Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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Night Fare (Night Fare)


France / 2015

13.01.2016
 



TAXI SLASHER





Un chauffeur de taxi autant silencieux que hargneux va poursuivre deux jeunes hommes descendus de sa voiture sans payer la course. Les dettes se paient toujours, et le compteur ne s’arrête pas de tourner… Le réalisateur Julien Seri est de retour à la conduite d’un film en forme de slasher sous influences tordues.

Le ‘film de genre’ français aurait comme réputation d'être rarement réussi faute de moyens, de ne jamais faire de succès en salles faute d’interdiction aux moins de 16 ans… Tout de même, chaque année quelques films sortent du lot pour rester dans les mémoires de fans du genre. Des films aussi différents les uns des autres tels À l'intérieur de Alexandre Bustillo et Julien Maury, La Horde de Yannick Dahan et Benjamin Rocher, Captifs de Yann Gozlan, La Traque de Antoine Blossier. Ils sont, malgré certains détracteurs, des propositions singulières.
Bien des réalisateurs ont été appelés à travailler avec des productions américaines ensuite, comme Alexandre Aja après Haute Tension, Louis Leterrier après Le Transporteur, Xavier Gens après Frontiere(s), Pascal Laugier après Martyrs… Pour cette année 2015 certains de leurs aînés se sont égarés dans des remakes pas drôles de comédies ; Jean-François Richet dans Un moment d’égarement à faire grimacer François Cluzet et Florent Emilio-Siri perdu avec Franck Dubosc dans Pension Complète… Il y a eu tout de même Enragés de Eric Hannezo passé quasi-inaperçu (autant à Cannes que lors de sa sortie en salles) et Dealer de Jean-Luc Herbulot et Dan Bronchinson diffusé uniquement en vod.

Ces ingrédients qui font mauvais genre (des combats, des cascades en voiture, des psychopathes…) sont appréciés dans les films américains ou asiatiques, et ils devraient aussi avoir leur place dans le cinéma français : Night Fare ne partage rien d’autre qu’une proposition audacieuse de cinéma autour de cette idée.

Julien Seri revient de loin, il avait même hésité à arrêter un peu le cinéma avant que ce projet de Night Fare ne lui redonne l’envie de filmer, soutenu par une campagne de crowfunding sur internet pour compléter son budget. Il s’était fait débarqué de son film Yamakazi (remplacé par Ariel Zeitoun) mais il en réalisera une autre version ensuite Les fils du vent, avant de s'imposer sur le film Scorpion (aux dépends de Sylvie Verheyde). Il est donc de retour avec cette histoire de deux jeunes hommes qui partis en courant d’un taxi sans le payer et poursuivis par son redoutable et brutal conducteur…

A priori rien de follement original avec une voiture menaçante façon John Carpenter (Christine), une silhouette effrayante de tueur dont on ne voit pas les yeux façon Alexandre Aja (Haute tension), une traque stressante façon Spielberg (Duel), des ambiances nocturnes façon Nicolas Vending Refn (Drive).
Cependant on est moins dans l’imitation et plutôt dans l’hommage. Plusieurs séquences de Night Fare semblent ainsi satisfaire notre envie d’être replongé dans ce type de films tout en déjouant nos attentes avec plusieurs rebondissements inattendus. Ici, on se retrouve d’abord en terrain connu (héros chassé par un psychopathe) mais, progressivement, on découvrira que se joue quelque chose de plus subtil. La mise en place des personnages est assez laborieuse avec un anglais (Jonathan Howard) qui revient à Paris retrouver son ex-amoureuse (Fanny Valette, dans un rôle passif) en couple avec son meilleur ami (Jonathan Demurger), le trio partant pour une soirée de fête. Il faut attendre que les deux types aillent continuer leur nuit dans un autre lieu pour qu'enfin ils se retrouvent dans ce taxi qu’ils vont quitter sans payer, mais le chauffeur de taxi à leurs trousses ne les quittera plus… Une certaine violence va alors germer de manière graduelle, avec quelques situations-clichés trop rabattues mais des moments salement jouissifs.

Qu’importe la crédibilité de l’histoire racontée, Julien Seri préfère probablement l’incrédulité de la façon dont elle est montrée : on se laisse volontiers emmener par une certaine maestria visuelle, enrichie d’une ambiance musicale très réussie, et par son ‘méchant’ très iconique. La narration de Night Fare est conduite avec de multiples virages (la notion de ‘personnage principal’ glisse de l’un à l’autre…) pour aller vers une sortie de route très surprenante.

Julien Seri a réalisé ce qui devait être un vilain thriller, convoquant toute une imagerie d’autres films cultes, mais son sens stylisé de la mise en scène a fait de ce film une belle bombe à retardement : Night Fare provoque un certain impact que l’on a plaisir à goûter. Le film circule d’ailleurs de festival en festival avec un écho grandissant (Festival fantastique de Strasbourg, le Festival Sitges en Espagne, le FrightFest de Londres, même un Prix du Meilleur Film au Mile High Horror Festival de Denver…), et il faut se féliciter d’une sortie au cinéma sur grand écran (plutôt qu'en e-cinéma).
 
Kristofy

 
 
 
 

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