Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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La bonne réputation (Las niñas bien)


Mexique / 2018

16.10.2019
 



LA FÊTE EST FINIE





« Ma chérie, on veut toutes vivre comme des princesses. »

Alejandra Marquez Abella souhaite sans aucun doute que son film ait aussi bonne réputation que son héroïne, incarnée par une superbe Ilse Salas. De fait, ce portrait sophistiqué d’une bourgeoise qui voit son monde s’effondrer chez elle et autour d’elle est stylisé.

Dans un Mexique de privilégiés, où la haute bourgeoisie locale fait son shopping à New York et son tennis dans un club privé, la crise économique atteint de plein fouet l’entourage de Sofia, puis son mari. Par peur d’être déclassée, et de perdre ses « amies » et ses cartes de crédit, elle tente de sauver les apparences par tous les moyens, en adoptant les nouveaux codes d’une société pourrie par le fric.

Car, prête à tout, Sofia est une femme qui s’adapte à son environnement : le mépris qu’elle affichait pour cette « nouvelle riche » vulgaire se transforme ainsi en amitié opportuniste pour sauver son statut et son train de vie. A priori, elle est peu aimable. Ces riches sont insupportables. Sa vie « parfaite » est avant tout égoïste. Par petites touches, au fil de détails imperceptibles, son univers craquelle. Sa dignité fond comme glace au soleil : sans réellement péter les plombs, elle va révéler une rage, une violence verbale, jusqu’à paraître monstrueuse et ingrate. Elle est si soumise aux apparences qu’elle est capable de haïr ce mari qui ne la protège plus ou d’aboyer comme un chien face au chef de l’Etat qui lui cause tant de soucis.

C’est davantage le talent de l’actrice que la mise en scène un peu factice qui permet au film de ne pas sombrer dans la satire ou la caricature. L’immaturité et le matérialisme de l’héroïne demeurent assez convenus (on a vu tant de séries de Desperate Housewives au bord de la crise de nerfs…). En ne cherchant aucun autre angle – le Mexique de l’époque, les autres classes sociales…. – la réalisatrice se contente finalement d’une étude ethnologique d’une classe sociale comme un entomologiste s’amuse avec ses papillons.

La bonne réputation est alors une suite à un conte de fée qui tourne mal. Ils ne furent pas heureux, malgré les enfants, la villa, les voitures, le champagne… Cette Jackie Kennedy de Mexico qui fantasme sur Julio Iglesias ne se remet jamais vraiment en cause et n’apprend aucune des leçons qu’on lui inflige. On peut comprendre le regard effrayé de son mari à la fin quand il voit son épouse perdre toute décence pour conserver son statut. Le film et son personnage sont aussi orgueilleux l’un que l’autre. Cependant on ne peut pas reprocher à Alejandra Marquez Abella une faute de goût : si son héroïne est hypocrite, jamais sincère, fausse, voleuse, calculatrice, son film ne l’est jamais et démontre que l’humain est capable de toutes les bassesses quand il a oublié de vivre et qu’il est incapable d’aimer.
 
vincy

 
 
 
 

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