Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



Countdown
Graines de ronds-points
J'accuse
J'aimerais qu'il reste quelque chose
Koko-di Koko-da
L'âme du vin
Le bel été
Le Mans 66
Le roi d'ici
Little Joe
Noura rêve
Océan
Pères et impairs
Prendre soin
Rendre la justice
Zibilla ou la vie zébrée



Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
La cordillère des songes
Et puis nous danserons
J'ai perdu mon corps
La belle époque
Le monde animé de Grimault



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La vie scolaire
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Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
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La fameuse invasion des ours en Sicile
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Retour à Zombieland
Mon chien stupide
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Une Colonie
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Le Pont des espions (Bridge Of Spies)


USA / 2015

02.12.2015
 



LA LIGNE GRISE





"Voici le premier problème : les noms de vos pays sont trop longs."

Après Il faut sauver le soldat Ryan (1998), Arrête-moi si tu peux (2002) et Le Terminal (2004), Tom Hanks retrouve Steven Spielberg pour un quatrième long-métrage, Le Pont des espions. Avec ce thriller d'espionnage, le réalisateur nous fait faire un petit tour du monde, des États-Unis à la Russie en passant par l'Allemagne. Le tout sur fond de Guerre froide. Un film à l'ancienne, dans le prolongement de Lincoln, sur les vertus de la démocratie et de la constitution américaine, parfois mieux défendues par les individus que par l'administration censée les servir.

Diplomatie et vol de vedette

En 1957 et en pleine Guerre froide, James B. Donovan, un avocat américain, accepte de défendre Rudolf Abel, un espion soviétique en mission sur le sol américain. La crainte des Soviétiques est si grande à l'époque que Donovan est contraint de négocier l'échange d'Abel et Francis Gary Powers, un pilote de la CIA dont l'avion espion a été abattu au dessus de l'URSS, sans aucune aide diplomatique. Sous couvert de ne pas représenter le gouvernement américain tout en étant un émissaire, James Donovan découvre l'envers des négociations internationales.

Pendant 141 minutes, Steven Spielberg filme avec la maîtrise qu'on lui connaît les paysages peu chaleureux de la Russie et de Berlin-Est, auxquels il oppose la chaleur opulente des banlieues américaines, familiales et pleines de sourires. Un chouïa manichéen, le scénario d'origine écrit par Matt Charman a le mérite donner la part belle à tous les gouvernements concernés par cette histoire "inspirée de faits réels". La lâcheté des Américains est mise en avant, l'orgueil des Allemands est pointé du doigt tandis que la fourberie des Soviétiques n'est pas épargnée. Bref, tout le monde en prend pour son grade.

Si James B. Donovan, le personnage que Tom Hanks incarne, a toute notre sympathie, c'est finalement ce prisonnier, Rudolf Abel, qui a lui toute notre attention. Interprété par un Mark Rylance brillant, ce personnage finit par être le centre de tout. Que va-t-il lui arriver ? L'échange va-t-il avoir lieu ? Espionnait-il vraiment pour le compte des Soviétiques ? Va-t-il livrer tous les secrets de son pays ? Autant de questions que le spectateur se pose et qui vont le tenir éveillé jusqu'au bout. Car qu'on se le dise bien, Le Pont des espions est un film long, lent et parfois lourd. Très bien mis en scène et doté d'une photographie proche de la perfection, l'ensemble pourrait en rebuter plus d'un. Mais revenons à nos moutons. Déjà vu dans Deux sœurs pour un roi, Mark Rylance sera le héros du prochain film de Steven Spielberg, Le Bon Gros Géant, dont la sortie est prévue pour 2016.

Faux film d'espionnage pur et dur

Finalement, ce qui surprend dans ce Pont des espions, c'est l'alliance plutôt réussie du comique de situation et de la gravité des faits. C'est la Guerre froide. Fossile historique d'une autre génération. James B. Donovan pourrait être arrêté et tué à tout moment. Parce que son voyage en Europe se fait sans réel parachute, la tension est grande et c'est au cours de ce voyage parfois anxiogène que les frères Coen ont décidé d'insérer leurs meilleures répliques. Car si Matt Charman a écrit les grandes lignes du scénario final, on reconnaît rapidement la patte des réalisateurs de Burn After Reading ou A Serious Man au niveau de l'écriture. Le ton est décalé, les acteurs se parent d'une veine comique impensée et les répliques sont cinglantes. Et cela allège le film ! Malgré la longueur, ces sursauts de bonne humeur détendent le spectateur et lui ferait presque oublier qu'au bout du compte, sur ce fameux pont, la vie de deux hommes se joue.

Si Rudolf Abel est mis au centre de l'intrigue, la place déjà considérable donnée à Francis Gary Powers déplait énormément. Beau gosse américain élevé au maïs et autres pancakes, le personnage que joue Austin Stowell intéresse bien peu. Peu nous importe de savoir s'il va vraiment s'en sortir puisque du début à la fin, sa détention par les Soviétiques est présentée comme un piètre ressort scénaristique. Même le sort du jeune Frederic Pryor a plus d'intérêt ! Et alors que Tom Hanks, décidément digne héritier des grands acteurs humanistes dans la lignée de James Stewart et Henry Fonda, et Mark Rylance sont au top de leur jeu d'acteur, l'interprétation d'Austin Stowell dérange, gêne, agace. Ses rôles dans Whiplash et Ma vie avec Liberace ne nous ont pas fait oublier ses passages plus que médiocres dans des séries telles que La Vie secrète d'une ado ordinaire, 90210 Beverly Hills ou encore NCIS : Los Angeles. Il n'élève pas le film, bien au contraire.

Trois ans après le très bon Lincoln (deux Oscars et un BAFTA), Steven Spielberg nous revient donc avec un nouveau film historique, explorant les lignes grises du système américain. Techniquement maîtrisé, Le Pont des espions traîne en longueur et a tendance à plomber le moral du spectateur qui, bien que fan du réalisateur, aura oublié de "checker" la durée du film. Malgré des dialogues bien ficelés et des plans sublimes, l'ensemble est desservi par un scénario manichéen dans lequel Tom Hanks est encore et toujours le sauveur, le héros, bref l'homme de la situation !
 
wyzman

 
 
 
 

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