Sorry We Missed You
Le Traître
Retour à Zombieland
Mon chien stupide
The Laundromat
Un monde plus grand






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Bébé Tigre


France / 2014

14.01.2015
 



BABY LONE





« - J’étais tombé en scooter l’autre jour.
- Ouais, c’est ça. Et moi je suis Rihanna.
»

Bébé Tigre n’a rien de candide malgré son titre. Ce premier long métrage de Cyprien Val sonne plutôt comme la perte de l’innocence. Le plongeon dans le grand bain. Celui du réalisateur comme celui de son personnage principal. Film réaliste et social en apparence, Bébé Tigre nous emporte pourtant dans son dynamisme, engendré par une mise en scène énergique, une bande son magnifique et un acteur principal irrésistible.

L’atmosphère n’incite pourtant à aucun optimisme. Les conditions de vie d’un immigré clandestin amènent davantage la dureté que l’action. Mais ce mineur du Penjab, sans papiers, a l’occasion de s’intégrer, seul, loin des siens, dans un monde complètement étranger. Lycéen de la Cour de Babel, il assimile doucement les us et coutumes de son pays d’accueil tout en essayant de ne pas renier sa culture d’origine. En se scindant en deux, il prend le risque d’être nulle part. Ni étudiant promis à ses rêves d’emploi dans les chemins de fer, ni fils devant envoyer de l’argent à ses parents, ni même employé au noir s’affirmant progressivement comme homme de confiance. Il lui faudra faire un choix. Arrêter la spirale infernale qui l’a conduit dans une série d’impasses. Ce jeune homme est piégé parce qu’il ne veut pas faire de choix, parce qu’il ne peut pas vivre sa vie comme il l’entend. Il lui faut un bac général et de l’argent et ne pas perdre son honneur. De la difficulté d’être déraciné, le cinéaste parvient à faire le portrait d’un jeune homme qui se fout du code du travail, enrage des absurdités administratives, et aspire à une meilleure vie.

De quoi créer de nombreuses situations dramatiques et même une tension dans un récit qui n’en demandait pas tant. Mais pour le spectateur, le résultat est un régal. Car c'est aussi un film engagé, derrière son récit à la fois romanesque et social. Avec un regard véritable sur la jeunesse immigrée qui ne demande qu'à être reconnue et respectée, sans naïveté et avec réalisme, Cyprien Val construit son film comme un suspense social, où l'émotion est loin d'être absente. Il a trouvé en Harmandeep Palminder, jeune garçon fascinant à la beauté magnétique, un acteur idéal pour incarner l'ambivalence des situations, subies ou choisies. L’acteur transcende ce film, parfaite photographie d’une France métissée et travailleuse, rigide et précaire. En 87 minutes tout est dit, montré. La musique, grisante, donne des accents contemporains punchy à ce récit moderne et universel.

Gravitent autour des personnages secondaires empathiques, des bandes de filles (mention particulière à la petite amie), de gars, des bobos et des requins. Pas étonnant que le personnage masculin bascule d’un mur (La France) à l’autre (sa majorité approchante), se cognant aux règles des uns, aux lois des autres. Il déraille, s’isole. Au fil du film, le réalisateur privilégie l’émotion à la tension, la détresse à l’espoir. Entre justice et trahison, le dilemme cornélien du final s'achève et nous convainc. L’histoire est déjà vue, mais la manière dont il la raconte, dont il filme cette jeunesse, ces quartiers agités par les jobs invisibles, ce cosmopolitisme démographique, est suffisamment personnelle pour que le point de vue nous séduise.

Cyprien Val a réalisé une excellente réponse à ceux qui croient que la France est en train de suicider. Son Bébé Tigre, sans griffures ni morsures, montre bien par sa seule force à quel point le pays est empli de vitalité.
 
vincy

 
 
 
 

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