Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

Best LawyersNewyork Lawyers




Be Natural
Bitero
Canción Sin Nombre
D'égal à égal
De Gaulle
Ducobu 3
Green Boys
Invisible Man
J'irai décrocher la lune
Kongo
L'esprit de famille
La bonne épouse
La communion
La petite taupe aime la nature
Le capital au XXIe siècle
Les visages de la victoire
Mickey and the Bear
Mon nom est clitoris
Mosquito
Nous les chiens
Pappi-sitter
Radioactive
Si c'était de l'amour
Sonic le film
The Demon Inside
The Great Green Wall
The Hunt
Trois étés
Une sirène à Paris
Visions chamaniques
Where is Jimi Hendrix?
Woman



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 22

 
Bébé Tigre


France / 2014

14.01.2015
 



BABY LONE

Le livre Bye Bye Bahia



« - J’étais tombé en scooter l’autre jour.
- Ouais, c’est ça. Et moi je suis Rihanna.
»

Bébé Tigre n’a rien de candide malgré son titre. Ce premier long métrage de Cyprien Val sonne plutôt comme la perte de l’innocence. Le plongeon dans le grand bain. Celui du réalisateur comme celui de son personnage principal. Film réaliste et social en apparence, Bébé Tigre nous emporte pourtant dans son dynamisme, engendré par une mise en scène énergique, une bande son magnifique et un acteur principal irrésistible.

L’atmosphère n’incite pourtant à aucun optimisme. Les conditions de vie d’un immigré clandestin amènent davantage la dureté que l’action. Mais ce mineur du Penjab, sans papiers, a l’occasion de s’intégrer, seul, loin des siens, dans un monde complètement étranger. Lycéen de la Cour de Babel, il assimile doucement les us et coutumes de son pays d’accueil tout en essayant de ne pas renier sa culture d’origine. En se scindant en deux, il prend le risque d’être nulle part. Ni étudiant promis à ses rêves d’emploi dans les chemins de fer, ni fils devant envoyer de l’argent à ses parents, ni même employé au noir s’affirmant progressivement comme homme de confiance. Il lui faudra faire un choix. Arrêter la spirale infernale qui l’a conduit dans une série d’impasses. Ce jeune homme est piégé parce qu’il ne veut pas faire de choix, parce qu’il ne peut pas vivre sa vie comme il l’entend. Il lui faut un bac général et de l’argent et ne pas perdre son honneur. De la difficulté d’être déraciné, le cinéaste parvient à faire le portrait d’un jeune homme qui se fout du code du travail, enrage des absurdités administratives, et aspire à une meilleure vie.

De quoi créer de nombreuses situations dramatiques et même une tension dans un récit qui n’en demandait pas tant. Mais pour le spectateur, le résultat est un régal. Car c'est aussi un film engagé, derrière son récit à la fois romanesque et social. Avec un regard véritable sur la jeunesse immigrée qui ne demande qu'à être reconnue et respectée, sans naïveté et avec réalisme, Cyprien Val construit son film comme un suspense social, où l'émotion est loin d'être absente. Il a trouvé en Harmandeep Palminder, jeune garçon fascinant à la beauté magnétique, un acteur idéal pour incarner l'ambivalence des situations, subies ou choisies. L’acteur transcende ce film, parfaite photographie d’une France métissée et travailleuse, rigide et précaire. En 87 minutes tout est dit, montré. La musique, grisante, donne des accents contemporains punchy à ce récit moderne et universel.

Gravitent autour des personnages secondaires empathiques, des bandes de filles (mention particulière à la petite amie), de gars, des bobos et des requins. Pas étonnant que le personnage masculin bascule d’un mur (La France) à l’autre (sa majorité approchante), se cognant aux règles des uns, aux lois des autres. Il déraille, s’isole. Au fil du film, le réalisateur privilégie l’émotion à la tension, la détresse à l’espoir. Entre justice et trahison, le dilemme cornélien du final s'achève et nous convainc. L’histoire est déjà vue, mais la manière dont il la raconte, dont il filme cette jeunesse, ces quartiers agités par les jobs invisibles, ce cosmopolitisme démographique, est suffisamment personnelle pour que le point de vue nous séduise.

Cyprien Val a réalisé une excellente réponse à ceux qui croient que la France est en train de suicider. Son Bébé Tigre, sans griffures ni morsures, montre bien par sa seule force à quel point le pays est empli de vitalité.
 
vincy

 
 
 
 

haut