Split signe le grand retour de M. Night Shyamalan. Son thriller inspiré, et gros succès aux USA, est transcendé par la performance de James McAvoy, avec un personnage de psychopathe désormais culte du 7e art.



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The Royal Tenenbaums (La famille Tenenbaum)


USA / 2001

13.02.02
 



DISPUTES, CRIS ET EMBROUILLES





"- Comment allez-vous? - Pas très bien. Je suis mourant."

Wes Anderson est parvenu en trois films à prouver un réel talent d'auteur, en imposant un style singulier, qui repose essentiellement sur des personnages excentriques et un humour décalé. On pense bien évidemment aux histoires romanesques et moralement incorrectes de John Irving (dysfonctionnements familiaux, hôtel new yorkais, ...). Sa réalisation s'améliore, murit avec les films, pour davantage se concentrer sur les détails visuels que sur son scénario. Cela ne signifie pas qu'il en oublie l'écriture. The Royal Tenenbaums est tout ce qu'il y a de plus écrit. Une sorte de fantaisie délirante et névrosée qui s'apparente à un écho new yorkais du Fabuleux destin d'Amélie Poulain. Le destin des Tenenbaums n'a rien de fabuleux - il est même plutôt triste - mais la voix off d'Alec Baldwin nous faisant la lecture de cette bio en images, ce New York irréel et stylisé, et finalement cette dérision permanente, ne font que souligner les coïncidences avec le film de Jeunet.
Scénarisé comme si nous lisions un roman, le film est une somme de références littéraires, autour de 8 personnages qui cherchent le lien qui les unit, en dehors du nom. D'extérieur, on pourrait les croire "différents". Ils ont juste eu un itinéraire singulier. Anderson se penche sur ses créatures, avec affection, et un véritable humanisme. Aucune médisance. Il construit des passerelles avec ses autres films : un premier mari jamaïcain, un "nerd" à lunettes, des marginaux intellectuellement supérieurs et humainement méprisés, les frères Wilson ou encore Bill Murray. Il place ses éléments dans un contexte à chaque fois différent. Le contraste participe au second degré, au point de faire de la résidence des Tenenbaums, un membre de la famille à part entière. Cette série de portraits est une véritable ode à la famille, au clan, à la solidarité, mais n'a rien de moralisateur ou de cynique. C'est grâce à cette absence de jugement et à ce plaisir d'aimer la douce folie des êtres qu'Anderson entraîne le spectateur dans son espace de jeux et de jubilation. Car ces génies, cette famille modèle, tourne mal. On se croit plonger dans l'itinéraire d'enfants gâtés - un prodige de la finance, une dramaturge précoce et un champion de tennis - mais l'abandon par le père (malgré la vénération pour la mère) les entraîne dans une spirale fatale. Il s'agit bien d'échec. Echec de leurs vies parce qu'ils ne sont pas préparés à affronter la vie. Ils vont d'erreurs en errements. Et une erreur qui n'est pas corrigée, devient une faute.
C'est sur ce principe que le scénario avance. Ils souhaitent tous obtenir réparation, et comprendre où tout a cloché. De l'absurde cinématographique naît une réalité psychologique. Un reflet au vitriol d'un clan non pas déséquilibré mais cherchant son équilibre. Le film, par ses apparences comiques, masque la solitude des uns et le manque d'amour des autres.
Et cela les concerne tous. Le casting est idéalement choisi, parfait dans ces costumes incongrus. Les acteurs/actrices se glissent à merveille dans ses "caractères" généreux ou égoïstes, frustrés ou menteurs, parano ou hypocrites, romantiques ou arrogants, fidèles ou incompris.
Cette Famille Tenenbaum n'a rien de royal, si ce n'est le géniteur. Mais finalement tout est affaire de style. Et le style, ce film n'en manque pas.
 
vincy

 
 
 
 

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