Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



Countdown
Graines de ronds-points
J'accuse
J'aimerais qu'il reste quelque chose
Koko-di Koko-da
L'âme du vin
Le bel été
Le Mans 66
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Noura rêve
Océan
Pères et impairs
Prendre soin
Rendre la justice
Zibilla ou la vie zébrée



Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
La cordillère des songes
Et puis nous danserons
J'ai perdu mon corps
La belle époque
Le monde animé de Grimault



Once Upon a Time... in Hollywood
La vie scolaire
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Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
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Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha
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Maléfique 2: le pouvoir du mal
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5 est le numéro parfait
Hors normes
Au bout du monde
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Retour à Zombieland
Mon chien stupide
The Laundromat
Un monde plus grand
Une Colonie
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Suite française


USA / 2014

01.04.2015
 



UN VILLAGE FRANÇAIS





« On a perdu la guerre, pas nos femmes ».

Suite française, adaptation du roman inachevé d’Irène Némirovsky (et publié 62 ans après sa mort en déportation) est une tranche de vies dans un morceau d’Histoire : la France occupée, avec ses résistants (rares), ses collabos, ses Justes et ses soumis. Le film est hélas loin d’être convaincant, et vire à la caricature du drame historique, notamment avec l’abus de voix off étouffant toute tentative émotionnelle. Suite française, il y a cependant quelques éléments intéressants, plus ou moins bien exploités. Souvent seules (les hommes sont au front), les femmes résistent mal à la tentation de soldats nazis torses nus. Les rares mâles franchouillards qui restent sont faibles ou vieux. Ou ces nantis qui se soucient peu de leurs compatriotes et cherchent à tout prix à conserver leurs privilèges en pactisant avec le camp d’en face, nouvelle puissance, sans dilemme. Ou ces jalousies, mesquineries, ragots, dénonciations qui montrent que l’humain est plus souvent bas que grand.

Mais tout cela est enseveli dans une romance impossible entre un nazi mélomane (la musique adoucit la barbarie) et sensible et une française. Alors que Suite française est résolument un film de femmes porté par un message sur la force de l’esprit collectif, le scénario préfère se focaliser sur une résistante qui couche avec l’ennemi. Malgré un rôle formidable, en femme française, Michelle Williams déçoit tant son jeu semble impersonnel, assez fade même, n’est pas à la hauteur face à une Kristin Scott-Thomas, certes égale à elle-même, mais charismatique ; et surtout face à Matthias Schoenaerts, qui, pour le coup, surprend autant qu’il épate avec un personnage nuancé et contrasté.

On peut toujours louer la volonté du cinéaste de ne pas avoir voulu écrire un film binaire, manichéen même. Mais son humanisme est noyé dans une mise en scène trop sage, trop conciliante. Cette impression de voir un vieux film où le récit semble plus télévisuel que cinématographique, ne valorise pas le cadre nauséabond de cette période ni même les contradictions de ceux qui l’ont vécue. La guerre devient presque un théâtre joyeux et folklorique, où la débauche des uns et la misère des autres s’amusent sans se soucier des bombes. Il faut attendre le dernier quart d’heure pour que le film reprenne sa tonalité de film de guerre, de thriller. Ce final tragique et romanesque où l’amour, l’infidélité, l’imprévu se mélangent conduit logiquement à une forme de frustration. Comme si une suite allait être promise au spectateur. Bien sûr, à l’instar du livre, il est inachevé. Mais pourquoi avoir ce sentiment que le film commence au moment où il finit, quand, dans le roman, il nous laissait juste en suspension. Pourquoi, au bout du compte, avoir trahi la fin du livre ?

Cette liaison fatale et charnelle (la guerre et les haines ne peuvent pas résister aux sentiments), entre rivalités et complicités, qui remplit version cinématographique de Suite française aurait fait un très bon livre chez Harlequin : c’est dire le décalage avec le roman originel dont la qualité littéraire n’est jamais ressentie. Le film ne s’avère qu’un album d’images en mouvement.
 
vincy

 
 
 
 

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