Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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L'Ultimo Bacio (Juste un baiser)


Italie / 2001

06.11.02
 



TI AMO





"On ne baise plus depuis 6 mois. Une fois je l’ai même appelée Maman".

L’ultimo bacio est un film qui se cherche, à l’instar de son protagoniste principal. Il hésite entre la fable altmanienne, l’existentialisme simpliste lelouchien et flirte avec les entrechats à la Soderbergh. La mise en scène, soignée, est d’ailleurs si américanisée, compile tant de « déjà vu », qu’elle vide de son sens chaque image. Le film manque de personnalité, et la morale très fade, ultra-conservatrice, empêche d’adhérer à la thèse développée.
Le problème tient au déséquilibre tri-partite. Là où Amours Chiennes nous embarquait dans la tragédie à travers trois histoires qui s’entrecroisaient, L’ultimo Bacio ne donne pas sa chance de la même manière aux trois "groupes". Le groupe d’amis (des jeunes trentenaires emprisonnés dans leur vie) est ainsi caricaturé comme des grands ados vaguement immatures ou irresponsables, dont la seule solution est la fuite. Un peu maigre. Leur morceau de bravoure se résumant à une séance de masturbation onirique avec des bouteilles de champagne. Le couple "idéal" et vedette nous explique en détail ses pensées, ses doutes, ses déterminations. Tout y est convenu, classique, sans épaisseur. Trop radical, trop cliché pour attiser notre curiosité et nous captiver. Et puis il y a l’autre couple. Celui des parents, a priori en arrière plan. Leur sagesse, leurs sentiments, leurs déchirements sont poignants, passionnants, émouvants. Ils détiennent la clé, malgré les failles et les douleurs, de l’alchimie entre deux personnes. Ils portent tout le film, sans le savoir. Au point d’offrir la plus belle scène du film au duo Sandrelli / Castellito, toute en regards intenses, lourde de vécue et d’amertume. C’est aussi l’une des rares séquences où la caméra se pose, où le montage n’est pas "speedé".
Le film donne ainsi une impression d’étouffement, incapables de nous sommes de respirer dans ce tourbillon de la vie où nos désirs se fracassent contre la sérénité recherchée et les règles d’une société tyrannique. Illustration du mal de vivre universel, le film se pose en état des lieux de nos angoisses, de diagnostic à notre anxiété inoculée avec les années. Défier le vertige de cette inquiétude générale, cette peur de vieillir, de passer à côté de quelque chose, de perdre son équilibre… Le remède initial semble la fuite : partir de chez soi. Quitter son mari, le père de son enfant, sa famille. Couper le cordon, délier les attaches, courir vers un ailleurs mystique.
Le scénario, bien supérieur à la réalisation, met ainsi en parallèle la peur de vieillir d’une femme âgée et la peur d’archiver la jeunesse d’un mec. Le réalisateur est assez cruel avec Sandrelli : photo du temps où elle était jeune et sublime, phrases terribles ("Tu me trouves pathétique", "Je deviens laide"), humiliation ingrate… Mais il touche juste. Il réussit très bien à décrire ces femmes fortes et étouffantes profitant de ces hommes fragiles, la puissance des hommes puisant dans la faiblesse de femmes qui ne peuvent pas être seules. Il oppose avec un certain brio l’immaturité insupportable des rêveurs au pragmatisme invivable des réalistes. La multiplication des personnages, donc des tempéraments, permet une identification facile pour chacun d’entre nous. Attachants, ils n’en demeurent pas moins qu’ils sont profondément égoïstes et donc jamais vraiment sympathiques. Finalement, il est difficile de partager le bonheur des autres alors qu’on recherche le sein en permanence.
Tout cela aurait pu donner un film riche, avec de très bons acteurs. Mais la passion s’éteint toujours. Et avec une inégalité dans le rythme, une musique bizarrement décalée, le film se fourvoie dans un final où la normalité serait la révolution et la fidélité une utopie. Pourquoi pas. Il y a bien une note ironique sur l’ultime scène. Mais la vision très conformiste du bonheur qu’on nous offre dessine une vision rétrograde, papiste même, de la vie. Tout cela, sans être désagréable ou raté, loin de là, manque de fougue. On aurait voulu que ce baiser nous envoie en l’air.
 
vincy

 
 
 
 

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