Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Jalouse


France / 2017

08.11.2017
 



DEPRESSION ORAGEUSE





Les frères Foenkinos, l’écrivain David et le casteur Stéphane, poursuivent leur étude cinématographique de femmes au bord de l’abime. Après le deuil dans La délicatesse, ils explorent la dépression dans Jalouse. Le principe est à peu près similaire : une femme cérébrale, oubliant ses émotions, rejetant son corps, est confrontée à une souffrance intime suite à un événement (la mort de son fiancé dans le premier, les 18 ans et la jeunesse insolente de sa fille dans le deuxième). Femme au bord de la crise de nerfs qui, ici, part en vrille en devenant aigrie, envieuse, sans filtre, et s’isole ainsi de ses proches qui ne la comprennent plus.

Jalouse raconte la période de « transit » d’une mère possessive, d’une ex remplacée, d’une prof passionnée, d’une quinquagénaire pré-ménopausée, d’une femme seule qui doit passer le cap, lâcher du lest, vivre pour elle et non plus en fonction des autres. Le parcours est assez classique. Karin Viard connaît d’ailleurs très bien ses classiques aussi puisqu’elle est en roue libre du début à la fin pour assurer le spectacle. Parfois, le jeu est visible, mais à certains moments, l’actrice fend l’armure et l’image, nous touchant droit au cœur, notamment quand son personnage réveille ses failles intérieures.

Le scénario, bien écrit mais sans surprise, parvient à maintenir son fragile équilibre entre humour et émotion, mélo et comédie. On retrouve la « délicatesse » et la légèreté propres à l’écriture des deux frères. Même si la mise en scène était bien mieux inspirée dans leur premier film, même si Paris y est assez moche, et même si la dramaturgie du récit reste assez convenue, Jalouse s’avère divertissant et plaisant.

Car les Foenkinos ont assurément un savoir-faire et un joli style dans l’écriture. Les répliques fusent avec jouissance quand la méchanceté, la mesquinerie ou la vacherie sont au rendez-vous des dialogues. Cela offre de beaux moments entre comédiens, qui se régalent visiblement à jouer la palette de mots offerte.
Avec un rôle qui rappellera celui de Yolande dans Un air de Famille, Marie-Julie Baup surclasse l’ensemble du casting, avec un premier degré qui déclenche les rires et qui désamorce les crises. Si chacun fait face à un réel complexe, dont les moments les plus intéressants sont hélas survolés (la relation entre Nathalie et ses élèves, son rapport à la mort, ou encore les deux couples qui l’entourent), ce personnage secondaire mais essentiel brille comme une pierre précieuse par sa sincérité loin de tout péché.

C’est sans doute elle qu’on envie le plus au sein de ce clan où l’amertume et la désillusion produisent de la colère, impuissante face au temps qui passe.
 
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