Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Mononoke-hime (Princesse Mononoke)


Japon / 1997

12.01.00
 



   X-FILE





"- même si t'étais une femme, tu serais quand même idiote."

Un dessin animé de deux heures et quart, c'est exceptionnel. Un dessin animé qui bat tous les records d'entrées dans son pays, c'est extraordinaire. Quel est le secret de cet événement?
Il y a d'abord une histoire, ou plusieurs histoires. Un mélange de légendes, de mysticisme, d'écologie, de passion amoureuse, de lutte entre le bien et le mal, de surnaturel... Ce Japon médiéval est rempli de guerres, de complots, et de démons. Il y a évidemment un héros - un joli jeune homme presqu'androgyne - en kimono. Des loups divins et leur fille, la Princesse Mononoke. Ou encore le cataclysme final qui a des airs de Bombe H-comme-Hiroshima.
C'est donc avant tout un scénario complexe, où se croisent plusieurs personnages (rarement caricaturaux) et leurs destinées. L'essentiel ne tient pas tant dans les parcours individuels que dans le message environnementaliste. Un film d'aventure qui ressemble à un conte de fée. On comprendra aussi la sensibilitédu public nippon au Japon traditionnel, à ses racines historiques, nationalistes, religieuses.
Le courage de chacun est mis à rude à épreuve dans cette odyssée spirituelle et personelle. Les valeurs s'y confrontent. La grande force est ne pas exposer un juement moral sur les ambitions de chacun (même les "méchants" ne meurrent pas), mais de souligner l'importance du patrimoine, l'impact et les blessures de la guerre (dans la chair comme dans le mental), ainsi qu'une critique socio-politique du progrès industriel.
A cela s'ajoute un graphisme superbe (avec des tons très étudiés) et imaginatif, et une technique impressinnante. Que ce soit les scènes de bataille rythmées, des images de poésie pure, des seconds rôles fantaisistes, ou les séquences d'émotion, Miyazaki sait mettre en scène son immense talent de conteur. Le spectateur traverse tout : les peurs, les angoisses, la beauté, la contemplation... Film de sang et d'amour, de rêve et d'horreur, il ne s'adresse pas aux enfants, mais n'est pas réservé aux fans d'animation japonaise.
Le film est un grand spectacle en couleurs inspiré des démons d'un réalisateur hanté par la seconde guerre mondiale et des fantasmes d'une culture singulière. Un chef d'oeuvre qui couronnera une fin de décennie où le dessin animé transcende le cinéma réel.
 
vincy

 
 
 
 

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