Damien Chazelle retrouve Ryan Gosling pour un biopic bipolaire: First Man est à la fois un drame intime et un ballet spatial. Immersif dans les étoiles et intériorisé sur terre, le film démontre une ambition cinématographique à l'écart du formatage hollywoodien.



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Mamma Mia! Here We Go Again


USA / 2018

25.07.2018
 



DANCING QUEENS





Comme pour le premier épisode, sorti il y a déjà 10 ans, Mamma Mia ! Here we go again est une formidable publicité pour les idylliques îles grecques. Les eaux turquoises, la dolce vita et les fêtes au village semblent une propagande du Paradis. C’est à croire qu’il faudrait revoir ce diptyque sous un autre angle : une sorte de version moderne de la vie de l’Olympe, avec ses Dieux, demi-dieux, mortels et autres tragédies (sentimentales) grecques.

Mais n’allons pas si loin. Mamma Mia, premier opus, était un dérivé d’une comédie musicale à succès sur Broadway (puis à Paris), enrichissant un peu plus les créateurs du groupe Abba en prolongeant leurs droits d’auteur sur des tubes discos. Ce deuxième opus reprend la même recette, avec plus d’acteurs et moins de Meryl Streep (Lily James reprenant le rôle de Donna quand elle était jeune). En soi, déjà, Streep en arrière plan, c’est une mauvaise nouvelle.

Si cette suite est distrayante et légère, on sent malgré tout qu’il a été difficile de pondre un scénario. C’est assez logique puisque le premier était adapté d’un produit existant qu’il suffisait de mettre en images alors que celui-ci est une création pour le cinéma, et qu’il a fallu inventer une histoire. Hors avec ces allers et retours entre passé et présent, jeunesse des vieux et jeunes déjà vieux, ça rame un peu.

Et le film musical n’ai pas aidé par son autre fondement : les tubes d’Abba. Le premier film avait éclusé les plus connus. Celui-ci doit donc piocher dans des titres moins célèbres (et pur cause, souvent moins bons) tout en réutilisant les plus gros hits. Autant dire que l’énergie n’est pas là, ni l’enjeu dramatique. Le refrain est connu mais les ponts sont un peu longs. Finalement ce Here We Go Again est à l’image de sa bande originale : plus lent, plus mélancolique, plus nostalgique. Un teen-melo guimauve plutôt qu’un dance-movie niais en gros. C’est une balade, mal foutue, où l’histoire patine avec des séquences un peu laborieuses.

L’imagerie kitsch et le récit sans réel enjeu sont heureusement sauvés par certaines séquences. Notamment l’épilogue « super trouper ». Mais c’est finalement encore une fois les comédiens qui donnent du souffle à tout ça. C’est grâce au duo mère-fille (Streep/Seyfried) que l’on a ressent enfin un peu d ‘émotion. C’est aussi grâce à Barnaski et Walters qu’il y a de la drôlerie. C’est enfin grâce à Cher (en aïeule ultraliftée, un régal) que le plaisir coupable d’être devant l’écran naît. Le duo qu’elle forme avec Andy Garcia est joliment amené, alors que les autres personnages secondaires (y compris les trois « papas ») font de la figuration (bien payée).

C’est dommage : en revenant dans les seventies, décennie « gold » d’Abba, ce deuxième Mamma Mia, aurait pu aller beaucoup plus loin et montrer à quel point la société avait changé, devenant puritaine et conservatrice. Au lieu de cela, on essaye de nous reproduire une folie. Or, on ne croit jamais vraiment au fantasme de l’éternelle jeunesse. Sauf en regardant Cher.
 
vincy

 
 
 
 

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