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1917 est une prouesse visuelle épatante avec ce faux plan séquence permanent qui suit deux jeunes soldats sur le front entre tranchées et snipers. Succès inattendu, le film de Sam Mendès est aussi parmi les favoris aux Oscars depuis son Golden Globe.



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 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



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Ex Machina


Royaume Uni / 2015

03.06.2015
 



CHANGEMENT DE CODE





L’Homme et la machine. Ce duo romantique –puisque souvent tragique – maintes fois narrés au cinéma depuis Métropolis de Fritz Lang (1927), fascine toujours autant par les potentiels philosophico-narratifs d’une relation entre un créateur et sa créature. Ceci est encore plus vrai depuis l’avènement des programmes informatiques (milieu des années 50) et l’existence de l’I.A (Intelligence Artificielle), machine complexe capable d’exprimer des sentiments et de développer un certain niveau de conscience. Avec Ex Machina, Alex Garland - écrivain (La plage) et scénariste (28 jours plus tard, Sunshine), qui signe ici son premier film - ne s’écarte pas d’une certaine tradition propre à la S-F en nous conviant dans un huis clos où l’étrange se mêle au malsain.

En effet, le réalisateur récite sa leçon mais ose, par moment, se jouer des codes d’un genre en modélisant dans un espace clos les interactions d’un trio original afin de servir, puis de soutenir, la mise en tension d’une histoire volontairement plus proche du thriller gothique que du récit métaphysique. Ce que le film gagne en sensationnel (dans son rapport au dérèglement des consciences, des identités, dans un jeu de masques), il le perd en profondeur d’analyse. Si l’I.A (Ava, jouée par la magnétique Alicia Vikander) n’est pas sacrifiée sur l’autel du roman noir, sa représentation, sexuée au possible, recodifie l’axe initial qui s’arc-boutait sur l’invitation d’une tierce personne (Caleb, brillant codeur de Bluebook interprété par Domhnall Gleeson) chargée de sonder l’« âme » de Ava par le biais d’un dialogue codifié par Nathan, PDG de Bluebook (Oscar Isaac).

Nous pensions alors voir déployer l’hypothèse d’une transgression du naturel vers l’artificiel, reproduction parfaite d’un Moi autonome capable d’émancipation. Ainsi, mais de façon détournée, l’existence d’une validation par le test de Turing est convoquée (celui-ci évalue la capacité d’une I.A à imiter une conversation humaine). Sauf que le cinéaste ne veut expérimenter une telle proposition au-delà de l’esquisse. Il préfère donner le change quant à la finalité d’un long-métrage habile dans l’art de la manipulation. L’affrontement sera psychologique, terriblement humain puisque incertain, jouant sur un même tableau avec les désirs, les frustrations, les peurs et les vérités supposées.

Nous nous rendons rapidement compte qu’il ne s’agit pas de savoir si Ava possède une conscience, mais jusqu’où la folie démiurgique de Nathan l’a poussée à façonner une créature capable de se substituer aux êtres humains. Le mythe de Frankenstein prend possession du cadre pour accréditer l’idée d’un axiome (raisonnement évident non démontrable), seul énoncé capable d’expliciter les dérèglements en marche. Le conte horrifique remplace la fable futuriste. D’ailleurs, pouvait-il en être autrement ? Nathan, en testant simultanément Ava et Caleb dans un pari fou de contrôle absolu, transforme la génétique d’Ex Machina en un maelström incontrôlé de désirs contradictoires, d’obsessions refoulées, de fascination terrifiante.

Sans crier à l’imposture, qui, si elle était avérée, ne nuirait pas au travail formel remarquable de ce premier film, nous voyons poindre avec malice la construction d’un faux-semblant scénaristique capable d’explorer la dimension tragique d’un jeu de dupes révélateur des réelles motivations de Nathan. Plus le film avance plus il s’échappe de la rigueur scientifique, préalable indispensable à toute forme de vérité, même les plus singulières. L’acquis devient l’évidence. La croyance, la force motrice d’un métrage sexué – érotique – nous renvoyant à une codification balisée, même si ambigüe, entre l’homme (prédateur) et la femme (« objet » de la prédation). Les frontières du réel s’estompent dans ce décor claustrophobe composé de caméras, de portes verrouillées et de couloirs inquiétants au profit d’une autre réalité tangible aussi prometteuse qu’effrayante.
 
geoffroy

 
 
 
 

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