Black Panther est peut-être le meilleur film Marvel depuis la création de l'univers (de la marque). Et c'est aussi un changement d'ère avec un casting noir, un cinéaste afro-américain, et un sujet hyper-politique. Outre ses qualités, les grosses recettes attendues vont permettre, comme pour Wonder Woman, de prouver qu'un blockbuster n'est pas une affaire de mâles blancs.



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Black Panther
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Borg McEnroe


Suède / 2017

08.11.2017
 



MATCH POINT





«Les gens n’attendent qu’une chose : ma chute.»

Borg McEnroe n’est pas un biopic. Ce sont deux morceaux de gâteau. Une grosse part dans celui de Borg, une plus mince dans celui de McEnroe. Contrairement à Rush (de Ron Howard), il ne s’agit pas de raconter l’itinéraire de deux sportifs d’exception amenés à se confronter dans un match d'anthologie à Wimbledon. De ce côté la, le film retrace le destin du Suédois mais est moins détaillé sur l’Américain.

« Chaque match est un condensé de vie » disait André Agassi. Cette finale à Londres est un affrontement entre deux personnalités – Borg, froid et impassible, McEnroe, enragé et émotif -, entre deux styles de jeu. C’est d’ailleurs là que le film prend tout son intérêt. En effet, les deux comédiens chargés d’incarner les deux champions, sont aussi diamétralement opposés dans leur style de jeu. Sverrir Gudnasson cherche à ressembler à Borg, y compris physiquement. Il calque son interprétation sur ce « volcan » en ébullition. Shia LaBeouf, à l’inverse, préfère amener le personnage de McEnroe à lui, ne cherchant que l’essence du caractère (character) du bouillonnant ambitieux.

C’est cette opposition, ce match, qui rend Borg McEnroe passionnant pour le spectateur. Il doit lui aussi choisir son camp. Non pas pour savoir lequel des deux va gagner, mais lequel des deux a trouvé le bon coup droit pour transposer ces deux légendes sur le grand écran.

Car ce n’est pas tant que ça un film de sport. Le match « culte » est filmé presque expérimentalement, comme un puzzle dont l’ensemble final n’a que peu d’importance, et dont seulement quelques pièces permettent de retranscrire la beauté du duel. On les voit peu jouer avec la balle. C’est aussi la limite. Dans Rush, le spectateur était embarqué dans la course. Ici, il ne ressent ni la dureté ni la longueur ni la fatigue du tennis.

Pressions et promesses

C’était le temps où les joueurs pouvaient gueuler sur le cour, où les stades étaient rempli de gens sages et élégants, où les shorts étaient blancs et plus courts, plus sexys. Borg et McEnroe sont les deux premières « stars » du tennis moderne. Les cachets sont faramineux. Les enjeux sont industriels. Les fans sont hystériques. Ce que montre le film de Janus Metz Perdesen se trouve plutôt en coulisses. Borg McEnroe est avant tout un film psychologique, sur la pression, le stress, les tourments subis par un Roi, déjà usé à 24 ans, qui doit garder sa couronne et un Prince impatient qui veut faire un Coup d’Etat. <^> Tout est dans la tête. Ce qui explique la multitude de plans contemplatifs et mélancoliques illustrant le véritable ennemi : le doute. Ce que démontre le film sur ces deux perturbés, voire refoulés, au mental friable et aux nerfs à vif, est en arrière plan. Le film aurait pu même fouiller davantage en profondeur ce lien invisible qui font de ces deux rivaux des champions en fait assez similaires, y compris dans leurs origines sociales. Ni l’un ni l’autre n’étaient prédestinés à régner sur un sport d’élite. Si Borg s’est soumis à une discipline qui l’étouffe, McEnroe exprime pleinement son mépris pour les règles. Au passage, le film dessine ce que va devenir ce sport : une machine à sponsors, des médias qui oublient le jeu pour se concentrer sur les personnalités, etc…

La mise en scène se concentre sur les souffrances et font de ces deux tennismen des victimes. Lors du match épique, la caméra s’intéresse davantage au spectacle qu’à la technique et aux points. Borg McEnroe est un film cruel et juste sur deux asociaux qui ont eu le monde à leur pied. Borg est alors au sommet et s’éclipsera l’année suivante. McEnroe est à l’aube de son triomphe. L’un finira par fabriquer des slips colorés, l’autre est devenu philanthrope et galeriste. C’est ce qui rend cette histoire si belle : elle est remplie de toutes ces fêlures passées, présentes et à venir.
 
vincy

 
 
 
 

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