Wild Rose n'est pas seulement le film qui aura révélé Jessie Buckley. Entre réalité (sociale) et rêve (musical), le film est une pépite qui charme et enchante. Parfaits pour l'été.



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Kong: Skull Island


USA / 2017

08.03.2017
 



GARE AU GORILLE !





«- L’essentiel n’est pas de savoir où il boit mais s’il tient l’alcool.»

L’intention est visible. Après un film original bourré de charmes, un remake glamour et un autre signé Peter Jackson plus spectaculaire, ce reboot de King Kong, mythique héros du 7e art, est un mix dans l’air du temps. Plus proche de Jurassic Park, avec sa myriade de monstres sortis de la préhistoire, le film autour de ce Gorille géant, cousin de Godzilla, fait écho à La Planète des singes, avec ses expériences scientifiques, sa guerre entre nature et civilisation, son héroïsme brutal mais impitoyable pour l’Homme massacreur de l’environnement, et surtout son épilogue qui appelle à d’autres suites.

Ainsi, comme pour Godzilla, on revient aux origines, lors de la seconde guerre mondiale, de la découverte par hasard de Kong, pour arriver en un générique habilement monté aux années 1970 à la fin de la guerre du Vietnam. Car la première chose qu’on retient, c’est la liberté que prend le scénario avec l’histoire originelle : ici, pas d’années 1930 ou de transposition contemporaine, pas d’exil à New York, pas de primate amoureux d’une jolie blonde. Kong est le roi d’une île mystérieusement hors radar, où l’on va être enfermé durant les trois quarts du film. Il est le protecteur d’un écosystème où le pire monstre n’est pas lui-même mais des rampants dinosauresques d’un autre âge. Fini donc le tournage en zone exotique, l’exhibition dans un théâtre de Broadway et l’ascension de l’Empire State Building.

Il reste quand même la séquence de la bataille aérienne, premier grand morceau de bravoure des spécialistes en effets spéciaux (dont le travail sera glorifié par le match final, qui là encore fait écho au round fatal du dernier Godzilla). On est au croisement de King Kong et d’Apocalypse Now.

Du grand spectacle

Rien de très original, mais le divertissement est scotchant. Il y a ce qu’il faut de morts surprises, de tension extrême et de paysages numériquement splendides.

Malheureusement, si Kong semble dépourvu d’une vraie personnalité, presque attachante malgré sa sauvagerie compréhensible, les humains du film sont inexistants. Comme des personnages de jeu vidéo perdus dans Lost. Au mieux, les acteurs incarnent des stéréotypes maintes fois vus dans le cinéma hollywoodien, avec les soldats qui se vannent, le gradé emporté par un délire vengeur, le rescapé devenu écologiste et ethnologue malgré lui. Au pire, ils n’existent pas. Ils n’ont rien à jouer, rien à dire, rien à transmettre. Tom Hiddleston est une parfaite potiche qui joue les James Bond dans la jungle, accent compris, aussi mutique qu’impassible en toutes circonstances. Il n’exprime aucun sentiment. Sa froideur et cette distance le rendent étranger à l’aventure, même si on mesure très vite sa capacité à en être le héros. Seule Brie Larson apporte finalement une touche d’originalité et d’humanité, en photographe intrépide.

Ces personnages si inhabités, si inexistants plombent le film, qui devient alors un simple divertissement (certes réussi dans le genre). Il manque une profondeur, un ton et même une cohérence (les années 70 avec un mercenaire et une féministe auraient pu donner un sous-texte plus érotique ou « libéré », au lieu de quoi c’est une relation amicale, pudique et terriblement platonique qui ne fera vibrer personne). A ce titre, le trio « familial » composé par James Franco/Freida Pinto/le singe Caesar dans Rise of the Planet of the Apes était bien plus passionnant.

Mécanique connue

La mise en scène est à la même enseigne : bourrée de références (avec de jolis hommages aux Spielberg, Stone, Coppola, Cameron, Jackson etc…) mais sans signature particulière. Une belle maîtrise, doublée d’une esthétisme intéressant, qui ne permet pas à Kong: Skull Island de se distinguer. Le cast est United Colors of Benetton, les séquences majeurs ponctuent régulièrement le script comme prévu, la dialectique scientifiques/militaires, pacifistes/belliqueux sauvent les uns et tuent les autres. On frise parfois le ridicule (l’explication scientifique de Skull Island est à dormir debout) le burlesque (l’épilogue tournée à la caméra super 8) ou l’horreur pure (la fourmi géante), ou le mélange des trois (le monstre qui vomit une de ses victimes).

Pour le reste, ça fait l’affaire. Kong est toujours King, même au milieu des enfers, entre attaque au Napalm, survie façon Predator et géants sortis de Jules Verne. Certaines séquences sont impressionnantes (la bataille avec le poulpe, le match ultime des deux titans), avec ce qu’il faut de violence et de réalisme. Au-delà du carnage parfois répugnant, du message environnementaliste, du « modernisme » insufflé par une Belle qui se défend mieux que les bêtes, ce Kong remplit son contrat en sensations. Dommage qu’il manque un peu de signification. Comme si, à l’image de Jurassic World, le blockbuster devait être juste un jeu vidéo par étapes (éliminatoires) ou une attraction qui vide la tête.
 
vincy

 
 
 
 

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