Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes. izmir escort



Blue Velvet
Femmes d'Argentine
Kongo
La bonne épouse
Le coeur du conflit
Les visages de la victoire
Radioactive
Trois étés
Un fils
Une sirène à Paris
Visions chamaniques
Vivarium
Yiddish



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 36

 
La saveur des ramen (Ramen teh)


Singapour / 2018

03.10.2018
 



LE FESTIN DE MASATO





Le cinéaste singapourien Eric Khoo tourne un long métrage tous les 3 ans et surprend avec des histoires à chaque fois différente y compris dans la forme (jusqu'à réaliser un film d’animation en 2012, Tatsumi). Si My Magic (2008) reste son film le plus abouti, il y a chez le réalisateur un fil conducteur cohérent à travers ses œuvres : le besoin d’être aimé et le respect des différences.

La saveur des ramen est une de ses films qu’il ne faut pas voir à jeun. Si le film prend comme point de départ une intrigue similaire à celle des Délices de Tokyo de Naomi Kawase. Un restaurant familial – ici une petite boutique, où le père dépressif et le fils contraint d’obéir entretiennent des relations compliquées.

Eric Khoo tisse une chronique japonaise attachante. Les changements de plan, les cadrages montrent sa maîtrise de la mise en scène. La relation psychologique des hommes s’enrichit en non-dits.

Mais rapidement La saveur des ramen bascule dans une autre histoire. Un voyage à Singapour, à la recherche des origines de sa mère. Une épopée culinaire qui remonte à l’enfance. Comme un « trip » psychanalytique à la recherche d’une Madeleine de Proust (ou du goût de la ratatouille dans le Pixar du même nom). Reprendre goût à la vie en retrouvant les saveurs originelles.

Malheureusement, malgré le charme évident du film, le scénario nous emmène progressivement dans une histoire simple et naïve, convenue et sage. Tout est bouffe et donc tout est amour. Avec une surdose de compassion et de bons sentiments, et une absence de dramaturgie, ce mélo romantique se laisse aller dans une histoire prévisible.

Bien sûr, il y a la grand-mère revêche (un peu raciste). Mais on devine très bien qu’elle va mettre de l’eau dans son bol de noodles épicées. Khoo semble finalement plus intéressé par le métissage. Ce couple « mixte » (une singapourienne d’origine chinoise et un japonais) et cette cuisine fusion.

Suave plus que savoureux, il répète ce que l’on a déjà vu au cinéma : la cuisine relie les humains par-delà leurs animosités. Sur la fin, La saveur des ramen abuse de procédés cinématographiques appuyés (la musique qui veut déclencher l’émotion, la comédie pour essayer de détendre l’atmosphère).

Bizarrement, c’est quand il flirte avec le documentaire (gastronomique et historique), à la manière d’une Kawase (encore elle), qu’on se sent le plus captivé. Sinon, on recommande immédiatement après la projection du film une réservation dans un excellent restaurant japonais ou singapourien. Sur ce point-là, Eric Khoo a bien réussi à traduire en images la gourmandise qu’un plat peut déclencher.
 
vincy

 
 
 
 

haut