Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



Angry Birds: copains comme cochons
Bleu Palebourg
Camille
Fahim
L'angle mort
La bonne réputation
La vérité si je mens! Les débuts
Loups tendres et loufoques
Maléfique 2: le pouvoir du mal
Martin Eden
Matthias & Maxime
Queens
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
Warrior Women



Deux moi
Un jour de pluie à New York
Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama



Once Upon a Time... in Hollywood
Perdrix
Roubaix, une lumière
Thalasso
La vie scolaire
Fête de famille
Les hirondelles de Kaboul
Liberté
Jeanne
Music of My Life
The Bra
Tu mérites un amour
De sable et de feu
Ad Astra
Trois jours et une vie
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 1

 
Vita & Virginia


Royaume-Uni / 2018

10.07.2019
 



PRUDES ET PREJUDICES





Adaptation à la fois des correspondances de Virginia Woolf, écrivaine tourmentée et dorénavant culte, et de Vita Sackville-West, aristo pas très conformiste, et de la pièce de théâtre créée par Eileen Atkins il y a 27 ans, Vita & Virginia pouvait avoir l’allure que d’un biopic sur une liaison peu conventionnelle et, pour l’époque, sulfureuse. La réalisatrice Chanya Button a sans doute eu trop d’ambitions autour de ce récit. Jamais facile d’écrire un film avec deux points de vue, qui, en parallèle, donne naissance à un chef d’œuvre de la littérature, Orlando.

On ne retrouve pas grand-chose d’Orlando, hélas, biographie imaginaire dont le héros traverse le temps et change de sexe. Pourtant Vita & Virginia est une étude appliquée sur le genre et les conventions, sur la transgression et ses incidences. Le film est porté par une belle sensualité, un regard aussi précieux que subtil, et deux actrices dont l’alchimie est assez évidente.

Flirtant avec le surjeu, Gemma Arterton se glisse très facilement dans son personnage de mondaine séduisante. Le pari était plus risqué pour Elizabeth Debicki, qui doit lutter contre la comparaison avec Nicole Kidman dans The Hours. Mais le duo parvient à insuffler ce qu’il faut de finesse à la complexité de leur relation, à la fois amoureuse, artistique et intellectuelle. Une fascination mutuelle qui est palpable et qui explique très bien l’intensité de cette liaison hors-normes.

Cependant la réalisatrice dilue la subversion attendue par une mise en scène relativement classique, ponctués par de multiples gros plans sur les visages (dont on cherche la signification ou l’émotion) et des lectures un peu plombantes.

Il a manqué à Chanya Button, paradoxe suprême, l’audace dont faisait preuve les deux femmes, et même les zones d’ombres autour du tumulte de leur passion. En frôlant seulement son objet – la naissance de leur « enfant », Orlando – et en caressant pudiquement ses deux sujets, le film ne parvient pas à satisfaire nos attentes.

Il y a bien quelques séquences captivantes, notamment avec Isabella Rossellini, qui reconstituent l’époque et sa rigidité, et quelques idées inspirées, notamment l’usage de la musique. Mais en voulant une égalité entre les deux rôles, la cinéaste empêche de dramatiser son film. Cette indécision à ne pas choisir l’auteure ou la muse empêche une implication dans leurs sentiments et créé une distance là où on espérait un peu de folie et de fantastique, bref un film plus queer.
 
vincy

 
 
 
 

haut