Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



Ailleurs
Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary
Effacer l'historique
Ema
Enorme
La daronne
Lux Æterna
Peninsula
Petit pays
Rocks
Tenet
Un pays qui se tient sage



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 23

 
Tout nous sépare


France / 2017

08.11.2017
 



LUTTE FINALE





Tout nous sépare de ce film. Ou presque. Après Bonne pomme, Catherine Deneuve se fourvoie une nouvelle fois. Pas plus la comédie de Florence Quentin que ce thriller influencé par le polar frenchy des seventies de Thierry Klifa ne méritent l’actrice. Car, si on y ajoute Sage femme de Martin Provost, le plus « réussi » de ses trois sorties de l’année, la Deneuve parvient à sauver les films en régnant sans partage sur ses scènes.

Tout nous sépare appuie trop lourdement sur chacun de ses messages. Binaire, pour ne pas dire simpliste, le récit oppose deux classes sociales, deux modes de vie, la mère et la fille, deux générations, la femme et l’homme, etc… N’en jetons plus. À voir le monde en noir et blanc, on en oublie les zones grises où se noient les plus beaux polars sociaux.

Dès le départ, l’histoire ne prend pas. N’intéresse pas. Le seul mobile de ce crime serait le duo Deneuve/Nekfeu, inédit et singulier. Duvauchelle est caricatural. Kruger inexistante. L’ensemble est à peine réaliste et toujours bancal. Pire, le drame annoncé sombre dans la caricature excessive, comme un mauvais Polanski (rappelez-vous La Neuvième Porte) ou un téléfilm de samedi après midi. L’abondance de clichés produit un sentiment de gêne, et des rires involontaires. Klifa est comme Christine Angot quand elle découvre la banlieue et la sodomie avec Doc Gyneco.

Malgré ce manque d’originalité, des audaces ratées (le personnage de Kruger par exemple, sexuel et autodestructeur) et des maladresses ostensibles, notamment le sentiment de culpabilité qu’il veut nous infliger, Tout nous sépare, peu crédible, s’illumine avec la présence de Deneuve et dans une moindre mesure avec celle de Nekfeu.

L’actrice continue d’explorer son personnage de bourgeoise pas très nette et dominatrice. Plutôt beau gosse, Nekfeu lui apporte, tel un miroir, jeunesse et fraîcheur. On s’attendait à une histoire tendue entre une mère et sa fille, entre interdépendance et défiance. On en conclut que c’est davantage l'histoire d'une "liaison" entre une veuve et un jeune homme qui pourrait être son fils. Dans ce film factice, où tout nous sépare de cette histoire, on avoue être touché et « relié » à ce couple improbable qui donne à ce polar un aspect romanesque bienvenu.
 
vincy

 
 
 
 

haut