El Clan, prix de la mise en scène à Venise pour Pablo Trapero, navigue entre Scorsese et Coppola, à partir d'une histoire vraie. Rarement père n'aura été aussi monstrueux au cinéma. Du grand art.



A une heure incertaine
Alaska
Chair de poule - le film
Deadpool
El Clan
Faut savoir se contenter de beaucoup
Ferda la fourmi
Free Love
Heidi
Homeland: Irak année zéro
Joséphine s'arrondit
L'odorat
La Tour 2 contrôle infernale
Le trésor
Les espiègles
Les innocentes
Peace to us in our dreams
Peur de rien
The Monkey King 2



Mustang
Le fils de Saul
Demain
Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force
L'étreinte du serpent
Mistress America
Le garçon et la bête
Carol
Les chevaliers blancs
45 ans
Made in France
Tout en haut du monde
Spotlight
Anomalisa
Steve Jobs



007 Spectre
Hunger Games: La Révolte, partie 2
Le Pont des espions
Mia Madre
Un + Une
Le grand jeu
Au-delà des Montagnes
Joy
The Big Short: Le Casse du Siècle
Je Compte Sur Vous
Arrêtez-moi là
La Fille du patron
Les 8 salopards
A second chance
Bang Gang (Une histoire d'amour moderne)
Creed: L'héritage de Rocky Balboa
Night Fare
Chorus
Danish Girl
J'avancerai vers toi avec les yeux d'un sourd
Le Convoi
Legend
Jane Got a Gun
Mysterious object at noon
Les délices de Tokyo (AN)
Dirty Papy
La tierra y la sombra
Chocolat






 (c) Ecran Noir 96 - 16


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 226

 
The Royal Tenenbaums (La famille Tenenbaum)


USA / 2001

13.02.02
 



DISPUTES, CRIS ET EMBROUILLES





"- Comment allez-vous? - Pas très bien. Je suis mourant."

Wes Anderson est parvenu en trois films à prouver un réel talent d'auteur, en imposant un style singulier, qui repose essentiellement sur des personnages excentriques et un humour décalé. On pense bien évidemment aux histoires romanesques et moralement incorrectes de John Irving (dysfonctionnements familiaux, hôtel new yorkais, ...). Sa réalisation s'améliore, murit avec les films, pour davantage se concentrer sur les détails visuels que sur son scénario. Cela ne signifie pas qu'il en oublie l'écriture. The Royal Tenenbaums est tout ce qu'il y a de plus écrit. Une sorte de fantaisie délirante et névrosée qui s'apparente à un écho new yorkais du Fabuleux destin d'Amélie Poulain. Le destin des Tenenbaums n'a rien de fabuleux - il est même plutôt triste - mais la voix off d'Alec Baldwin nous faisant la lecture de cette bio en images, ce New York irréel et stylisé, et finalement cette dérision permanente, ne font que souligner les coïncidences avec le film de Jeunet.
Scénarisé comme si nous lisions un roman, le film est une somme de références littéraires, autour de 8 personnages qui cherchent le lien qui les unit, en dehors du nom. D'extérieur, on pourrait les croire "différents". Ils ont juste eu un itinéraire singulier. Anderson se penche sur ses créatures, avec affection, et un véritable humanisme. Aucune médisance. Il construit des passerelles avec ses autres films : un premier mari jamaïcain, un "nerd" à lunettes, des marginaux intellectuellement supérieurs et humainement méprisés, les frères Wilson ou encore Bill Murray. Il place ses éléments dans un contexte à chaque fois différent. Le contraste participe au second degré, au point de faire de la résidence des Tenenbaums, un membre de la famille à part entière. Cette série de portraits est une véritable ode à la famille, au clan, à la solidarité, mais n'a rien de moralisateur ou de cynique. C'est grâce à cette absence de jugement et à ce plaisir d'aimer la douce folie des êtres qu'Anderson entraîne le spectateur dans son espace de jeux et de jubilation. Car ces génies, cette famille modèle, tourne mal. On se croit plonger dans l'itinéraire d'enfants gâtés - un prodige de la finance, une dramaturge précoce et un champion de tennis - mais l'abandon par le père (malgré la vénération pour la mère) les entraîne dans une spirale fatale. Il s'agit bien d'échec. Echec de leurs vies parce qu'ils ne sont pas préparés à affronter la vie. Ils vont d'erreurs en errements. Et une erreur qui n'est pas corrigée, devient une faute.
C'est sur ce principe que le scénario avance. Ils souhaitent tous obtenir réparation, et comprendre où tout a cloché. De l'absurde cinématographique naît une réalité psychologique. Un reflet au vitriol d'un clan non pas déséquilibré mais cherchant son équilibre. Le film, par ses apparences comiques, masque la solitude des uns et le manque d'amour des autres.
Et cela les concerne tous. Le casting est idéalement choisi, parfait dans ces costumes incongrus. Les acteurs/actrices se glissent à merveille dans ses "caractères" généreux ou égoïstes, frustrés ou menteurs, parano ou hypocrites, romantiques ou arrogants, fidèles ou incompris.
Cette Famille Tenenbaum n'a rien de royal, si ce n'est le géniteur. Mais finalement tout est affaire de style. Et le style, ce film n'en manque pas.
 
vincy

 
 
 
 

haut