Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



Betty Marcusfeld
Cervin, la montagne du monde
Chambre 212
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
Joker
La fameuse invasion des ours en Sicile
La grande cavale
Nos défaites
On va tout péter
Papicha
Pour Sama
Quelle folie
Soeurs d'armes
Tout est possible



Parasite
Le Roi Lion
Une Fille facile
Viendra le feu
Deux moi
Un jour de pluie à New York
Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie



L'œuvre sans auteur
Comme des bêtes 2
Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Once Upon a Time... in Hollywood
Perdrix
Playmobil, le film
Une grande fille
Roubaix, une lumière
Thalasso
Les Baronnes
Late Night
Hauts perchés
Frankie
La vie scolaire
Fête de famille
Les hirondelles de Kaboul
Liberté
Jeanne
Music of My Life
The Bra
Tu mérites un amour
De sable et de feu
Ad Astra
Trois jours et une vie
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man






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La passion Van Gogh (Loving Vincent)


Royaume Uni / 2016

11.10.2017
 



PORTRAIT AU MYSTÈRE ÉVENTÉ





"Vous êtes si obnubilé par sa mort, mais que savez-vous de sa vie ?"

Donner vie à la peinture de Van Gogh, telle est l’ambition clairement affichée par Dorota Kobiela et Hugh Welchman qui ont réuni 115 peintres pour réaliser (à la peinture à l'huile, suite à un procédé de rotoscopie) les 65 000 images nécessaires à la fabrication du film. Le résultat est une splendeur visuelle dans laquelle s’animent des tableaux parmi les plus célèbres au monde, de la Nuit étoilée au portrait du docteur Gachet en passant par les meules de foin ou l’autoportrait aux tons bleus. Les personnages prennent vie, les couleurs explosent, et les coups de pinceau parachèvent l’impression d’être face aux œuvres originales.

La réussite formelle est ainsi indéniable, et même assez époustouflante, tant on retrouve le travail singulier du peintre dans la composition et la tonalité chromatique des plans. Cela crée bien sûr un jeu de connivence avec le spectateur, qui s’amuse à reconnaître les tableaux dans les scènes animées, et les portraits originaux dans les protagonistes - de manière un peu systématique, peut-être.

On peut d'ailleurs déplorer que le duo de réalisateurs n’ait pas eu entièrement confiance dans son sujet, et se soit cru obligé d’accompagner cette évocation brillante d’une intrigue assez artificielle. La quête du personnage principal, Armand Roulin, sert donc de prétexte à ramener le film sur le terrain plus confortable du biopic traditionnel, avec souvenirs de jeunesse et moments clefs de son existence. Réalisés en noir et blanc, ces flashbacks se distinguent un peu maladroitement du reste du film. Ils ont une fonction purement « éducative », pour ne pas dire didactique, et laissent de ce fait peu d’espace au spectateur.

Même chose, en pire, avec l’enquête presque policière qui amène le personnage principal à s’interroger sur les conditions de la mort de Van Gogh. Meurtre ou suicide ? Là encore, la question sert de prétexte à une interminable succession de rencontres et de témoignages qui finissent par se répéter très mécaniquement. Certes, si l’on n’est pas familier de la vie de Van Gogh, on apprend plein de choses sur le peintre, mais ce côté ultra-pédagogique renvoie le film à une forme trop classique de biographie forcément édifiante pour celui qui la regarde. Sans doute aurait-on aimé que le film ménage plus de respirations, plus de creux à remplir à sa guise par le spectateur, au lieu de ce chemin ultra balisé qui ne cadre pas tout à fait avec l’idée que l’on se fait de la passion.
 
MpM

 
 
 
 

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