Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Wonder Wheel


USA / 2017

31.01.2018
 



CLAP DE FIN





- Y a un contrat sur ma tête. Ils vont me tuer. - Ça t'apprendra à épouser un gangster !

Quarante-huitième film de cinéma de Woody Allen, Wonder Wheel est loin de tenir toutes ses promesses. Néanmoins, dans l'Amérique post-Harvey Weinstein, Woody Allen semble suffisamment armé pour continuer à durer... même si de sombres nuages s'amoncellent sur lui: Amazon Studios cherche à rompre tout contrat avec lui. Mais cela n'empêche pas d'avoir un avis sur ce nouveau Woody, cru 2017.

Méli-mélo

A Coney Island, dans les années 1950, Ginny a abandonné son rêve d'être une actrice pour éduquer son fils pyromane, Richie, auprès de son nouveau mari, l'opérateur de manège Humpty. Ce dernier a une fille, Carolina, qui tente d'échapper aux gangsters à ses trousses. Elle fait la rencontre de Mickey, séduisant maitre-nageur qui se rêve dramaturge. Malheureusement, celui-ci vient tout juste d'entamer une liaison avec Ginny.

Après nous avoir ravis avec Blue Jasmine, Magic in the Moonlight et Café Society, Woody Allen semble ici trop prompt à faire un nouveau film mais sans vraiment y avoir réfléchi. En effet, ses personnages sont loin d'être originaux et souffrent d'un développement trop superficiel. Ginny est une femme passionnée par la mauvaise personne. Humpty est un homme violent et alcoolique. Carolina est une jeune femme qui se complait dans son rôle de demoiselle à sauver. Et Mickey n'est qu'un playboy de plus.

Impatient de caster Kate Winslet (Ginny) et Justin Timberlake (Mickey), Woody Allen n'a pas pensé à leur tailler des rôles sur mesure. Si la première peut compter sur ses 7 nominations aux Oscars pour légitimer sa participation et sa performance, ce n'est pas le cas du second. En roue lire et en plein numéro d'autodérision, Justin Timberlake ne convainc pas. Pire encore, on en vient à penser que n'importe quel autre acteur aurait pu faire mieux. A leurs côtés, James Belushi (Humpty) et Juno Temple (Carolina) tentent de garder le cap, bien que leurs personnages n'aient pas été gâtés au niveau des dialogues.

Car toute l'intrigue de Wonder Wheel tourne autour de Ginny. De manière très maladroite, le réalisateur et scénariste de 82 ans tente de peindre un portrait de femme aussi juste et brillant que celui qu'il faisait dans Blue Jasmine. Comme toujours, Kate Winslet rayonne mais parce qu'il s'agit d'un film de Woody Allen, nous étions en droit d'attendre mieux pour elle. Roue immobile

Si depuis plus de cinq décennies Woody Allen parvient à nous emmener dans ses univers prétentieux et décalés et à nous faire aimer la ville de New York, il rencontre avec Wonder Wheel de sérieux problèmes de narration et de mise en scène. Il y a tout d'abord ses décors que l'on pourrait croire tout droit sortis d'un théâtre et qui font faux. Viennent ensuite les déplacements des personnages que l'on a du mal à suivre et à comprendre tant ils ne font pas sens ainsi que ces dialogues qui sonnent anormalement creux pour un Woody Allen. Enfin, impossible de passer outre cette voix-off offerte à Justin Timberlake qui est malheureusement un piètre narrateur et n'a aucun impact sur la tension dramatique de Wonder Wheel.

Si Coney Island fait fantasmer pour sa grande roue et ses manèges, force est de reconnaître que la magie ne prend pas ici. Malheureusement, avec le talent qu'on lui connaît, Woody Allen parvient tout de même à intéresser. La séquence d'ouverture de Wonder Wheel fait fortement penser à celle de la série de Netflix Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire pour sa frontalité et le milieu plein d'escrocs et de faux-semblants qu'elle présente. Moins inspiré qu'à l'accoutumée, Woody Allen parvient ceci dit à donner le change pendant un temps.

Véritable tournant dans sa carrière en raison des accusations répétées d'abus sexuels de sa fille adoptive Dylan Farrow, Wonder Wheel pourrait bien être le dernier film de Woody Allen tel que l'on a connu Woody Allen: comique, névrosé, égocentrique et habité par ses démons. Produit et distribué par Amazons, Wonder Wheel répond entièrement au cahier des charges de la société. Le film est atypique, vaguement ambitieux et porté par un casting plus que respectable. Malheureusement, on lui préfère sans hésiter les dernières sorties d'Amazon Studios : I Am Not Your Negro, The Lost City of Z, The Wall, The Big Sick ou encore Le musée des merveilles.

Loin d'être un drame et à des années-lumière d'une comédie réussie, Wonder Wheel se pose là, en temps mort oubliable de la filmographie de Woody Allen.
 
wyzman

 
 
 
 

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