Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Petits frères


France / 1999

07.04.99
 



PETITS SOUS INFLUENCES





"- A leur âge, on n'était pas comme ça."

Petits frères est presque un état des lieux sur le quotidien de ces enfants, à l'aube de leur entrée dans le mondes des "grands". Jacques Doillon raconte donc une histoire, à la limite du documentaire, sur des gamins âgés entre 10 et 14 ans, résidant à Pantin.
L'héroïne s'appelle Talia. A cause du retour de son beau-père, soi-disant pédophile, elle fugue pour tenter de retrouver un copain afin qu'il puisse l'héberger. Le copain n'est plus là, elle sera donc logée chez Dumbo, le copain du copain. Kim, sa chinne Pittbull, attisera les convoitises de 4 garçons ("dans le vent"). Livrés à eux-mêmes dans cette cité de la banlieue Est de Paris, ils occupent tout leur temps dans différentes magouilles et des vols en tout genre. Aussi décient-ils de voler Kim, afin de la revendre à des grands, pour se faire un peu d'argent.
A la lecture d'un tel film, on prend conscience que Doillon a cherché avant tout à raconter une histoire de gosse, à l'instar de ce qu'il a déjà fait dans Un sac de billes ou Ponette, dans un environnement contemporain, un paradis ressemblant trop à un ghetto. Il ne s'agit pas pour le réalisateur de pointer un doigt accusateur sur ces petits voleurs. Mais au contraire de les montrer tels quels. Une histoire racontée presque comme un huit clos dans une cité où la violence est naturelle, les espoirs des petits quasiment voués à l'échec ou calqués sur l'univers de leurs grands frères. Ils rêvent de voler des voitures, de vendre de la drogue.
Les petits s'ennuient, et pas seulement le dimanche. Trop de monde là-haut dans les apparts, la vie c'est en bas. A jouer et à attendre ils ne savent pas trop quoi. A force de jouer au foot, ils en ont marre. A force de ne pas avoir d'argent de poche, marre. A force de ne pas partir en vacances, marre aussi.
L'échappatoire semble impossible dans ce monde sans parents, sans adultes. Ils sont livrés totalement à eux-mêmes. Parmi les adultes, seule la police porte un regard sur eux. Non pour les aider, mais pour les punir à la première connerie commise. Mais cela ne semble pas les affecter pour autant. Enfants, tout cela est normal pour eux. Ils en rigolent, sans se rendre compte de l'impasse dans laquelle ils entrent inéluctablement. Ces jeunes sauvageons transgressent toutes les lois, sauf une: les corps des enfants ne sont pas à la disposition de leurs parents.
Ils vivent en marge d'une société où les riches font souvent n'importe quoi pour s'enrichir davantage. Les petits galériens de la misère, ils font pareil. Des bêtises, des conneries, pour presque rien. Pour chasser l'ennui, pour épater les copains, pour faire comme les autres. Et avec ça, amusants, malicieux, roublards. Des petits anges? Pas sûr. Des démons? Pas vraiment. Des enfants. Tout simplement.
 
chris

 
 
 
 

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