Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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Kill Your Friends


Royaume Uni / 2015

02.12.2015
 



ASSASSIN’S GREED





« Signer un disque peut te coûter ton job.»

Coke, alcool, music and business. Ou American Psycho dans le royaume du disque. Kill Your Friends est une comédie noire, bourrée de tics, parfois vaine, mais réjouissante. Car aux stups, aux cocktails, au cul (plan uro inclus) et au fric, s’ajoute un cynisme assumé et des meurtres aux limites du gore. La fin justifie n’importe quels moyens, du complot au crime au chantage, de la manipulation à l’immoralité.

Rien de neuf dans le genre. Effets visuels, cut et voix off, interpellation du spectateur. Danny Boyle a déjà filmé tout ça, parfois avec inspiration. De Brett Easton Ellis à Nick Hornby, on retrouve ce ton acide sur une époque contemporaine qui rend les monstres fascinants. « Unleash Your Monster »…

L’immersion dans l’industrie du disque, à son âge d’or, quand on claquait du fric sans compter, et son système broyeur ultra-libéral, apparaît alors comme étant l’élément différenciant. C’est presque regrettable quand le scénario quitte cette exploration d’un monde sans foi ni lois. Entre quête du tube qui tue et recherche de nouvelles stars, enrôlement de crétines pour un girls-band tendance et négociation avec un groupe trendy en vogue, cette partie du film mérite le détour et explique comment cette arrogante et dépensière industrie a coulé quelques années plus tard. Chronique d’une mort d’un métier, entre débauche et décadence.

Par conséquent, tout est excès. Normal dans un monde si vulgaire. Il y a bien un ralentissement du rythme au milieu du film, après un démarrage en trombe. Impossible de tenir sur ce tempo. Tout comme Kill Your Friends reste trop superficiel par moments, se complaisant dans quelques maniérismes clipesques. Le scénario patine aussi quand il faut faire le lien entre toutes les intrigues avant le dénouement final. Mais heureusement, il y a le Hoult’s Show.

Nicholas Hoult est aussi convainquant en sexy boy (slip de bain, boxers Calvin Klein, on n’est pas regardant) qu’en assassin (à coups de trophées). On ne le dira jamais assez : la drogue c’est mal. Mais il tient son personnage de bout en bout. Insupportable, arriviste, séducteur, vaniteux, il s’offre une déprime, non pas par culpabilité, mais par peur de se faire chopper et virer. C’est quand il se sent piéger, quand ça se complique entre une assistante ambitieuse, un flic véreux mais malin, un nouveau patron plus doué que lui et quelques morts dans son placard que l’acteur offre quelques variations à son personnage épouvantable (mais toujours classe et souriant : le Diable s’habille en costard italien).

Evidemment, tout cela est dans l’air du temps. La forme comme le fond. On n’est pas loin de la parabole si on tranpose l’histoire dans le système économique actuel ou un jeu de reality-show. Ce n’est qu’un miroir, flatteur, sensationnel, déformant, qu’on nous tend sur notre « civilisation ». On reprochera un relâchement dans la nervosité, un manque de profondeur, un abus de clichés. Kill Your Friends, pourtant, si on gratte un peu la surface de sa belle image, est un portrait assez juste sur l’animalité de l’homme dans son milieu actuel. Pour preuve cette ultime séquence, ironique et glaçante, où l’on comprend que ces monstres, à défaut de se reproduire (ça partouze, mais avec capotes), savent transmettre leurs vices. Film sans moral ? Au contraire : on aura bien compris la leçon. Tout ce qu’il ne faut pas faire c’est ce que cet ante-christ, cet anti-héros, fait.
 
vincy

 
 
 
 

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