Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



Countdown
Graines de ronds-points
J'accuse
J'aimerais qu'il reste quelque chose
Koko-di Koko-da
L'âme du vin
Le bel été
Le Mans 66
Le roi d'ici
Little Joe
Noura rêve
Océan
Pères et impairs
Prendre soin
Rendre la justice
Zibilla ou la vie zébrée



Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
La cordillère des songes
Et puis nous danserons
J'ai perdu mon corps
La belle époque
Le monde animé de Grimault



Once Upon a Time... in Hollywood
La vie scolaire
Ad Astra
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha
La bonne réputation
Maléfique 2: le pouvoir du mal
Martin Eden
Matthias & Maxime
Queens
Abominable
5 est le numéro parfait
Hors normes
Au bout du monde
Sorry We Missed You
Le Traître
Retour à Zombieland
Mon chien stupide
The Laundromat
Un monde plus grand
Une Colonie
Adults in the Room






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Laissez bronzer les cadavres


France / 2017

18.10.2017
 



L’ÉTRANGE COULEUR DE L'OR DE TON CORPS





« Je n’aime pas les flics. Je n’aime pas la société. »

Après l'expérience intense de leur deuxième long métrage (L'étrange couleur des larmes de ton corps), Hélène Cattet et Bruno Forzani avaient envie de travailler sur un projet moins personnel, et donc moins impliquant émotionnellement (voir notre interview de 2014). C'est ainsi qu'est née l’idée d’adapter Laissez bronzer les cadavres, le roman de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid (publié dans la collection Série noire en 1971) qui raconte les suites d'un braquage qui tourne au règlement de compte. Pas question pour autant pour le duo de renoncer à son identité visuelle et à son univers de prédilection, celui d'un cinéma ultra-sensoriel, bourré d'audaces esthétiques, qui affirme son style et sa vision avant même de raconter une histoire. Très gros plans, montage ultra découpé, touches de couleurs vives... c'est un festival d'effets de mise en scène et d'expérimentation formelle, mis au service d'un récit lui-même bourré de rebondissements et de changements de perspective. Quelque part à la frontière du western, du polar et du giallo italien, avec geysers de sang, imagerie érotique, attente lourde et séquences solaires et moites.

Le film est ainsi violent et drôle, mais aussi froid et crépusculaire, pas franchement optimiste dans son exploration des tréfonds de l'âme humaine. Les personnages se la jouent solo, obsédés par l'argent et la vengeance, prêts à trahir ou tuer à la première occasion, obsédés par l'argent et la vengeance. Toute l'intrigue se résume d'ailleurs très vite à un immense jeu de massacre, sorte de chasse à l'homme statique et perverse où chacun est à la fois proie et bourreau.

Les réalisateurs renforcent cette sensation en confinant l'action en un lieu unique qui propose différents espaces aux ambiances distinctes (une sorte de marque de fabrique de leur part). Ils jouent ainsi sur la manière dont les lieux communiquent entre eux, avec recoins et passages secrets, extérieurs inondés de soleil et intérieurs plongés dans l’obscurité, zones protégées et passages à découvert… Cette géographie précise et labyrinthique, parfaitement exploitée par la mise en scène, est comme une spatialisation de l’état d’esprit trouble des protagonistes, entre mensonges et secrets, déloyauté et liens inavoués.

Laissez bronzer les cadavres s’avère ainsi plus narratif et plus accessible que leurs œuvres précédentes, perdant d’une certaine manière en mystère et en intensité ce qu’il gagne en compréhension et en linéarité. Toutefois, il s’agit d’une tentative plutôt réussie de transcrire à l’écran ce que fut le style Bastid / Manchette à la littérature noire. En effet, comme le souligne Doug Headline, le fils de Jean-Patrick Manchette, «les adaptations précédentes des romans de mon père ont été banalisées et traitées sur un mode conventionnel, comme le tout-venant des films policiers d’hier et d’aujourd’hui. A l’opposé, la grande originalité de l’écriture cinématographique d’Hélène Cattet et Bruno Forzani se joue des conventions et apporte du coup un résultat sensoriel inédit. » Joyeusement iconoclaste, donc, avec la bénédiction des ayant-droits qui plus est.
 
MpM

 
 
 
 

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