Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



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Deux moi


France / 2019

11.09.2019
 



PARIS I LOVE YOU





« Pour que deux moi fassent un nous il faut que chacun soit soi. »

Deux ans après Ce qui nous lie, Cédric Klapisch retrouve François Civil et Ana Girardot pour une comédie dramatique dont lui seul a le secret.

Solitude urbaine

Tous les deux trentenaires, Rémy et Mélanie vivent dans le même quartier de Paris. Victimes de solitude, ils tentent de faire des rencontres, notamment sur les réseaux sociaux. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui pourraient bien les mener dans la même direction.

Si le pitch pourrait être celui d’une comédie romantique quelconque, Cédric Klapisch démontre ici que même après en avoir fini avec les aventures de Xavier Rousseau, il est toujours aussi bon dans l’analyse des sentiments et des relations des trentenaires français. Plus encore, en mettant en scène non pas un parcours vers une forme d’épanouissement mais bien deux, le réalisateur de Le Péril jeune et Chacun cherche son chat prouve qu’il est véritablement l’un des meilleurs conteurs de notre époque.

Car c’est précisément de cela qu’il est question ici : le présent — et la manière dont le passé influence celui-ci au point de nous faire douter de notre futur. Rémy et Mélanie sont célibataires et financièrement à l’abri. Bien qu’ayant des amis et de la famille autour d'eux, ils se sentent pourtant seuls en permanence. Situation étrange pour certains, elle est le quotidien d’autres. Et c’est dès lors que Cédric Klapisch a l’idée de leur faire débuter une psychothérapie que Deux Moi déroule ses plus beaux atouts.

Porté par la musique entêtante de Loïk Dury et Christophe Minck, Deux Moi ne vaut pas véritablement le détour pour ses plans de Paris ou ses références (pop) culturelles mais avant tout pour sa capacité à décrypter les millenials, génération éco-responsable, hyper-connectée mais en proie à de nombreux doutes. Grâce à Rémy et Mélanie, Cédric Klapisch se lance ainsi dans une analyse poussée des traumas d’individus qui n’ont que peu de choses en commun si ce n’est un code postal et des dates d’anniversaire proches.

Plus qu’un film de jeunes

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Deux Moi est loin de s’adresser uniquement à des 25-35 ans vivant à Paris. De par la manière dont il oscille entre précision et élusion, le film résonne chez tous ceux qui résident dans une métropole. Avec ses rencontres hasardeuses, ses rendez-vous manqués, sa routine désarmante et ses scènes presque tombées du ciel, Cédric Klapisch offre au spectateur une multitude de raisons de penser qu’il s’agit ici de son meilleur film.

L’abondance de cercles (amical, professionnel, familial, etc.) crée un écho chez un spectateur trop occupé à apprécier les travellings et le soin porté aux désors pour réaliser que devant lui s’écoule une comédie à la remarquable durée (110 minutes). La photographe Elodie Tahtane et le décorateur Ambroise Cheneau parviennent de leur côté à faire figurer le silence dans une ville en constant mouvement.

Plus orienté sur la compréhension des comportements que sur la simple quête de relation amoureuse, Deux Moi tord le cou à ses prédécesseurs. Les plus jeunes riront des apparitions hilarantes de Pierre Niney et Simon Abkarian quand plus âgés applaudiront les remarques pertinentes de Camille Cottin et François Berléand. Entre eux, les millenials ne pourront qu’applaudir un film qui leur est destiné et parle d’eux avec justesse et bienveillance.
 
wyzman

 
 
 
 

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