La chute de l'empire américain clôt la trilogie de Denys Arcand, avec Le déclin de l'empire américain et Les invasions barbares. Romanesque, satirique, drôle, le film confronte le spectateur aux démons de notre époque: l'intelligence, l'éthique, l'idéalisme. Jubilatoire.



Amal
Baghdad Station
Blake Snake
Destroyer
Euforia
Food evolution
Grâce à Dieu
La chute de l'empire américain
La grande aventure Lego 2
La liberté
Le chant du loup
Le jeune Picasso
Les aventures de Rita et Machin
Les funérailles des roses
Les moissonneurs
Paradise Beach
Peu m'importe si l'histoire...
Plan Bee
Rencontrer mon père



Une affaire de famille
Spider-Man: New Generation
Roma
Les invisibles
Glass
The Front Runner
Green Book: sur les routes du sud
Le château de Cagliostro
Un grand voyage vers la nuit
Sorry to Bother You
Tout ce qu'il me reste de la révolution
Une intime conviction
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Premières vacances
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L'incroyable histoire du facteur Cheval
Holy Lands
Une jeunesse dorée
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The Hate U Give, La haine qu'on donne
Un berger et deux perchés à l'Elysée
Si Beale Street pouvait parler
Pearl
Minuscule 2 - les mandibules du bout du monde
Les estivants
L'amour debout
Mango
La cabane aux oiseaux
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My Beautiful Boy
Nicki Larson et le parfum de Cupidon
Alita: Battle Angel
Deux fils
Les drapeaux de papier
Ralph 2.0
Vice






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Un raccourci dans le temps (A wrinkle in Time)


USA / 2018

14.03.2018
 



BE LOVED





« L’amour est toujours là, même si tu ne le vois pas. »

Oublions qu’il s’agit d’une adaptation d’un monument de la littérature jeunesse, que le budget est gigantesque, que la réalisatrice est afro-américaine, que tout cela serve d’arguments marketing. Que vaut finalement ce nouveau mastodonte destiné au jeune public ?

Car évidemment, on a envie d’en dire du bien après toutes ces bonnes intentions. Dans la lignée des Harry Potter et surtout Narnia (même inspiration chrétienne), Un raccourci dans le temps est un produit pour les très jeunes, sorte d'Interstellar croisant un Youth Adult hype. Tout est bien calibré pour plaire à tout le monde. Ce qui rend l’ensemble très sage. Il n’y a même pas de vilains. Juste un ennemi, métaphore du mal absolu qui nous conduit à de mauvaises actions. Bonus : on l’appelle « Ça », ce qui renvoie à l’être maléfique de Stephen King, sans la clownerie.

On reste quand même étonnés de voir qu’avec tant de moyens et de talents, le produit fini soit aussi décevant. La longueur et la lenteur du film nous assomment littéralement. Cette Alice au pays des merveilles passant de l’autre côté du miroir nous laisse un peu de marbre. Peut-être la faute à ce monde imaginaire un peu convenu, trop artificiel, et avouons-le assez laid.

Féérie fantasy à l’esthétique trop flashy, le film empreinte un chemin d’arcades déjà vu, avec trois reines mages en guise de guides. Mais le trio de héros est composé d’une jeune ado mal dans sa peau, de son petit frère un peu trop précoce (digne d’un film d’horreur) et d’un jeune garçon attiré par son caractère de cochon. Classique. Il faut quand même attendre la seconde moitié du film pour que le rythme s’accélère, que l’enjeu devienne palpable, que toute cette épopée se dramatise un peu.

Cantique des quantiques

Cela suffit-il ? « L’amour, voilà la fréquence » universelle qui combat le mal. Tel est le message. Ava Du Vernay cherche à faire passer quelques idées simples : une lutte contre l’uniformité (« mais l’anormalité est beaucoup plus intéressante »), une critique contre le consumérisme et un hymne au métissage. Difficile de s’opposer à tant de bons sentiments.

Dommage alors d’avoir oublier l’essentiel : l’émotion. Au milieu de décors irréels ou virtuels, entre références intellos noyées dans une morale appuyée et idéalisme un peu simpliste dans un réel assez banal, on aurait pu s’attendre à être transporté dans un mélodrame poignant. Mais, justement, à cause de ces décors, de cette morale, de ce réel sans humour et baigné dans le pathos, lorsque le happy end pointe son nez à travers une succession de retrouvailles, on reste indifférent. La mécanique ne fonctionne pas. Si bien que ce raccourci semble être surtout un long détour où l’on s’est perdu durant deux heures.
 
vincy

 
 
 
 

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