Viendra le feu a reçu le prix du jury Un certain regard. Le film d'Oliver Laxe laisse au spectateur toute liberté de se projeter dans le film pour y lire son propre rapport à la nature et ses propres obsessions face à la déliquescence du monde.



Ad Astra
D'un clandestin, l'autre
De sable et de feu
Edith en chemin vers son rêve
El Otro Cristobal
Kusama: Infinity
Les fleurs amères
Lucky Day
Ma folle semaine avec Tess
Nous le peuple
Portrait de la jeune fille en feu
Trois jours et une vie
Un jour de pluie à New York



Parasite
Toy Story 4
Le Roi Lion
Give Me Liberty
Ils reviennent...
L'étincelle, une histoire des luttes LGBT +
Fanny & Alexandre
Une Fille facile
Viendra le feu
Deux moi



L'œuvre sans auteur
Comme des bêtes 2
Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Le mystère des pingouins
Les faussaires de Manhattan
Nuits magiques
Once Upon a Time... in Hollywood
Perdrix
Playmobil, le film
Une grande fille
Roubaix, une lumière
Thalasso
Les Baronnes
Late Night
Hauts perchés
Frankie
La vie scolaire
Fête de famille
Les hirondelles de Kaboul
Liberté
Jeanne
Music of My Life
The Bra
Tu mérites un amour






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Utøya, 22 juillet (Utøya 22. Juli)


/ 2018

12.12.2018
 



LA RÉALITÉ EN FACE





En relatant en temps réel la prise d’assaut du camp des jeunes travaillistes norvégiens sur l’île d’Utoya le 22 juillet 2011, Erik Poppe parle viscéralement de notre époque, et interroge sur la capacité du cinéma et de la fiction à s’emparer de sujets d’actualité extrêmement récents, et sensibles. A la réflexion, le film ajoute un questionnement formel en proposant un unique plan séquence (d’environ 90 minutes) qui suit Kaja, une jeune fille prise dans la terreur de l’attentat, obsédée par la nécessité de retrouver sa jeune sœur. Kaja est un personnage fictif, créé à partir des témoignages des véritables victimes de l’attaque terroriste. C’est son unique point de vue que l’on embrasse, permettant à Erik Poppe de ne montrer que ce que voit la jeune fille, et donc de laisser les fusillades hors champ (on en entend seulement le son) et de ne pas montrer le point de vue du tireur. Celui-ci n’apparaît d’ailleurs que fugacement dans le plan, sous la forme d’une silhouette floue.

Erik Poppe cherche de cette manière la bonne distance entre une vision purement documentaire, qui montrerait trop de choses, et un regard totalement épuré de violence, qui sonnerait faux. Il livre ainsi un film terrifiant, mais pas tire-larmes, qui réveille douloureusement les souvenirs des nombreux attentats ayant frappé l’Europe et le monde ces dernières années. Il pose surtout la question de comment filmer, aujourd'hui, ce genre d’histoire qui, jusqu'il y a peu, appartenait principalement à l'univers du jeu vidéo (les fameux shoot them up), ou du film d’horreur. Il interroge notre regard de spectateur et montre l'irréversible contamination de la réalité par ce qui n'était que de la fiction, puis de la fiction par ce qui est devenu une réalité. Comment, dès lors, « refictionnaliser » cette réalité sans paraître obscène, maladroit ou manipulateur ? Erik Poppe s’y essaye comme il peut, et n’échappe pas à quelques clichés de mise en scène, principalement des réflexes romanesques de metteur en scène qui ne peut s’empêcher de tenir son spectateur en haleine ou de chercher à créer de l’empathie. Ce faisant, il propose une œuvre dense et forte, dénuée d’ambiguïté, sur les événements d'Utoya, mais il met surtout sur la table la question philosophique de la possibilité, ou de l’impossibilité, de reconstituer l’horreur, et de la filmer de l’intérieur. Question qui n’est probablement pas prête d’être tranchée, mais à laquelle il apporte un début de réponse plutôt positif.
 
MpM

 
 
 
 

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