Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Hill of Freedom (Ja-yu-eui eon-deok)


/ 2014

08.07.2015
 



L'ART DE LA RÉPÉTITION





Les films de Hong Sang-soo semblent se ressembler un peu tous depuis quelques années : Les Femmes de mes amis en 2010, Oki's Movie en 2011, HA HA HA la même année, Matins calmes à Séoul en 2012, Sunhi en 2014, Haewon et les hommes en 2013… On y voit souvent la configuration d'un triangle amoureux, avec les mêmes figures (un prof de cinéma et deux étudiantes, un réalisateur de cinéma, un critique de cinéma et une femme, etc..) et l’étape d’une romance (une histoire d’amour du passé ou pas encore amorcée), et presque toujours les mêmes décors (les sièges d’un café ou le banc d’un parc). A chaque nouveau film de de Hong Sang-soo, on est déjà dans un terrain connu mais on y explore un autre chemin. Avec Hill of Freedom, le cinéaste prend un chemin de traverse plus inattendu, ce qui rend se révèle la découverte plus intrigante.

Un jeune japonais arrive à Séoul pour retrouver la femme qu’il aime, il s’installe dans une chambre d’hôtes et va y faire différentes rencontres. En parallèle cette femme a reçu plusieurs lettres qu’elle a malencontreusement mélangées, dont le contenu évoque différentes rencontres mais dans le désordre… Le réalisateur Hong Sang-soo est passé maître dans le récit d’une histoire avec plusieurs variations. Cette fois-ci, il nous propose une forme inédite dans sa filmographie. Le déracinement n'est pas nouveau, mais insolite: ce peintre coréen éxilé à Paris de Night and Day ou Isabele Huppert en Corée perdue dans In another country. Ici le narrateur est donc un japonais à Séoul, et pour se faire comprendre, il parle en anglais. L’anglais est en fait la langue parlée dans tout le film (il y a même un personnage américain), au lieu du coréen qui sonne en nous avec le charme d'une langue incompréhensible. Ici l’accent anglais presque basique laisse transparaître un manque d’originalité des dialogues. Ce bémol est contrebalancé par la construction du récit qui repose non seulement sur des ellipses mais aussi des séquences qui ne sont pas chronologiques. Ainsi on apprendra une péripétie à propos d’un petit chien trouvé et rendu à sa maîtresse et ce n’est que plus tard que l’on verra cette scène et ce qui s’est réellement passé.

Une partie de l’histoire est le contenu de nombreuses lettres non datées qui ont été mélangées. Les ellipses narratives permettent autant d’éluder certains détails pour aller de l’avant que des retours en arrière. Hong Sang-soo nous avait habitué à ses différents triangle amoureux avec une malice amusante, s'inspirant de Marivaux. Hill of Freedom est davantage issu d'un jeu à la Rohmer.

Le film est court, 66 minutes, mais avec sa structure de petits chapitres désordonnés il raconte une histoire intense, imprégnée de mélancolie. Dans Hill of Freedom il sera moins question d’amour que de questionnement sur le bonheur, espéré ou manqué. Une phrase en particulier (nous) dira qu'« il faut vivre là où se trouve l’amour». Pour en parler on aura envie de faire comme àr l'écran : se retrouver avec une bouteille de soju dans un café avec un ami.
 
Kristofy

 
 
 
 

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